mardi 15 novembre 2011

Pollution: la présence de fines particules dans les nuages a une influence importante sur la météorologie


Des chercheurs de l'université du Maryland démontrent pour la première fois dans une étude que la pollution atmosphérique et en particulier la présence de fines particules dans les nuages a une influence importante sur la météorologie. Cette pollution aggrave les inondations et les sécheresses.

En effet l'étude démontre que l'augmentation de la pollution et des fines particules dans l’atmosphère peut fortement influer sur le développement des nuages, jusqu’à réduire les précipitations dans les régions sèches ou les augmenter dans les régions humides.

"Ces conclusions ont des implications importantes dans la gestion économique de l'eau dans tous les pays du monde, disent les chercheurs et autres scientifiques."

«L' utilisation d'un ensemble de données sur plus de 10 ans de mesures atmosphérique dans le "Great Southern Plains Research" de l'Oklahoma nous a fait constater, pour la première fois, l'impact net des aérosols sur les nuages et les changements dans la fréquence et l'intensité des précipitations », explique Li Zhanqing, un professeur de sciences atmosphériques et océaniques à l'université du Maryland et auteur principal de cette étude.

L'étude de Li Zhanqing publié dans Nature géoscience y est comparée avec d'autres études en cours dans le même domaine, dont une de la NASA, toutes confirment cette constatation.

«Comprendre les interactions entre les nuages, les aérosols, la pollution, les fines particules et les précipitations est l'un des grands défis de la recherche pour la décennie à venir. Les résultats de cette étude représentent une avancée significative dans notre compréhension de l'impact des pollutions sur le climat avec des conséquences importantes pour le développement durable », explique Tony Busalacchi, professeur et directeur de l'Université du "Maryland Earth System and Science".

«Nous savions depuis longtemps que l'impact des polluants avaient des conséquences sur les températures et les phases de changement des nuages (condensation, congélation) et qu'ils pouvaient soit inhiber ou intensifier les précipitations», explique Russell Dickerson, un professeur de sciences atmosphériques et océaniques .

«Ce que nous n'étions pas en mesure de déterminer, jusqu'à présent, est l'effet net de ces polluants sur les précipitation. Cette étude menée par Li et ses collègues montrent que les particules fines, et celles principalement issues de la pollution de l'air, peuvent empêcher les pluies douces tout en exacerbant les tempêtes violentes. Cette étude ajoute à l'urgence de la nécessité de contrôler le soufre, l'azote et les émissions d'hydrocarbures dans l'atmosphère."

Selon le climatologue Steve Ghan du "Pacific Northwest National Laboratory", «Ce travail confirme les résultats de précédentes études de modélisation des nuages qui avaient déjà suggéré que, bien que les nuages sont influencés par de nombreux facteurs, l'augmentation des microparticules influence de façon très importante la variabilité des précipitations.

"Ces influences totalement absentes des modèles climatiques, jettent un doute sur notre capacité à simuler des précipitations, et révèlent l'urgence d'introduire les changements issus de la pollution dans notre proche futur"

La science des aérosols

Les aérosols sont de minuscules particules solides ou liquides en suspension dans l'air. Ils incluent la suie, les poussières et toutes particules de sulfate, qui sont généralement induits quand nous parlons de la pollution atmosphérique. Les aérosols proviennent , par exemple, de la combustion des combustibles fossiles industriels et agricoles, ou plus naturellement des fumées des combustions accidentelles ou délibérées des champs et des forêts. Ils peuvent être très dangereux pour la santé humaine et l'environnement.

Ces particules d'aérosols affectent également la température de la surface de la Terre, soit en renvoyant la lumière du soleil dans l'espace, ou au contraire en l'absorbant.

La variabilité de ces microparticules dans l’atmosphère modifient la stabilité atmosphérique et dicte parfois même les mouvement verticaux qui assurent la formation des nuages. Mais elles affectent aussi la microphysique des nuages eux mêmes, car elles peuvent devenir des noyaux autour desquels des gouttelettes d'eau ou de glace s'agglutinent.

Ces deux processus peuvent affecter profondément les propriétés des nuages et de leurs précipitations.

Les gaz à effet de serre et les microparticules des émissions de nos polluants sont deux des principaux agents qui dictent les changement climatiques actuellement en cours.

Les mécanismes de l'impact des gaz à effet de serre sur le réchauffement climatique sont aujourd'hui très clairs, mais l’impact des microparticules y est beaucoup moins connu.

Jusqu'à présent, les études sur les effets à long terme des aérosols polluants sur les changements climatiques ont été largement insuffisantes et souvent peu concluantes, parce que les mécanismes en jeu sont très sophistiqués, variables, et mêlés aux sciences météorologiques.

«Mais surtout cette étude démontre avec brio, l'importance de conserver les résultats des mesures scientifiques sur le long termes, tels que ceux enregistrés depuis des années par l'instrumentation de l'ARM gérée par le Département de l'énergie sur le site des Grandes Plaines, afin de pouvoir identifier et quantifier le rôle important des aérosols dans les processus climatiques », explique Stephen E. Schwartz, scientifique au "Brookhaven National Laboratory".

«Bien que les mécanismes de certains de ces effets restent incertains, les relations bien définies découvertes dans cette étude démontrent clairement l'importance des effets des polluants sur le climat.

Le développement de ces recherches reste un défi majeur pour l'avenir, cette étude montre clairement les directions importantes à suivre."

L'assistance technique de cette recherche a été fourni par le ministère de l'Énergie américain, la NASA, la "National Science Foundation" et le ministère chinois de la Science et la Technologie.

Source: science daily / trad Nature Alerte

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