jeudi 27 octobre 2011

« L’empire » tente une manoeuvre pour forcer le jeu



De grâce, ne tombons pas dans le panneau !

Décidément, la partie se corse. Pour la deuxième fois en quelques jours, La Presse tente une manoeuvre pour forcer le jeu politique au Québec. Après avoir essayé de convaincre les Québécois samedi dernier que François Legault dominait largement la concurrence dans l’opinion publique, voici maintenant qu’elle tente de précipiter la chute non pas tant de Pauline Marois que celle du Parti Québécois, et avec son effondrement, de dissiper tout espoir pour des indépendantistes de quelque allégeance ou sous quelque bannière que ce soit de former le prochain gouvernement.

Vous croyez que j’exagère ? Il faut lire aujourd’hui l’article de Denis Lessard, qui nous révèle en filigrane tout de la stratégie de l’empire Desmarais (ci-après dénommé « l’empire »), décidément bien pressé d’en finir avec les indépendantistes.

Il faut d’abord comprendre que Denis Lessard n’est pas un journaliste comme les autres. C’est le « tueur » attitré de La Presse, chargé d’exécuter les commandes de la direction éditoriale de La Presse à Québec et de peser autant que nécessaire sur le jeu politique pour l’infléchir dans la direction souhaitée par son journal. Il n’a pas son pareil pour dégoter les rumeurs les plus perfides et les utiliser pour semer la division ou le doute dans les rangs d’une formation politique.

Compte tenu du poids de Gesca (le holding de tous les journaux détenus par Power), dans les médias québécois, les reportages et les « analyses » de Denis Lessard, correspondant parlementaire en chef du groupe, sont largement répercutés non seulement dans les autres quotidiens du groupe, mais aussi à Radio-Canada avec qui Gesca a une entente de collaboration, et souvent même dans les autres médias lorsque Lessard obtient « un scoop » (une primeur ou une exclusivité dans le jargon journalistique anglo-saxon).

Devant la force de la nouvelle rendue publique par Lessard aujourd’hui, l’agence QMI (propriété de Québecor) n’a pas eu d’autre choix que d’y faire écho et de la diffuser dans son propre réseau en faisant bien malgré elle la publicité de son principal concurrent.

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Les révélations de Lessard minent fort probablement de façon irrémédiable le leadership de Pauline Marois (déjà de toute façon fortement hypothéqué), mais elles révèlent surtout à quel point il est devenu essentiel pour « l’empire » d’abattre le mouvement indépendantiste, seule force capable de contrecarrer ses visées hégémoniques sur le Québec et ses richesses.


Il est donc essentiel pour « l’empire » de favoriser sa division et son éclatement, et le spectacle de nos doutes existentiels, de nos frayeurs, de nos divisions, de nos chicanes, de nos excommunications mutuelles, exposées ici-même sur Vigile avec une débauche suicidaire exhibitionniste, lui ont fourni au cours des derniers mois toute l’huile nécessaire à alimenter son moulin. Mais l’espèce de fureur paroxystique qui semble désormais animer « l’empire » trahit aussi l’urgence qu’il voit à en finir une fois pour toutes avec les indépendantistes. En effet, il est en train de jouer son va-tout.

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Reuters Henri-Paul Rousseau

Bien sûr, nous savons depuis 2008 que « l’empire » est vulnérable. Il a été durement ébranlé par la crise financière, au point d’avoir dû appeler la Caisse de dépôt à la rescousse, et il est fort probable que les Québécois aient eu à en faire les frais à leur insu. Il y a bien du mystère dans la perte de 40 milliards essuyée par la Caisse de dépôts, et fort opportunément pour Power, celui qui pourrait tout nous expliquer (Henri-Paul Rousseau, l’ancien président de la CDPQ) a d’abord refusé de le faire en passant au service de Power Corporation, au conseil d’administration de laquelle il siège désormais.

Et l’empire est tellement vulnérable qu’il parle très peu des suites de l’affaire Coventree, ce mystérieux revendeur de valeurs titrisées (le fameux papier commercial adossé à des actifs (PCAA)) dans le capital de laquelle la Caisse de dépôt avait pris une participation importante (ce que les médias semblent tout le temps oublier de mentionner).

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Ainsi, hier, les médias de Toronto faisaient largement écho à la décision de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario qui venait d’imposer 16,5 millions $ en amendes administratives à Coventree et à ses dirigeants pour leurs malversations dans la mise en marché du PCAA au Canada.

Aujourd’hui, bref entrefilet dans Le Devoir, et rien du tout dans La Presse qui choisit plutôt de parler de l’inculpation d’un ex-dirigeant de Goldman Sachs à New York pour délit d’initié. Cherchez l’erreur ! C’est pourtant la même Presse qui avait couvert dans le long, le large et le travers l’affaire Norbourg, un autre scandale financier. Évidemment, personne de Power ne siégeait au conseil de Norbourg.

Pour se refaire, « l’empire » a besoin de l’État québécois et des richesses du Québec, comme j’ai eu l’occasion de le souligner dans de nombreux articles publiés au cours des derniers mois sur Vigile et dont vous pouvez trouver tous les liens dans le texte suivant.

L’empire est aussi conscient de la menace que représente le tsunami financier qui s’en vient pour l’avenir des régimes fédéralistes dans le monde, en Europe avec l’Union Européenne, au Canada, et même aux États-Unis, et il tente de déstabiliser le mouvement indépendantiste au Québec pour lui couper définitivement les ailes et l’empêcher de profiter de la conjoncture favorable qui s’annonce.

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Tout ça pour pouvoir nous plumer plus librement. Il n’est pas beau l’avenir que l’Oncle Paul nous prépare ?



La consultation de la liste des donateurs vous permettra de constater la participation de plusieurs entités ou personnes associées à Power outre elle-même, notamment La Presse, et l’Institut économique de Montréal, pour ne nommer que celles-là. Vous aurez même la surprise de constater parmi la liste des donateurs des noms dont la présence vous paraîtra franchement incongrue, comme le Musée des Beaux-Arts de Montréal, jusqu’à ce que vous découvriez que le MBAM est lui-même récipiendaire des largesses de la famille Desmarais via Madame mère, ce qui donne une certaine voix au chapitre.

Au fait, saviez-vous que Mme Desmarais a elle a aussi été nommée au grade de chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur, qu’elle recevra prochainement des mains de Nicolas Sarkozy, comme le rapportait La Presse il y a quelques jours. Ça, c’est de la nouvelle ! Bravo La Presse !

Et si le goût vous prend de faire des vérifications encore plus poussées, vous découvrirez que le président de cet organisme est un certain Joseph B. Gildenhorn, associé principal d’un grand cabinet d’avocats américains et ancien ambassadeur. Maintenant, faites une recherche sur Google en associant les noms Paul Desmarais et Joseph Gildenhorn, vous allez être édifiés par les contacts de tout ce beau monde. Vous allez même remonter jusqu’à Papa Bush à l’institut duquel, le Point of light Institute, « The Honourable Paul and Mrs. Jacqueline Desmarais » ont fait cette année une contribution de plus de 1 000 000 $, supérieure même à celle d’IBM . Comme dit l’autre, « Ça crée des liens ».

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Mais revenons à nos moutons, ou plutôt aux marionnettes de l’oncle Paul. Dans sa mise en scène pour le couronnement de Jean Charest plus tôt cette semaine, il avait réuni toutes les autres marionnettes dont il tire les ficelles, dont la présidente du Mouvement Desjardins, Monique Leroux, (oui oui, je vais vous raconter ça bientôt), le PDG d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, et celui de la Caisse de dépôt, Michael Sabia.

Maintenant que l’ennemi est nommé, que vous voyez comment il fonctionne, comprenez-vous l’urgence de nous mobiliser pour lui barrer la route et reprendre le contrôle de notre État ? À lui tout seul, par prête-noms ou marionnettes interposées, ou encore en avançant sous un voile corporatif ou un autre, il est en train de réussir le tour de force de nous dépouiller de toutes nos richesses collectives et des acquis sociaux accumulés à la faveur de la Révolution tranquille.

Alors de grâce, ne tombons pas dans le panneau ! Il fait ses choux gras de toutes nos divisions. Il se nourrit sur les bêtes que nous sommes, et fera bientôt de nous des bêtes de somme...

Source:  Richard Le Hir , Vigile.net

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Ouf! Merci, M. Le Hir!  Attacher tous ces fils ensemble relève presque de la mission. Maintenant reste à savoir si, nous, pauvres gnochons que nous sommes, allons en tenir compte dans nos prochaines intentions de vote.     
      
May
      Quand, où et comment avez-vous déjà entendu Pauline Marois dénoncer l’empire Desmarais  comme le fait Richard Le Hir ?  À ma connaissance, JAMAIS ...!  Au contraire, Mme Marois préfère assister à leurs petites soirées mondaines. Voir ici :http://www.iforum.umontreal.ca/Foru...
 Et quel intérêt aurait l’empire à s’attaquer à Pauline Marois qui par sa présence dilue la cause de l’indépendance nationale du mieux qu’elle peut et retarde l’échéance tout en démotivant les troupes et suscitant la division des forces ?  L’empire n’aurait-il pas au contraire intérêt à la laisser en poste? 
Ces questions ont été posées par M. Pierre Cloutier suite au texte de M. Le Hir.

Enfin c'est pour quand l'indépendance, me suggérais-tu, hier de poser à madame Marois, ce soir? Eh bien, à voir aller les choses, avec deux empires sur le dos (celui de Paul Desmarais, et l'autre, du Nouvel Ordre mondial),  ce sera pour dans la semaine des quatorze jeudis.  D'autant plus que mettre Charest dehors sera plus urgent que de faire l'indépendance. 

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