mercredi 24 mai 2017

Macron, étude d’un coup d’État en forme d’ « élection colorée » à la Soros

John Laughland, un académicien et un politologue eurosceptique britannique


Le terme «révolution colorée» désigne les opérations de changement de régime qui ont été effectuées dans les ex-pays communistes à partir de l’an 2000. Le résultat de toutes ces révolutions a été de ramener les pays en question dans le giron occidental. Des interventions gigantesques de la part de gouvernements occidentaux, en particulier par les Américains, mais aussi de la part d’ONG payées par eux et par les Européens, ont été pratiquées pour garantir le résultat attendu.
Les «révolution colorées» de référence sont le renversement du président yougoslave Slobodan Milosevic le 5 octobre 2000 ; la «révolution des roses» en Géorgie en 2003 qui a amené le jeune Mikhaïl Saakachvili au pouvoir en renversant l’ancien ministre soviétique des affaires étrangères, Edouard Chevardnadze ; et la révolution «orange» en Ukraine en 2004. Nombreuses sont les autres révolutions calquées sur celles-ci, financées par les mêmes pays, et qui ont suivi le même modèle. Source
Parmi les autres révolutions colorée calquées sur celles qui sont citée ci-dessus, les Printemps arabes, et le coup d’État de 2014 en Ukraine sont emblématiques. Les Printemps arabes ont conduit à la guerre en Libye, en Syrie et au chaos islamique qui du Moyen-Orient s’est répandu en Afrique, en Europe et un peu partout dans le monde. Le coup d’Etat de 2014 en Ukraine aussi appelé Euromaïdan, a conduit à la guerre civile dans un pays européen et à une tentative persistante de retour à la guerre froide vis-à-vis de la Russie.
Une «révolution colorée» est caractérisée par les éléments suivants : des mouvements dits de masse (manifestations, affiches, slogans, logos), surtout menés par des jeunes et dirigés contre le président sortant décrié comme un dictateur et un réactionnaire. Ayant personnalisé à outrance le conflit politique pour diaboliser le sortant, la révolution colorée adopte systématiquement le langage – ou plutôt la propagande – du changement et du renouveau.
Tous ces hommes étaient en réalité des tables rases sur lesquelles l’électorat pouvait projeter tous ses espoirs
Pour mener à bien cette propagande, le candidat qui est porté au pouvoir doit être jeune ou inconnu ou les deux à la fois. Ainsi, Slobodan Milosevic, qui avait été d’abord président de la Serbie et ensuite président de la Yougoslavie fédérale, a été remplacé par un professeur inconnu, Vojislav Kostunica, qui pouvait incarner tous les espoirs car il n’en avait déçu aucun, n’ayant exercé aucune fonction politique auparavant. Avec le renversement de Milosevic, la Yougoslavie a immédiatement abandonné sa politique d’opposition au camp occidental et le nouveau président Kostunica fut accueilli, quelques jours après son élection, à un sommet européen en véritable vainqueur de la pensée unique.
Il en fut de même en Géorgie, ou Mikheïl Saakashvili n’avait que 36 ans au moment où des manifestations et autres troubles ont renversé le président Chevardnadze. En Ukraine, le bénéficiaire de la révolution orange, Victor Iouchtchenko, qui avait 50 ans en 2004, avait été, il est vrai, Premier ministre pendant deux ans. Mais il s’était effacé devant le président Koutchma pendant son mandat et il était surtout connu pour avoir été gouverneur de la Banque centrale, c’est-à-dire un inconnu.
Tous ces hommes étaient en réalité des tables rases sur lesquelles l’électorat pouvait projeter tous ses espoirs. Plus jeunes ou plus neufs ils étaient, mieux il remplissaient cette fonction d’écran vide. Mais leur virginité politique n’était qu’une opération de séduction pour vendre toujours le même produit : intégration dans les structures euro-atlantiques, répétition morne et ad nauseam des mêmes slogans politiquement corrects sur la diversité, progrès et ouverture.
La réalité est que ces soi-disant acteurs, comme les centaines de candidats issus de la société civile qui ont été nommés par le parti de Macron ne sont que les idiots utiles d’un scénario parfaitement chorégraphié
Il faut insister sur la jeunesse et/ou le manque de notoriété car c’est le point clé de la popularité d’Emmanuel Macron. Le nouveau président de la République n’incarne, en définitive, que sa nouveauté – tout comme son modèle, Valéry Giscard d’Estaing, lui aussi un jeune ancien ministre des Finances, l’avait fait en 1974. Source
Le cas Macron, un copié-collé du cas Giscard
Concernant l’élection de Valéry Giscard d’Estaing en 1974, elle a permis une véritable révolution qui coûte très très cher aux Français, 43 ans plus tard, et qui continuera de leur coûter de plus en plus cher si la France ne s’extirpe pas du piège de l’euro et de l’Union européenne. En effet Giscard d’Estaing est le père de la loi Pompidou-Rothschild Giscard laquelle a cédé les prérogatives de la Banque de France aux banques privées. Alors que jusque-là la Banque de France prêtait à l’État à taux zéro, à partir de cette loi et de Giscard d’Estaing les banques privées vont prêter à l’État contre intérêts. Les milliers de milliards de dette de la France en 2017 ne sont que l’accumulation des intérêts de  la dette depuis cette date, alors qu’à l’époque la France n’avait aucune dette. Sans cette loi, la France n’aurait encore aujourd’hui en 2017 aucune dette significative. On comprend donc qu’il a fallu une conjuration pour porter Giscard d’Estaing au pouvoir. Comme Macron il faisait parti du gouvernement sortant. Le président sortant, comme Hollande, ne se représentait pas puisque Pompoudou était mort durant son mandat présidentiel. Comme Macron, Giscard avait quitté le parti gaulliste au pouvoir pour fonder son propre parti l’UDR. Les partisans d’une Union européenne, les milliardaires et la haute finance avaient tous appuyé la candidature Giscard au point que Chaban Delmas, le candidat gaulliste investi qui représentait encore le parti dominant, en avait été réduit à tirer de petites affiches en noir et blanc par manque de fonds. Tous les bailleurs de fonds avaient investi sur la candidature du jeune et sémillant Giscard d’Estaing, venu de nulle part, mais qui a en commun avec Macron d’être un partenaire de la banque Rothschild.

lundi 22 mai 2017

La politique macronienne et ses symboles



De la défaite de Marine Le Pen, j'y vois un terrible soulagement. C'est à l'évidence même qu'il faut se fier puisqu'elle aurait été minoritaire de toute façon.  Ce qui aurait provoqué la même scène de déjà vu quelque part,  que cette dernière n'aurait jamais pu gouverner à sa guise, coincée qu'elle aurait été placée entre le phénomène des forces obscures extrêmement puissantes des médias et la nature même des diverses oppositions.   
 
Nous reste,  donc,  plus que  voir madame Theresa May subir le même sort de diabolisation au moment des élections au Royaume Uni,  en juin prochain.  La seule différence, à mon sens, serait  que le sang froid reptilien de l'une ne coule pas dans les veines de l'autre à travers lesquelles, bout des flots de sang latin.

***
 
Entre parenthèses,  l'allusion au sang froid reptilien des Britanniques comparé au sang latin des Français de souche, a fait en sorte qu'une hargne intolérable a fait dire à une Française de ma connaissance genre une amie d'une amie, en parlant de MLP, que cette dernière « avait des yeux de serpent ... »; comme si c'était aussi simple que cela. Eh bien, malgré tout, j'en suis tout à fait ébahie.

Or pour les faiseurs et/ou faiseuses de poésie langoureuse, à propos de la réalité non plus virtuelle mais tellement réelle, il me fait plaisir de leur apporter un petit seau d'eau tranquille pour leur moulin à vent. Comme dévotion pour cette supercherie actuelle débordante de politique hypocrite, voici donc la réponse d'une personne qui connaît la musique. Au final cependant,  il faut savoir lire les symboles, enfin ceux qui nous conduisent plus loin que le bout de notre lorgnette.

 Avertissement: vous abstenir si vous détestez lire entre les lignes.  Et tant pis, si vous en êtes incapables.


Le Président a décidé qu’il choisirait au coup par coup ceux qui l’accompagneront dans ses différents déplacements et activités.
 

Chapeau,  Madame Le Roux!
Olga Le Roux
Professeur
 

Nous n’avons pas beaucoup d’occasions de rire en ce moment, et pourtant : les journalistes qui ont encensé éhontément le nouveau Président, qui lui ont consacré d’innombrables unes, qui se sont montrés d’une exemplaire servilité dans leurs entretiens avec lui et ses serviteurs, qui ont marché joyeusement dans la construction de la légende dorée du couple Macron-Trogneux, à grand renfort de photos, retours en arrière, images d’Épinal ou plutôt d’Amiens, eh bien, ces journalistes se retrouvent foulés aux pieds.
Le Président a décidé qu’il choisirait au coup par coup ceux qui l’accompagneront dans ses différents déplacements et activités. Il choisira non seulement le média, mais les personnes. Oh, joie ! C’est un délicat plaisir que de voir les thuriféraires transformés en carpettes et les grands bavards réduits au silence. Certes, ils demandent des explications, esquissent une protestation, mais il faudra bien qu’ils se rangent, d’autant que, dans le même temps, ils commentent des sondages annonçant une majorité absolue pour les candidats « en marche » vers l’Assemblée.
Maintenant, après le couple admirable, après le parcours triomphal du surdoué, après l’art d’un acteur capable d’autorité et « en même temps » d’écoute va se construire une autre légende : l’homme de fer, le seul maître à bord qui somme ses ministres de se taire, sauf en mission officielle, et les journalistes de plier ; bref, qui met au pas ceux qui l’ont porté au pouvoir. 
Comme dit San-Antonio, dans son admirable sagesse, « l’ingratitude est un gain de temps » ; et le roi de France ne récompense pas les flatteries offertes au duc d’Orléans… 
On n’a peut-être pas assez prêté attention aux morceaux choisis du couronnement : le Louvre, palais de nos rois modernisé par une pyramide bien ambiguë, l’« Hymne à la joie » européen et sans paroles ont été remarqués. Mais à l’Élysée, lors de l’investiture, parmi d’autres morceaux, le fameux « Air du champagne » du Don Giovanni de Mozart mérite qu’on s’y arrête. Certes, Don Juan, né en Espagne, est rapidement devenu un mythe européen, mais ce séducteur qui fait tomber les femmes comme des mouches est aussi une brute : l’air du champagne promet joie et danse mais sur fond de viol, viol initial de Donna Anna qui causa la mort de son commandeur de père, viol interrompu de la jeune Zerlina. Au fond, ce qui résume le mieux ce héros terrible, c’est son autre air, « Viva la libertà », qui m’a toujours paru illustrer admirablement ce jugement (dont l’attribution est incertaine et qui se rapporte au libéralisme politique) : la liberté du renard libre dans le poulailler libre.
Et Molière, déjà, l’avait bien compris en créant son personnage qui ridiculise les deux paysannes et fait battre le pauvre Pierrot, qui enrage que les pères vivent autant que leurs enfants, qui trompe son créancier, qui veut humilier le pauvre (mais échoue à le faire) et finit par ériger l’hypocrisie en valeur suprême. La séduction est enivrante, la désinvolture fascinante, la morgue aristocratique captivante et souvent, comme Elvire ou Sganarelle/Leporello, nous, spectateurs, tombons sous le charme et l’emprise de ce « conquérant », cet Alexandre, qui n’aime rien tant que la conquête – et, de fait, ne manque pas de courage physique -, ne croit ni à Dieu ni au diable, seulement que « deux et deux sont quatre », ce qui en matière de banque ou de conquête du pouvoir est un solide fondement.
Au-delà des paroles et des programmes, les symboles en disent toujours long… 
 Source: Boulevard Voltaire
 

mercredi 17 mai 2017

À peine élu, Macron tourne le dos aux PME

 
L’absence d’invitation de la CPME à la passation de pouvoir laisse penser que l’exécutif continue de ne pas voir les vrais acteurs économiques de la France.
Le changement, c’est maintenant. À chaque élection présidentielle, cette petite rengaine est jouée avec, pour objectif, d’attirer le plus grand nombre. Séduites par le discours pro-business d’Emmanuel Macron, nombre de PME ont soutenu la campagne du candidat d’En Marche ! Problème : Macron a oublié de convier les représentants de ces entreprises à la passation de pouvoir. Une indélicatesse qui laisse déjà entrevoir où vont les sympathies du nouveau Président.
 
Haut fonctionnaire, mais aussi banquier d’affaires. Macron connaît aussi bien l’administration publique que le secteur privé. Une rareté pour un homme politique, qui fait espérer aux entreprises qu’elles vont enfin être écoutées par l’Élysée. Ce devrait être le cas, pour une partie d’entre elles : Emmanuel Macron semble mettre un soin tout particulier à cultiver son image de Président des riches et des patrons de grandes entreprises. Un milieu auquel il appartient, bien loin de l’immense majorité des entreprises qui composent le tissu économique français.
 
La passation de pouvoir était, à ce titre, éclairante. Les craintes exprimées par beaucoup ont trouvé un écho dimanche dernier. Un parterre de personnalités étaient présentes. Parmi elles, le patron du MEDEF, Pierre Gattaz, figurait en bonne place. Les représentants de la CPME (la Confédération des petites et moyennes entreprises) ont, quant à eux, été priés de suivre la cérémonie depuis leur canapé.
 
S’agit-il d’un simple oubli ou d’une volonté de marquer ses préférences ? Les deux hypothèses laissent songeur : Emmanuel Macron aurait-il oublié que 49 % des emplois salariés sont issus des petites et moyennes entreprises ? Les grandes ne concentrent que 27 % des salariés en France. Elles font la pluie et le beau temps des pages économiques des quotidiens, mais ce sont les petites et moyennes entreprises qui portent la croissance de tout le pays.
 
Les dix dernières années ont été difficiles pour les PME. Beaucoup d’entre elles n’assurent pas de revenus décents à leurs dirigeants, qui se privent pour ne pas couler. Une situation qui n’est pas viable, mais qui semble loin des préoccupations présidentielles. L’absence d’invitation de la CPME à la passation de pouvoir laisse penser que l’exécutif continue de ne pas voir les vrais acteurs économiques de la France. Sarkozy fut le Président des riches. Hollande, le Président de personne. Veillons à ce que Macron ne devienne pas le Président du seul CAC 40.
Source: Boulevard Voltaire

dimanche 14 mai 2017

Anonymous : 10.000 sites Pédophiles détruits !

Un pirate informatique des Anonymous a détruit 10.000 sites pédophiles hébergés dans le Web Noir !




Les hacktivistes ont pénétré dans Freedom Hosting II, le plus grand hébergeur du Web Noir (ou profond) qui n'est accessible que par un réseau anonyme appelé Tor, qui empêche toute localisation des utilisateurs.

Plus de 10.000 sites cachés ont été défigurés et arrêtés avant d'être redirigés vers un message des Anonymous.


L'activiste qui a réalisé cette opération voulait au départ faire une opération de surveillance de cet hébergeur, mais lorsqu'il a vu qu'il accueillait un nombre considérable de sites pédophiles, il a décidé de les détruire pour le bien de tous !


En raison du cryptage du Web Noir, il est très difficile de faire appliquer la loi car il est pratiquement impossible de démasquer ces criminels qui commettent ces actions déplorables en ligne.

C'est une opération majeure compte tenu du fait que beaucoup étaient des blogs et des forums personnels ou politiques. 


À court terme, beaucoup de diversité a disparu du Web Noir.

https://www.pcsansvirus.com/medias/images/les-dangers-du-web-profond-et-ses-malwares-qu-est-ce-que-le-web-profond.jpg


 

Le message que les sites hébergés redirigent maintenant est :
Bonjour, Freedom Hosting II, vous avez été piraté.
Nous sommes désolés pour vous !
Ceci un extrait de votre nouvelle première page :
"Nous avons une politique de tolérance zéro à la pédophilie - mais ce que nous avons trouvé lors de la recherche dans votre serveur représente plus de 50% de pornographie enfantine.

De plus, vous hébergez de nombreux sites d'arnaques, dont certains sont évidemment gérés par vous-même pour couvrir les dépenses d'hébergement.

Tous vos fichiers ont été copiés et votre base de données a été divulguée (74 Go de fichiers et 2,3 Go de base de données). 
 
Nous vendons toutes vos données (à l'exclusion de cp) pour 0,1 CTB. 
 
Jusqu'au 31 janvier 2017, vous hébergez 10.613 sites. 
 
Les clés de sécurité sont incluses dans le dunp.

Nous sommes anonymes  !
Nous ne pardonnons pas !
Nous n'oublions pas !
Vous devriez compter sur nous !


https://cdnfr2.img.sputniknews.com/images/102950/40/1029504035.png


La plupart des utilisateurs d'Internet ne connaissent que le premier niveau du Web qui est la pointe de l'iceberg qui sont des sites indexés par les moteurs de recherche.

Il est difficile d'estimer l'ampleur du Web Noir, mais on estime que le poids du contenu contient plus de 7.000 téraoctets d'informations.


L'hacktivisme à son meilleur !

Via : www.unilad.co.ukhttp://newdimension2012.blogspot.fr/2017/05/anonymous-have-taken-down-10000-child.html

jeudi 11 mai 2017

Pourquoi Trump a eu raison de se débarrasser de James Comey, le directeur du FBI



Alors qu’Hillary Clinton, la semaine passée attribuait sa défaite à la sortie impromptue du Directeur du FBI, James Comey le 28 octobre dernier (disant qu’il y avait de nouveaux éléments dans l’enquête du FBI sur ses courriels), les Démocrates ont poussé des cris d’orfraie lorsqu’ils ont appris que Trump a finalement décidé de le mettre à la porte.

Certains parlent même d’une décision «nixonienne», d’un «cover up».
Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit ce texte de Michael Goodwin.
Magali Marc
Traduction pour Dreuz.Info

***
 Pourquoi James Comey devait-il partir ?
par Michael Goodwin
9 mai 2017, New York Post
Un dicton bizarre circule dans les cercles médiatiques selon lequel si vos adversaires et vos alliés sont également mécontents de vos décisions, c’est que vous faites du bon travail. Je n’ai jamais souscrit à cette approche, et heureusement, le président Trump n’y croit pas non plus en ce qui a trait au travail de James Comey.

Le chef du FBI, James Comey a eu le don de se faire cavalièrement des ennemis à la fois parmi les Démocrates et les Républicains, comme si ses nombreux écarts de conduite étaient la preuve de sa droiture.
À l’occasion, c’était effectivement le cas, mais Comey a trop utilisé cette carte du moralisateur arrogant, envers et contre tous, confiant d’être trop important pour qu’on ose le licencier.
C’était sa plus grave erreur. Et c’est pourquoi Trump a pris la bonne décision quand il lui a montré la porte.

mardi 9 mai 2017

Plus on est vieux, plus on vote Macron



Comment expliquer qu’un candidat aussi jeune et aux prétentions réformistes ait à ce point été plébiscité par une France plutôt conservatrice par nature ?

Le second tour a confirmé la géographie et la sociologie Macronque dessinait le premier : la France BLAM (bourgeoise, libérale, âgée, moderne) rejointe par la France BLAC de Fillon (bourgeoise, libérale, âgée, conservatrice). Ajoutez-y les 18-24 ans et le tour était dans le sac. Inversement, la strate qui a le plus voté pour Marine Le Pen est celle des 35-49 ans : la classe vraiment active, chargée de famille, oubliée du système, et la plus lucide sur les évolutions dramatiques du pays. Ce sont les inactifs – jeunes et retraités – qui ont imposé Macron aux actifs dans la force de l’âge. Les quadras ne voulaient pas de ce quadra-là. Étranges effets de miroir…
La fracture française est donc d’abord démographique et sociologique. Selon une enquête Ipsos publiée par Le Point, les retraités ont voté à 74 % pour Macron, les plus de 70 ans étant même 78 % à le plébisciter, le sondage OpinionWay publié par Les Échos évaluant même le vote Macron des plus de 65 ans à 80 % ! Même score pour les bac+3 : 81 % ! Alors que ceux qui ont un diplôme inférieur au bac ont voté Marine Le Pen à 45 %, qui demeure en tête, à 56 %, chez les ouvriers.
Et c’est par là que cette fracture devient géographique : Marine Le Pen fait ses meilleurs scores en milieu rural (43 %) tandis que Macron atteint des scores soviétiques dans les grandes villes. Faut-il rappeler les chiffres écrasants de Paris, qui lui a donné 90 % ?
Comment expliquer qu’un candidat aussi jeune, relativement inexpérimenté en politique et aux prétentions réformistes ait à ce point été plébiscité par une France grise, plutôt conservatrice par nature ?
On pourra avancer la géniale mise en scène de son couple, où Brigitte faisait figure de parfaite représentante de ces seniors aisés (Le Touquet) mais ayant appartenu à la classe moyenne (professeur de français). 
Macron a joué cette carte à fond, grâce à laquelle il a gagné sur deux tableaux, celui des femmes (68 % des femmes contre seulement 62 % des hommes ont voté pour lui) et celui des seniors. Et les retraités représentant 14 millions d’électeurs, avec une majorité de femmes, le ciblage électoral était parfaitement calibré. Merci Brigitte.
Il faudrait aussi ajouter la maîtrise impeccable du scénario « peur du Front national », qui était au cœur de la stratégie hollando-macronienne, et qui fonctionne toujours chez ces retraités. Pas tellement celui de la guerre, que peu d’entre eux, en fait, ont vraiment connue, si ce n’est par les récits de leurs propres parents. Mais une photo de cimetière militaire, ça émeut toujours ces vieilles âmes sensibles.

Mais c’était surtout la crainte pour leurs portefeuilles, à tous les niveaux : revenir au franc ? Toucher à leur épargne ? Leurs actions ? Leurs assurances-vie ? Dans ces situations, il n’y a plus ni droite ni gauche qui tiennent. Il n’y a plus que le portefeuille. Macron a su être ce Pinay ou ce Giscard rassurants de leur jeunesse.
La France des vieux, qui ne sera plus là pour payer les pots cassés, nous a donné notre plus jeune Président. Ils ont cru bien faire. Nous n’avons plus qu’à subir ce choix. Et certainement beaucoup d’autres.
Source: Boulevard Voltaire
 

lundi 8 mai 2017

Elizabeth Warren est-elle l’anti-Trump?

Photo: Scott Eisen / Getty Images / Agence France-PresseLa sénatrice démocrate Élizabeth Warren

Dans son dernier livre This Fight Is Your Fight, déjà dans les meilleures ventes du New York Times, l’étoile montante du parti démocrate Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts depuis 2013 et ex-professeure de droit à Harvard, retrace son parcours et fait état des injustices qui plombent le système politique et la société américaine. Celle que plusieurs voient comme candidate à la présidence en 2020 lance aussi un vibrant appel à la mobilisation pour résister au gouvernement Trump, ce qui détonne avec l’opposition relativement discrète des élus démocrates depuis l’intronisation.
 
Fille de concierge, Warren raconte que, malgré les revers de fortune, ses parents ont toujours réussi à maintenir la tête hors de l’eau et qu’elle a pu bénéficier de bourses généreuses pour aller à l’université. Elle compare son expérience avec celle de Gina, à qui Walmart verse un salaire dérisoire, et ce, sans avantages sociaux et sans horaires fixes [...]. Alors que la classe moyenne glisse dans la précarité et la pauvreté, Warren déplore que les géants comme Walmart enregistrent des profits records et bénéficient de déductions fiscales en tout genre.
 
Warren montre qu’à partir des années 1980, la classe moyenne américaine a commencé à perdre son pouvoir d’achat, ses avantages sociaux (dont la retraite), sa sécurité d’emploi et son accès à l’éducation et à l’assurance maladie à mesure que l’influence des institutions financières et des entreprises sur les législateurs a augmenté. Alors que les salaires stagnent, les coûts liés au logement, à l’alimentation, à l’éducation et à la santé ont explosé. La classe moyenne américaine étouffe littéralement. Ce constat a façonné le discours des deux candidats à la présidence de 2016, qui ont dénoncé plus ou moins ouvertement la collusion entre les intérêts financiers et la classe politique. Ce contexte particulier a grandement favorisé l’émergence de figures inusitées comme Bernie Sanders et Donald Trump, pour qui Gina a fièrement voté.
 
Augmentation des inégalités
 
Warren évoque aussi dans le détail les démarches des groupes d’intérêts à Washington dont le financement des campagnes électorales, de recherches «favorables» et de think tanks, les pressions sur les juges, le lobbying direct des membres du Congrès, le plus souvent républicains mais aussi démocrates, et explique comment des entités non gouvernementales comme la chambre de commerce influent sur le processus législatif. Bien qu’elle ait examiné ces phénomènes quand elle était professeure de droit, elle peut en témoigner directement comme sénatrice. Ayant participé à la création du Bureau américain de protection des consommateurs en 2011, Warren a fait suer plusieurs représentants de la haute finance depuis, dont le chef de la direction de Wells Fargo John Stumpf, qui a quitté son poste à la suite d’auditions publiques musclées sur une fraude massive impliquant quelque 5300 employés.
 
Le coeur du message de Warren est que le modèle privilégié par les républicains depuis Ronald Reagan, c’est-à-dire le trickle-down economics, a contribué à une augmentation considérable des inégalités aux États-Unis. Elle insiste sur le fait que Donald Trump et son cabinet incarnent cette philosophie à la puissance dix et pourraient asséner le coup de grâce aux familles américaines de la classe travaillante, pourtant relativement réceptive au message du président. À travers son évocation d’une Amérique jadis prospère et progressiste, où l’État subventionnait l’éducation et la santé à la hauteur des besoins et des moyens de la population américaine, les syndicats avaient une influence réelle, les salaires suivaient l’augmentation du coût de la vie et les secteurs commercial et bancaire étaient taxés de manière conséquente et encadrés par des lois strictes, Warren ne propose rien de moins qu’un nouveau New Deal pour remettre le pays sur les rails.
 
Critique virulente de Wall Street et des groupes d’intérêts qui noyautent Washington, elle représente assurément, aux côtés de Bernie Sanders, l’aile gauche du parti démocrate. Bien qu’elle soit grandement appréciée de la base démocrate et qu’elle ait réussi à rallier certains de ses collègues, Warren est honnie des républicains et considérée comme trop à gauche par plusieurs membres de son propre parti. Preuve qu’elle n’épargne pas ses confrères démocrates, Warren a critiqué l’ex-président Obama pour avoir accepté de prononcer un discours à l’invitation d’une grande banque d’investissement de Wall Street en échange de 400 000$.
 
Pressentie par plusieurs pour la nomination de son parti et comme candidate aux prochaines élections présidentielles, y compris par Trump déjà qui la voit comme son adversaire en 2020, elle n’a pas encore annoncé ses intentions. Même s’il est vrai qu’elle ferait face à de nombreux défis si elle venait à se lancer, cette politicienne férocement intelligente et déterminée serait une candidate redoutable et une défenseure infatigable de la classe moyenne américaine.
 
Philippe Fournier 
 Centre d’études et de recherches
 internationales de l’Université de Montréal 
 
Source Le Devoir