mercredi 19 avril 2017

Un livre révèle pourquoi Hillary Clinton a perdu la présidentielle : « chipie, despote et arrogante »


Les journalistes politiques Jonathan Allen et Amie Parnes (1) viennent de publier « En ruine : vue de l’intérieur de la campagne électorale perdue d’Hillary Clinton* » (en anglais) qui explique pourquoi Hillary Clinton a fait une si mauvaise campagne électorale et a perdu la présidentielle.

 JEAN-PATRICK GRUMBERG 
LE 19 AVRIL 2017
Dreuz.Info

Dans le New York Times, la journaliste Michiko Kakutani écrit que :

« Dans leur indiscutable nouveau livre, “Shattered,” les journalistes Jonathan Allen et Amie Parnes écrivent que l’échec de Clinton correspond à tous les reportages qu’ils ont faits pendant un an et demi — lesquels ont révélé toutes sortes de “présages” qui le plus souvent étaient en contradiction avec les indications que Clinton était favorite dans la course ».

Kakutani : « Les observations relatées ici par des membres de sa campagne et des personnes bien placées dans le parti démocrate — ne sont rien d’autre que dévastatrices… en fait, le portrait de Clinton qui se dégage de ces pages est celui… d’un échec épique fait d’une série d’erreurs perverses et souvent évitables d’une candidate hors de portée en conflit permanent avec son équipe. »

Kakutani : « Shattered » souligne les difficultés de Clinton… en ce qu’elle valorise plus la loyauté que la compétence, ce qui résulta en une opération bureaucratique où les membres de l’équipe hésitaient à dire ce qu’ils pensaient par crainte, et la formation de clans qui semaient « confusion, anxiété et conflits. »

Extraits :

« Début 2015, Hillary Clinton était inaccessible pour la plupart de son équipe de campagne. Elle renvoyait toutes les demandes de communication avec elle vers Huma Abedin. »

Quand l’affaire du serveur d’emails commença à devenir un sérieux problème et devint de notoriété publique, Hillary refusa d’accepter la moindre responsabilité. Au lieu de cela, elle déclencha sa furie contre ses conseillers et son équipe de campagne, les accusant d’être incapables de recentrer les médias sur son programme — comme si cela était possible. La seule personne qui ne reçut aucun blâme, jamais, même pas une petite remarque négative : elle-même.

Hillary Clinton était tellement écrasante, qu’elle broyait le moral de ses équipes. Ses assistants ont fini par avoir le sentiment qu’une fatalité s’était abattue sur eux, au point qu’ils inventèrent un mantra inspiré de ce que l’on dit aux enfants turbulents qui font des bêtises, qu’ils se répétaient derrière son dos : « nous sommes trop nul, nous ne méritons rien de bien. »

Le site Axios.com livre quelques mises-en-bouche tirées du livre :

« Les hauts responsables d’Hillary étaient aussi minables que des sous-directeurs d’une agence régionale qui n’a aucun plan établi. »

Hillary à son confident de longue date Minyon Moore, pendant les primaires : « Je ne comprends pas ce qui se passe dans le pays. »

« La seule personne contre qui [Hillary] semble ne jamais être en colère : elle-même. »

« . »Les plus courageux… craignaient — à juste raison — que s’ils faisaient des critiques contre Hillary ou sa stratégie, leurs mots soient immédiatement retournés contre eux par ceux qui espéraient être dans les petits papiers d’Hillary

«[Hillary] aimait créer des clans et des centres de pouvoirs rivaux à l’intérieur et à l’extérieur de son organisation.  »

« Exemple significatif, Hillary avait mis sur pieds deux équipes séparées et isolées l’une de l’autre pour écrire ses discours… et inquiet de laisser son “super secret” préparatif du débat avec Trump à la portée de tous [Philippe] Reines acheta une longe pour attacher son attaché-case à son poignet. Il alla même jusqu’à acheter deux différents modèles — l’un deux venant d’un magasin pour les amateurs de sadomasochisme. »

Conclusion

Tout ce que nous autres, journalistes prudents, lucides et non-idéologues avons suspecté, ressenti et pensé de cette candidate, s’est donc avéré être totalement vrai.

Hillary Clinton aura pour les observateurs rigoureux, démontré avec brio le fonctionnement de l’idéologie gauchiste à son sommet : incapable de se remettre de quelque manière en cause puisqu’elle représente le camp du bien absolu.

Lors d’une interview récente, démontrant que même dans l’échec, Clinton est incapable de tirer la moindre leçon, elle a déclaré au New York Times que selon elle, « la misogynie a joué un rôle » dans son échec.

Le scandale du serveur d’email ? Non.

Les insultes choquantes (personnes dégoûtantes et irrécupérables, racistes, homophobes, xénophobes) aux électeurs qui votent pour Trump ? Non.

Les promesses faites aux mineurs qu’elle va les mettre au chômage et faire fermer leurs entreprises ? Non plus.
Les eaux troubles de corruption de la Fondation Clinton ? Pas du tout.

Le nombre invraisemblable de personnes (72 % des Américains) qui considèrent qu’elle est malhonnête, qu’elle ment et qu’elle n’est pas fiable ? Certainement pas.

Ses conférences payées 250 000 dollars à des banquiers de Wall Street dont elle a refusé de publier le texte ? Pas le moins.

Son programme réchauffé sans aucune proposition nouvelle ? Pas plus.

C’est la misogynie, cette carte usée de la gauche morale, qui a causé son échec. Désespérant.

N’espérez pas lire cela dans vos médias français : vos journalistes sont soumis à la pensée dominante.

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(1) Allen et Parnes ne peuvent pas être accusés d’être partisans ou anti-Clinton : ils sont les auteurs d’un livre élogieux paru en 2014 : « HRC* » (pour Hillary Rodham Clinton) où ils dressent un portrait très favorable des années Clinton secrétaire d’Etat.

samedi 8 avril 2017

Paso-doble ou roulette russe?

Élizabeth Vallet,
Le Devoir 8 avril 2017
 
 
Soixante-dix ans après sa création, les aiguilles de l’horloge de la fin du monde du Bulletin of Atomic Scientists n’ont jamais été aussi proches de minuit : la situation internationale est volatile, tandis que le gouvernement américain est aux prises avec une guerre de tranchées.
 
Aujourd’hui, la Syrie joue un rôle clé dans le paso-doble de la politique mondiale : les représailles menées jeudi soir sont, de l’aveu même de la Maison-Blanche, hautement symboliques, tandis que les Russes ont été invités à quitter la base avant les frappes. Car de la Syrie à l’Ukraine, des élections européennes à la Baltique, la Russie est omniprésente. Jusqu’à Washington : alors que l’élection présidentielle a été déterminée par l’équivalent de la population de la ville de Drummondville, les agences de renseignement tentent encore de déterminer le rôle qu’y a joué Moscou.
 
Le « Kremlingate » a déjà conduit au départ de Michael Flynn et poussé le président de la commission parlementaire du renseignement à se récuser de l’enquête. Dans ce contexte, la crise syrienne a l’avantage d’être une arme de distraction massive — tant de ce scandale que de la responsabilité d’accueillir des réfugiés syriens.
 
Elle se place également dans un échiquier mondial plus complexe. Car les États-Unis font potentiellement face à plusieurs fronts (diplomatiques, pour le moment).
 
En effet, si la Russie (et son impact sur le théâtre européen avec l’Ukraine et les États baltes) est une pièce centrale de l’équation, il y a, de l’autre côté du ring, la Chine. Dans un environnement volatile (taxation des importations, relations avec Taïwan, tensions en mer de Chine), l’étincelle pourrait être le dossier nord-coréen, dont Trump a dit que si la Chine ne le réglait pas, les États-Unis « s’en chargeraient ». L’enjeu est de taille, car Beijing ne veut pas d’un changement de régime à Pyongyang qui apporterait une recomposition régionale, un afflux migratoire sans précédent et une érosion de son ascendance dans la zone.
 
La crise syrienne comme le dossier nord-coréen constituent, à l’instar de la crise des missiles de Cuba il y a 55 ans, du matériel hautement inflammable.
 
Toutefois, aujourd’hui, tout est différent : la pression des médias, l’immédiateté des communications, l’effet CNN, l’impulsivité du président ne laissent que quelques minutes (là où JFK avait plusieurs semaines) entre un incident et une riposte, entre un tir de missile et un tweet présidentiel. Ainsi, plus encore qu’à l’accoutumée, l’entourage du président devient crucial pour évaluer les informations disponibles, les forces en présence, les différentes options.
 
Ces tensions coïncident avec la déchéance relative de Bannon (qui laisse son siège au National Security Council) et un réalignement de la West Wing autour du Conseiller pour la sécurité nationale devenu simultanément directeur du Conseil pour la sécurité intérieure.
 
Plusieurs conseillers des premiers jours (Katie Walsh, Kathleen McFarland, Kellyanne Conway) ont été remerciés ou placés sur une voie de garage tandis que de nouveaux entrent en scène, comme Fiona Hill, aux affaires européennes et russes, ou Dina Powell, conseillère d’Ivanka Trump, conseillère adjointe pour la sécurité nationale.
 
Mais cela ne suffira pourtant peut-être pas. Car ces conseillers qui contribuent normalement à centraliser l’information au profit du président font face à deux écueils.
 
D’une part, seuls 22 des 553 postes pivots des agences gouvernementales ont été confirmés : il n’y a pas d’adjoints au secrétaire d’État et à la défense, ni de spécialiste de l’Asie de l’Est auprès du représentant américain pour les négociations commerciales internationales. Le risque est donc grand que la West Wing s’embourbe dans la microgestion.
 
D’autre part, il y a de véritables guerres intestines entre les fonctionnaires des agences, les « fidèles » de Trump (souvent des organisateurs de campagne dans des États clés) placés à titre transitoire et les républicains de carrière.
 
C’est donc une Maison-Blanche divisée (entre le clan Bannon et celui de Kushner), des agences marquées par des guerres de factions et un Congrès moins docile que prévu (en témoigne la cabale du Freedom caucus dans la réforme de l’assurance maladie) qui définissent la politique américaine.
 
Cela veut dire que la Maison-Blanche n’aura pas les moyens d’articuler des politiques cohérentes face à des équipes chinoises ou russes rompues à cet exercice et désireuses de marquer (au moins) symboliquement des points pour renverser le rapport de force. Et les gesticulations du président ne doivent pas occulter cette faiblesse potentielle, sa légitimité abyssale, le fait qu’il excelle à déterminer unilatéralement l’ordre du jour médiatique tout en gouvernant du bout de sa télécommande.

vendredi 7 avril 2017

Redoutable perspicacité de Donald Trump

 
 
Si le président Trump disait « Le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest », il ne fait aucun doute que le New York Times éclaterait d’un rire sarcastique et prétendrait que le plouc ignorant devenu président grâce à l’interférence de Poutine le Tueur, n’est même pas au courant des avancées pas-si-récentes-que-ça de l’astronomie qui rendent son affirmation si absurde. Il n’y a pas eu à ce jour une seule déclaration, pas le moindre Twit de Trump dont les mass médias ne se soient gaussés et dont ils n’aient fait un sujet de raillerie.
Pourtant, au fil du temps, on apprend que Trump sait des choses que les autres ne savent pas ou n’osent pas dire. Voici trois déclarations de Trump qui ont commencé par susciter l’incrédulité et l’indignation, pour s’avérer, plus tard, parfaitement vraies.
Suède
En février, Trump a dit : « Regardez ce qui est en train d’arriver en Suède. En Suède, qui l’eût cru ? En Suède ! Ils en ont recueilli des tas [d’immigrants]. Et maintenant, ils ont des problèmes comme ils n’avaient jamais cru en avoir. » Ses ennemis ont failli en mourir de rire. « Qu’est-ce qu’il a fumé ? », a demandé Carl Bildt, vieil homme d’État suédois, tête de file des pro-OTAN et des russophobes de ce pays. Les partisans suédois du N.O.M. ont rivalisé à qui offrirait la réponse la plus sotte : « on s’est couchés à 9 heures du soir », « on a vu passer un élan », « on a trop bouffé ».
Quelques jours sont passés et cette suffisance a été ridiculisée par une émeute d’immigrants dans une banlieue suédoise. Ils ont brûlé des voitures, des femmes ont été molestées et la paisible Suède est devenue une zone à risques. Les choses ont été encore pires à Malmö, troisième ville de Suède et pratiquement abandonnée par les Suédois. Les immigrants ont pris le contrôle du centre urbain et les Danois prospères celui de sa banlieue verte. Les médias ont essayé de balayer ces événements sous le tapis mais n’y ont pas réussi. Il semble que les délits commis par les immigrants soient référencés sous le n° de code spécial R291, qui signifie, pour la presse, qu’elle n’a pas le droit d’en faire état. Mais les émeutes et le déplacement des populations suédoises de naissance constituent désormais un vrai problème, et ce problème aura un impact sur les élections de l’année prochaine.
Trump avait donc raison, et ses adversaires avaient tort. Grâce à l’obéissance des médias suédois, le gouvernement a pu jouer à « Tout va très bien, Madame la Marquise », mais Trump savait ce qui était en train de mijoter et il n’a pas hésité à le dire. Il n’a pas fallu des jours pour qu’on s’aperçoive qu’il avait raison, mais ses détracteurs ne se sont pas excusés pour autant et n’ont même pas reconnu leur erreur.
Soit dit en passant, un important journal suédois a publié une attaque sur votre serviteur. Ils n’ont pas apprécié que j’aie « désigné » le triomphe de Trump comme un tournant historique marquant la fin du « siècle Juif », que j’aie dit que l’Europe finirait par s’affranchir de la tyrannie libérale et que les « heureux esclaves », particulièrement en Suède, allaient trouver la force de se soulever contre l’étouffement par les médias et le fanatisme féministe. Pour bien montrer à quel point je suis un cas pourri, ils ont ajouté que j’étais « un raciste et un négateur de l’Holocauste », comme Trump d’ailleurs. C’est la marque de désobéissance suprême. Ils ne peuvent pas s’empêcher de toujours y revenir, c’est au-dessus de leurs forces.

Qui sont donc les manifestants contre la corruption en Russie ?

 
 
Le ban et l’arrière-ban de l’euro-atlantisme se sont mobilisés haut et fort contre le scandale que constitue la condamnation de l’opposant Navalny (Навальный) à une amende de 330 euros pour l’organisation d’une manifestations interdite (je viens de payer une amende de 375 euros pour un excès de vitesse de 1 km/h : ni Bruxelles ni le département d’État ne s’en sont émus) et quinze jours de prison pour avoir enfreint une interdiction de manifester et déclenché des violences.
Les pleurs sont donc sélectifs. Qui est ce monsieur Navalny ? Initialement membre du parti libéral pro-occidental Iabloko (Яблоко), il se rapproche de l’extrême droite (la vraie !) ultranationaliste. Le piratage de sa boîte mail montre, en 2011, qu’en fait il est financé par l’ONG américaine National Endowment for Democracy.
La NED lui permet d’aller étudier à l’université de Yale l’art et la manière de déclencher des « révolutions de couleur »… À son retour il applique les leçons apprises et fait une campagne style Obama pour les élections municipales à Moscou – avec la promesse d’organiser une Gay Pride – où il obtiendra 27 % des voix, et plus encore dans les quartiers huppés de la ville. Assigné à résidence car pris dans un scandale financier avec le groupe Yves Rocher, il n’en continue pas moins son activité de blogueur.

Mais les manifestants qui sont descendus dans la rue pour manifester contre la corruption ne l’ont pas fait pour Navalny : la plupart sont très jeunes et représentatifs de cette génération qui n’a pas connu les heures les plus sombres des années 1990 ; ils se sentent écartelés entre la nouvelle Russie prospère des villes et la Russie traditionnelle, plus pauvre, patriote et pro-Poutine. De là à y voir la possibilité d’y déclencher un Mai 68 contre le pouvoir en mobilisant la jeunesse urbaine, il y a sans doute un pas que les oligarques occidentaux et leurs collègues russes rêvent de franchir. Mais Mai 68 parvint in fine à renverser de Gaulle parce que le mouvement social s’était mis à faire un bout de chemin avec le mouvement étudiant. Rien de tel en Russie, où la classe ouvrière et tout ce qui travaille profite de la renaissance de l’économie russe et du retour de l’État, fruit de la politique de Poutine.
Qu’on en juge : une croissance régulière malgré la crise de 2008, l’apparition d’une classe moyenne qui compte 30 % de la population, une balance des paiements et un solde du commerce extérieur excédentaires, une réduction de la dette publique et du taux de pauvreté… Tout cela se révèle dans un indicateur clé : le retour à une natalité positive alors que la Russie des années Eltsine ne faisait plus d’enfants, un autre indicateur étant la chute du nombre des avortements et des décès.
Alors, pourquoi tant de haine ?
Source: Boulevard Voltaire

jeudi 6 avril 2017

Attentat du métro de Saint-Pétersbourg: La tristesse et la honte


 
 
L’attentat meurtrier du métro de Saint-Pétersbourg a donc fait au total 14 victimes. Résidant actuellement à Moscou, j’ai suivi avec attention les réactions de la population. On sent la tristesse, mais aussi la colère et une froide détermination. Dans le métro de Moscou, quelques sourires sont échangés avec les agents de sécurité et les forces de l’ordre, mais rien d’ostentatoire. Ici, on souffre en silence, on se recueille, on se prépare. Certains sont persuadés que ces attentats ne sont que le début d’une longue série. D’autres plus dubitatifs, les attribuent à un commando isolé. Mais, tous savent que la lutte contre le terrorisme sera longue, difficile, et qu’elle sera sans pitié.
 
Les Russes que j’ai pu côtoyer, dans le métro comme à l’université où je donne actuellement des cours, sont déterminés. On pourrait prendre leur calme pour de l’indifférence ; ce serait cependant faire une profonde erreur. Ils sont sensibles aux gestes de compassion de l’étranger, au message du Président Trump comme aux manifestations qui ont eu lieu à Tel-Aviv. Nul ne me parle de la France. On a de la pudeur ici, et l’on ne veut pas insulter des amis, même si l’indifférence des autorités françaises tranche avec la réaction des moscovites lors des attentats de Paris, que ce soit celui de janvier 2015 ou celui de novembre de cette même année. Tout juste un collègue me rappelle la mémoire de Bernard Maris, mort à la rédaction de Charlie-Hebdo. Il n’est pas besoin d’insister, car une immense honte m’emplit.
 
Une honte indicible que Mme Hidalgo n’ait nullement fait allumer la tour Eiffel aux couleurs de la Russie ou, à tout le moins, n’ait fait un geste symbolique depuis la mairie de Paris. Une honte indicible que notre gouvernement, que notre Ministre des Affaires Etrangères, que notre Premier-ministre, que notre Président, n’aient pas fait de déclarations publiques. S’ils en on fait, alors ce fut dans une discrétion toute diplomatique car nous n’en avons eu ici, à Moscou, aucune trace.
 
Pourtant, la télévision s’empresse d’accumuler les messages de solidarité, de Russie et de l’étranger, alors que les éditions spéciales des journaux télévisés occupent toutes les chaines. Alors, sans doute un message, froid et aux mots chichement mesurés, viendra dans la journée ou demain. Et les autorités russes, s’en en être dupe, l’accepteront parce que la diplomatie est un jeu pratiqué par tous. Mais, n’ayons crainte, elles n’oublieront pas ce manque ostentatoire de compassion venant des femmes et des hommes qui prétendent nous diriger.
 
Oui, je suis empli d’une honte indicible qu’une logique inspirée du temps de la Guerre Froide sépare les « bons » des « mauvais » morts. Oui, je suis empli de honte que des dirigeants confondent des oppositions politiques, qu’elles soient justifiées ou non, avec la plus élémentaire humanité. Je suis triste pour ce que cela révèle de mon pays, et de sa classe politique. Mais je sais que, au fond de nous, nous sommes nombreux à partager cette honte et cette tristesse, et que nos pensées sont avec le peuple russe et les victimes de cet attentat.
 
Jacques Sapir

mercredi 5 avril 2017

La Maison-Blanche se convertit à la démocratie

Nikki Haley
Un pas considérable vient d’être franchi par l’administration Trump : ses principaux diplomates ont annoncé reconnaître le droit des Syriens à la démocratie. Ils admettent qu’ils ont souverainement choisi Bachar el-Assad comme président. C’en est fini de la rhétorique de « démocratisation » forcée qui a accompagné toutes les aventures militaires des administrations précédentes. 
 
Lentement l’administration Trump met en place sa nouvelle politique proche-orientale.
Après avoir réformé le Conseil de sécurité nationale, après avoir échangé des renseignements avec l’armée russe, après avoir interdit à ses hommes de continuer à soutenir des jihadistes où que ce soit, et après avoir lancé de véritables attaques contre eux au Yémen, en Irak, en Libye et en Somalie, le nouveau président des États-Unis a fait annoncer qu’il mettait fin à l’ingérence de son pays dans la vie politique syrienne.
L’ambassadrice US au Conseil de sécurité, Nikki Haley, ne s’est pas contentée d’annoncer que renverser le président el-Assad n’était plus « la priorité » de Washington, elle a clairement déclaré qu’il appartenait au seul Peuple syrien de choisir son président ; propos immédiatement confirmés par le secrétaire d’État, Rex Tillerson.
Pour mesurer le chemin parcouru, souvenons-nous que depuis 2012, le plan Feltman prévoyait l’abrogation de la souveraineté du Peuple syrien.
Qu’on se le dise : avec Donald Trump, la Maison-Blanche s’est enfin convertie à la démocratie, c’est-à-dire au « Gouvernement du Peuple par le Peuple, pour le Peuple » selon la célèbre formule d’Abraham Lincoln. Les États-Unis sont en train de redevenir une puissance normale. Ils abandonnent leur ambition impérialiste. Ils renoncent à la doctrine Wolfowitz de domination globale. Ils reconnaissent à nouveau que tous les hommes sont égaux, qu’ils soient occidentaux ou non.
La stupeur des États membres de l’Otan est à la mesure de l’évènement : comme ils ne cessent depuis le 11-Septembre d’utiliser le concept de « démocratie » à contre-sens, ils sont restés cois.

mercredi 22 mars 2017

Au pays de la Zizanie



Le barrage d'Oroville en Californie en fuite
 
Quel bon vent s'amène aux USA  

Dernièrement,  j'ai remarqué un changement dans le traitement que certains journalistes de La Presse (et peut-être aussi chez Radio-Canada),  font à l'endroit du nouveau président américain  qu'on ridiculisait et critiquait à tours de bras,  gonflés à bloc qu'ils étaient par les évangiles selon le Washington Post  avant, pendant et peu après les élections américaines.  Ce qui certes pouvait avoir  une influence très négative sur le jugement de ses lecteurs.
 
Pour en venir aux faits,  depuis que la multinationale Lafarge a offert son expertise dans le domaine de la cimenterie  au gouvernement américain afin de construire le mur promis par Donald Trump, entre les US et le Mexique, j'ai l'impression que la manière et parfois même le contenu journalistique en général, mais surtout à la Presse,  me semble plus positif, disons-le franchement, plus objectif dans la façon de formuler l'information portant sur l'action, l'administration et la personne du nouveau président élu américain.   
 
Normal! L'odeur du pognon s'étant vite répandue dans l'atmosphère, voilà donc la bonne affaire qui fait saliver non pas seulement la multinationale Lafarge, mais aussi par la même occasion en fera profiter à l'infini ses nombreux actionnaires milliardaires. 

Je n'en dirai pas plus puisqu'on n'en connaît pas encore la suite.  Cependant, le gouvernement et le peuple américains, dans l'état de délabrement actuel de leur pays,  auront-ils les moyens de leurs illusions? Cela reste à voir. Certaines infrastructures importent certes davantage à être remises à flot que l'érection pharaonique d'un mur de béton à la frontière sud de leur pays.

Mais de quoi, je me mêle ?

***


Malgré cette affaire, les Coréens sont prêts à ouvrir leur cœur à leurs anciens ennemis.

Au pays de la Zizanie, là où se parle la novlangue avec un petit accent mêlé d'hébétude,  alors que d'habitude je n'excuse pas une personne qui dit une chose ou promet de faire cette chose, d'un côté de la bouche,  et fait tout le contraire de l'autre côté.  Pour retrouver ma confiance absolue, cette personne-là doit avoir les meilleures raisons du monde. Néanmoins, à première vue si la tendance se maintient, ces raisons ne seraient pas au rendez-vous.

J'évoque ici le comportement du nouveau président élu américain qui avait promis de ne pas se mêler des affaires des autres pays et, voilà qu'il se prépare à s'en prendre à la Corée du Nord, qui depuis quelque temps teste tant bien que mal, ses nouveaux missiles-maison afin de démontrer au monde entier son sérieux, en bombant le torse.

On se serait attendu à un exercice strictement de défense. Au lieu de ça, on a tendance à croire qu'il s'agirait d'attaque pure et simple de la part de la nouvelle Administration américaine envers ce petit pays qui, selon ce que j'en sais, n'a pas une dent contre l'Amérique pour rien.

 « Le New York Times a écrit à l’époque que plus de sept mille sept cent tonnes de napalm ont été lâchés simplement dans les 20 premiers mois de la guerre en Corée. Les USA ont lâché un tonnage de bombes plus important sur la Corée que sur le Japon durant la Seconde Guerre mondiale. Les forces armées US ont traqué et assassiné non seulement les membres du parti communiste, mais aussi leurs familles. À Sinchon, nous avons vu la preuve que des soldats US ont obligé 500 civils à se mettre dans un fossé, les ont aspergés d’essence et les ont brûlés. Nous étions dans un abri antiaérien avec des murs encore noircis avec la chair brûlée de 900 civils, dont des femmes et des enfants qui cherchaient à se protéger lors d’une attaque US. Des soldats US ont été vus déverser de l’essence dans les bouches d’aération de l’abri et les faire tous mourir carbonisés. C’est la réalité de l’occupation US pour les Coréens. C’est la réalité qu’ils craignent encore et ne veulent jamais voir se répéter. Pouvons-nous le leur reprocher ?»   Source: Réseau international.
 
Certes ce n'est pas au peuple qu'il faut s'en prendre et tenir en otage pour les fantaisies délirantes de son président. Mais, c'est de jouer avec le feu alors que c'est avec lui seul  qu'il faudrait procéder   de la part de l'OTAN.  Et surtout  garder son sang-froid et éviter de se mouiller davantage dans une aventure qui pourrait être catastrophique au niveau mondial. 

Le président Trump a ouvert un canal de négociation avec les principales autorités commerciales et financières chinoises, via les membres de son Forum stratégique et politique. Pourquoi n'adapterait-il pas  le même procédé avec le président de la Corée?  
  
Enfin  cet article  a été intitulé « La grande tromperie ». Ce titre a été choisi parce qu'il a été  découvert, en 2003,  par des avocats américains membres de la  National Lawyers Guild, que le mythe péjoratif de la propagande occidentale sur la Corée du Nord, est une immense tromperie conçue pour cacher aux peuples du monde les réalisations des Nord-Coréens, qui ont réussi à créer leurs propres conditions, leur propre système socio-économique indépendant basé sur les principes socialistes, libres de la domination des puissances occidentales.

dimanche 19 mars 2017

Pourquoi les Allemands vont sortir de l’euro les premiers…

Celle-là, je ne l'avais pas vu venir


Un point du vue qui retient l'attention

Les économistes sont d’accord depuis plusieurs décennies que l’euro, mis sur les rails en 1992 après la phase expérimentale du Serpent monétaire européen, est une aberration totale et qu’il est impossible pour des économies aussi différentes que la Grèce, l’Irlande, la France, ou l’Allemagne d’avoir la même monnaie.
Mais l’euro est beaucoup plus qu’une monnaie, c’est une structure de domination monétaire au profit de l’Allemagne, c’est l’instrument du Quatrième Reich allemand par lequel les Allemands gèrent et profitent de l’espace économique européen. Cela amène à la question de la puissance dans le monde actuel. Est puissant un pays capable d’imposer aux autres une monnaie dont les termes sont biaisés et inégaux, une monnaie truquée dont il profite plus que les autres.
Je vois trois puissances, en 2017 : la Chine, les États-Unis et l’Allemagne. La Chine est sans doute la première économie du monde en valeur absolue ; elle utilise un yuan sous-évalué pour doper sa croissance. Et personne ne peut l’empêcher.
La deuxième puissance est, bien sûr, les États-Unis et leur dollar américain, devenu de la fausse monnaie légale, imprimable sans limite, déconnectée de toute assiette économique et servant à la rapine mondiale au profit des multinationales américaines et des banksters américano-sionistes. Tout peut s’acheter avec des dollars américains, il suffit de les créer ex nihilo pour s’offrir n’importe quels entreprise ou bien matériel. Et gare à vous si vous osez contester cette fausse monnaie légale, on vous enverra l’OTAN et ses bombardiers. Le dollar, notre monnaie, votre problème, comme ils disent depuis les années 1970, mais peut-être plus pour très longtemps…
Venons-en à l’euro, instrument de l’hégémonie allemande. L’euro est une vraie monnaie, et non une arnaque mafieuse comme le dollar américain.
On s’accorde à penser que le néo-mark serait environ 15 % plus cher que l’euro, et le franc français environ 5 à 10 % moins cher. Concrètement, l’euro fonctionne comme un mark sous-évalué, qui donne à l’Allemagne un avantage permanent, aboutissant à des excédents commerciaux scandaleusement élevés. Certains présentent cette situation comme une vertu, mais il n’y a rien de vertueux à vampiriser ses voisins.
 
L’euro permet donc à l’Allemagne de drainer toute la matière économique du continent. Elle s’est bien gavée jusqu’à présent. Mais l’euro est devenu un problème pour tout le monde, y compris l’Allemagne. Aujourd’hui, l’économie européenne est effondrée, en récession et régression généralisée. Les Allemands ont des carnets de commandes vides, car leurs clients et voisins sont à l’agonie.
Deuxième problème : l’inflation a commencé à faire son apparition en Allemagne. C’est l’effet logique d’une monnaie sous-évaluée. Les retraités allemands n’accepteront pas cette inflation. La sortie de l’euro par l’Allemagne est donc inévitable dans un horizon proche. À mon avis, l’euro n’existera plus le 1er janvier 2018.
Arnaud Fournet
Auto-entrepreneur
Boulevard Voltaire
 

jeudi 16 mars 2017

Stella: tempête du siècle



Le Jour d'avant





Photo: Anonyme via Dreuz    
De gauche à droite, la maire de Washington DC Muriel Bowser, Paul Wiedefeld, directeur général de la région métropolitaine de Washington D.C., et Tom Bossart, conseiller pour la Sécurité intérieure – sur les préparatifs pour la tempête de neige

J'ignore si c'était la veille ou l'avant-veille, mais chose certaine, ce n'était  pas The Day After ...




Le lendemain de la veillle
 
Photo: Radio-Canada
Philippe Couillard a présenté «ses excuses»  jeudi matin aux
automobilistes victimes du cafouillage des autorités sur l’autoroute 13 Sud.

 
J'ai horreur d'écrire (dire) ces mots-là,  mais ai-je le choix? Serions-nous un refuge de petits faiseux?
 
Où donc étaient Philippe Couillard et son gouvernement, la veille du début du commencement de l'annoncée tempête du siècle* depuis  plusieurs jours? 
 
Qu'aurait-il dû faire de plus pour empêcher ce cafouillage auquel ce gouvernement incompétent doit faire face aujourd'hui? 
 
Hier, le premier ministre se justifiait en cherchant des coupables. Déjà, un officier de la SQ, responsable de l'opération, a été relevé de ses fonctions. Ce dernier n'a pas pris les bonnes décisions. Soit. 
 
N'est-il pas le comble du cynisme de chercher et trouver des coupables ailleurs qu'à l'intérieur de son petit égo,  de sorte qu'on n'a pas la peine de se poser de questions sur ses propres responsabilités. Voilà ce que fait notre premier ministre libéral québécois aujourd'hui. Regarder autour de lui s'il n'y verrait ... les autres.
 
Je n'en suis pas absolument certaine mais, je sens que les choses ne resteront pas là.
 
Attendons-nous, chers compatriotes québécois, mais il n'est pas exclus que nous aurons à payer de nos poches via nos impôts, cet immense cafouillage qui aurait peut-être été moins gros, moins terrible, moins douloureux, mieux organisé, mieux préparé, mieux encadré, etc. Et peut-être même évité.
 
Rappelons-nous que des recours collectifs ont déjà été lancés pour beaucoup moins que ça. 

May West

* La tempête de mardi soir a été confirmée « pire tempête depuis les 5 dernières années.»