dimanche 27 juillet 2008

La voisine de Sunny Blue

Pas facile pour un être humain d’abord né dans un corps de sexe masculin (cela est aussi vrai pour le contraire) qui réalise, tôt ou tard, qu’il y a eu erreur sur sa personne en venant au monde, dans ce monde-ci … ! Je ne suis ni médecin ni psy d’aucune espèce, mais ce que je sais, toutefois, c’est que la chose existe puisque, de plus en plus, grâce à l’information galopante... tout finit par se savoir. Voilà tout!

C’est donc chaussée de grossières bottes de «Robert (rubber)», que je m’amène ici sur le terrain glissant de la transsexualité. Au terme «transsexuel», à cet effet, «Le Robert de poche» explique la chose ainsi : « 1. Qui a le sentiment d’appartenir au sexe opposé (à son sexe biologique). 2. Personne qui a changé de sexe.».

Or, en discutant de tout et de rien avec Lora, l’autre jour, je lui racontais comment Sunny Blue avait eu la surprise de sa vie lorsqu’elle avait appris au moment de prendre possession de son nouvel appartement, il y a quelques semaines, que sa voisine avait d’abord été un homme, avant …

Pas reposant, en effet, d’avoir affaire avec une personne qui pendant toute sa vie, mettons, soixante ans, a eu la conviction profonde d’avoir appartenu à l’autre sexe, et d’avoir été emprisonnée dans un corps qu’elle ne reconnaissait pas comme le sien. Puis, qu'en revanche, il avait valu la peine, pour elle, de subir autant de souffrances physiques, morales et financières, (cela, on s'en doute bien ..!), pour finalement renaître dans son vrai corps.

Par contre, bien que certains inconvénients, suite à sa transformation (l’étrange voix grave d’origine masculine, par exemple et surtout, le fait qu’elle s’affiche comme étant lesbienne* ...!!!) la contraignent, hélas!, aujourd’hui à la réclusion, elle avoue ne rien regretter et se dit tout à fait heureuse de son sort. Comme si, dans son cas, elle avait compris depuis longtemps, que tant qu'à être prisonnière, aussi bien l'être dans le corps qui lui appartient...

Toujours est-il, qu’après en avoir terminé avec l’histoire de la voisine de Sunny Blue, j’ai alors dit à Lora : «Tu sais, plus j’y pense plus je suis convaincue que chacun(e) de nous a été tantôt un homme, tantôt une femme dans ses nombreuses vies antérieures. » Méchante révélation, faut-il dire! C’est vrai que dans la vraie vie, j’ai toujours plus ou moins cru à la réincarnation. Question de logique.

Alors que de son côté, Lora, cependant plus terre-à-terre que moi n'a pu s'empêcher d'y voir, elle, rien d'autre qu'une forme comme une autre de récupération, cela m'a fait sourire. Au fond, elle avait sans doute raison. Pourquoi serait-il impossible que la récupération des corps fasse partie de l'ordre des choses ... ? Le philosophe n'a-t-il pas dit: «Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme (même les sexes d'ailleurs...!)... »?

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Vous avez sans doute remarqué que ces situations n’ont rien à voir avec l’homosexualité qui repose sur une attirance pour le même sexe et non sur l’identité de genre. On peut très bien être transsexuel et hétéro-, homo- ou bisexuel.

lundi 7 juillet 2008

Une comète à Québec

N'allez pas croire qu'il s'agit là de ... Céline Dion ou de Paul McCartney ! Je regrette de vous décevoir, mais vous n'y êtes pas du tout.

Toujours est-il que de tous temps, c'est bien connu, des phénomènes étranges ont eu lieu, ici et là, partout à la grandeur de la planète. Des faits historiques prouvent ici, que le Québec n'y a pas échappé entre ... 1664 et 1665.

En effet, l'occasion du 400è de la ville de Québec nous rappelle qu'à l'origine de la colonie française, de tels phénomènes se seraient en effet produits sur le ( ... et au-dessus du) territoire québécois d'alors. D'ailleurs, grâce au récit détaillé qu'en a fait l'une de ses pionnières, Mère Marie de l'Incarnation, nous apprenons aujourd'hui que le passage d'une comète au-dessus de leur tête, aurait intrigué au plus haut point, tous nos ancêtres qui en auraient été les braves témoins ... privilégiés.


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Récit de
Mère Marie de l'Incarnation:


«Le 18 de décembre de l'année dernière (1664), il parut une comète à Québec, vers l'heure de minuit, laquelle parut jusqu'à six heures du matin et continua quelque temps. L'étoile ou la tête de ce météore paraissait carrée, sa queue était comme des rayons qui, par saillies, semblaient jeter des influences (lancer des vapeurs). Ces rayons étaient tournés de côté de la terre entre le nord et le nord-ouest.

Elle montait encore, et venant du côté du sud, elle portait sa queue à côté d'elle. On a remarqué qu'au matin on lui vit porter sa queue du côté du sud, puis elle sembla tomber à terre, et ses rayons tournés vers le ciel. Depuis ce temps-là, elle n'a plus paru. Le même jour le soleil a paru en se levant entouré d'un iris (arc-en-ciel) avec ses couleurs ordinaires; et une vapeur noire sortit du soleil, et de cette vapeur un bouton de feu.

Le vingtième de décembre, sur les trois heures de l'après-midi, l'on vit paraître trois soleils éloignés les uns des autres d'environ un quart de lieue; ils ont duré environ une demi-heure, puis ils sont venus se rejoindre au soleil ordinaire.

L'on a encore senti la terre trembler plusieurs fois en ces quartiers, mais légèrement et assez peu de temps. À Tadoussac et dans les forêts voisines elle a tremblé plus souvent, et aussi fortement qu'elle fit il y a deux ans.

Le deuxième de janvier (1665), l'on découvrit une seconde comète semblable à la première. Sa queue était longue de soixante pieds ou plus; elle différait de la première en ce qu'elle portait sa queue devant elle. Il en a paru une troisième au mois de février, presque semblable, excepté qu'elle portait sa queue après elle, et qu'elle paraissait le soir, sur les six heures, au lieu que les autres paraissaient le matin.

L'on a vu plusieurs fois des feux voler par l'air. Ce sont peut-être des restes des tremblements de terre, laquelle étant demeurée ouverte en plusieurs endroits a laissé aux feux souterrains des issues libres pour s'élever en l'air. On a aussi remarqué une espèce de dard fort élevé en l'air; et parce qu'il était directement entre nous et la lune, en sorte qu'il semblait qu'il fût dans la lune même, il y en a qui ont cru, et qui ont dit, qu'on avait vu la lune percée d'une flèche.

Le 27 décembre 1664, la lune se fit voir, après minuit, d'une façon bien surprenante, car la moitié était rouge comme du sang, et l'autre moitié si lumineuse qu'elle éblouissait les yeux.

Le 19 janvier 1665, sur les cinq heures trois quarts du soir, on entendit, comme sortant de sous terre, un son qui fut pris pour un coup de canon. Il fut entendu par des personnes éloignées de trois ou quatre lieues les unes des autres. Un demi-quart d'heure après, il parut sur Québec un globe de feu qui ne fit que passer et qui répandait une si vive lumière, que l'on voyait comme en plein jour des maisons éloignées de deux lieues.

Dans la suite de l'année on en a vu plusieurs autres semblables, tant à Québec qu'au-dessous de Tadoussac et dans le chemin des Trois-Rivières.

Outre les médiocres tremblements de terre et des bruissements fréquents dans les côtes voisines, la terre a tremblé extraordinairement à sept ou huit lieues d'ici, et deux ou trois fois dans une même nuit, avec une extrême violence. Le jour de saint Mathias, aux environs de Tadoussac et à la Malbaie, les tremblements de terre furent si fréquents que les Sauvages et un de nos Pères, qui hivernait de ce côté-là avec eux, assurèrent qu'ils n'étaient pas moins violents que ceux qui se firent sentir en 1663. »

Sources: Mère Marie de l'Incarnation, Lettres; R.P. Le Mercier, Relation des Jésuites, année 1665.

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Que de belles fabulations?
À vous de juger!