mercredi 23 novembre 2011

Des soupes en conserve au bisphénol A


La consommation de soupes en conserve augmente de façon spectaculaire la concentration du fameux bisphénol A, qu'on suspecte d'avoir des effets néfastes sur la santé, indiquent les résultats d'une étude publiée hier dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

Le bisphénol A (BPA), qui entre dans la composition de plusieurs plastiques servant à la fabrication de biberons, cruches d'eau, gourdes et revêtements de certaines boîtes de conserve et canettes, est sur la sellette depuis quelques années. De nombreuses études ont montré que ce composé chimique, qui ressemble à l'oestrogène, et qui par le fait même mime l'effet de l'hormone sexuelle féminine, perturbe le système reproducteur de petits rongeurs qui y sont exposés. On soupçonne aussi qu'il participe à l'éclosion des maladies cardiovasculaires, du diabète et de l'obésité chez l'humain.

La nouvelle étude qui fait l'objet d'une publication dans le JAMA est l'une des premières à «quantifier les niveaux de bisphénol A chez des humains venant de consommer des aliments en conserve». Ainsi, 75 volontaires ont été invités à manger une portion de 12 onces d'une soupe végétarienne entre 12h15 et 14h quotidiennement, pendant cinq jours d'affilée. À leur insu, la moitié des participants se sont vu servir une soupe en conserve (de la marque Progresso), tandis que les autres ont reçu une soupe maison préparée à partir d'ingrédients frais. Les chercheurs ont ensuite mesuré les niveaux de BPA dans l'urine des participants le quatrième et le cinquième jour de l'expérimentation. Après deux jours de battement, le protocole a été inversé: les membres du premier groupe ontconsommé des soupes fraîches, tandis que ceux du second groupe ont ingéré des soupes en conserve.

Les expérimentateurs ont détecté la présence de BPA dans 77 % des échantillons d'urine prélevés après la consommation de soupe fraîche et dans tous (100 %) les échantillons obtenus à la suite de l'ingestion de soupes en conserve. En moyenne, les concentrations de BPA étaient de 1,1 microgramme (µg) par litre après l'ingestion de soupe fraîche et de 20,8 µg par litre après celle de la soupe en conserve. Qui plus est, les chercheurs ont calculé que la consommation quotidienne d'une portion de soupe en conserve pendant cinq jours induisait une augmentation de 1221 % du taux de BPA dans les urines par rapport à celle d'une portion de soupe préparée à partir d'ingrédients frais.

Les auteurs de l'étude avouent toutefois que cette hausse spectaculaire des concentrations urinaires de BPA est probablement transitoire et que d'autres recherches sont nécessaires pour évaluer la durée de cette augmentation. «L'ampleur de l'augmentation du taux de BPA dans les urines que nous avons observée était inattendue et elle est préoccupante pour les individus qui consomment régulièrement des aliments en conserve ou qui boivent plusieurs boissons en canette chaque jour. Nous recommandons aux fabricants d'envisager l'élimination du BPA dans le revêtement intérieur de leurs contenants», a affirmé l'un des auteurs de l'étude, Karin Michels, du Département d'épidémiologie de l'École de santé publique de l'Université Harvard, sur un fil de presse.

«Cette étude suggère que les aliments en conserve sont une source encore plus grande de préoccupation qu'on le croyait, étant donné que leur usage est très répandu», a ajouté la stagiaire doctorale Jenny Carwile, première auteure de l'article.

Pour le chercheur Aziz Aris du Département d'obstétrique et de gynécologie de l'Université de Sherbrooke, «une bioaccumulation de 22,5 µg par litre en cinq jours est alarmante». «C'est une catastrophe! Cela veut dire qu'une personne qui est célibataire ou qui part en voyage de scouts ou en bateau et qui mangera cinq boîtes de soupe pourra atteindre une telle accumulation. C'est énorme!», lance-t-il tout en affirmant faire pleinement confiance aux auteurs de l'étude publiée dans le JAMA.

Aziz Aris s'intéresse au BPA depuis quelques années. Il a publié en 2009 un article relatant des niveaux élevés de BPA dans le sang maternel et du cordon ombilical de femmes enceintes. Il confirme, pour l'avoir mesuré en laboratoire, que le revêtement qui tapisse l'intérieur des boîtes de conserve — qui contiennent des soupes ou des plats préparés — et des canettes de boissons renferme beaucoup de BPA. Ce revêtement est fait d'une résine époxy qui sert d'isolant et prévient l'oxydation du métal. «Apparemment, ce revêtement libère beaucoup de bisphénol quand il entre en contact avec l'acidité des aliments, affirme M. Aris. Les soupes en conserve contiennent notamment de l'acide citrique et divers additifs, il y a plusieurs composés chimiques qui peuvent interagir avec le revêtement, mais rien n'est prouvé.»

Selon M. Aris, l'épaisseur du revêtement, qui varie beaucoup d'un contenant à l'autre — «parfois discret, parfois bien visible» —, pourrait aussi influencer le degré de libération de BPA dans les aliments.

À ce jour, l'utilisation du BPA a été interdite au Canada pour la fabrication des biberons uniquement. 

Source Le Devoir

***
  
Dans quel drôle de monde vivons-nous! D’un côté, d’honnêtes scientifiques et experts dans tous les domaines découvrent et inventent de nouveaux médicaments pour nous garder en vie EN BONNE SANTÉ, et le plus longtemps possible,  et d’un autre côté,  il y a de ces diables d’humains qui ne pensent qu’à nous détruire, nous empoisonner et même nous tuer.


May

1 commentaire:

  1. Bienvenue les petites soupes de MayWest et de Lora.
    Elles sont bonnes au goût et ne sont pas fatales pour notre système,

    RépondreEffacer