dimanche 27 novembre 2011

Émirats arabes unis: la prison pour des blogueurs pro-démocratie



Un tribunal des Émirats arabes unis, riche pays pétrolier épargné par le printemps arabe, a condamné à la prison cinq blogueurs et militants pro-démocratie.

Le blogueur émirati Ahmed Mansour a été condamné à trois ans de prison et ses quatre compagnons à deux ans.

Ils sont accusés d'avoir « publiquement insultés » le chef de l'État et incité la population à manifester et à boycotter les élections du Conseil national fédéral, selon le verdict prononcé alors que 200 personnes hostiles aux condamnés manifestaient devant le tribunal.

Ahmed Mansour est plus précisément condamné pour être à l'origine d'un forum Internet où s'exprimait la dissidence. Ingénieur de formation, il est membre du comité consultatif de la division Moyen-Orient de Human Rights Watch (HRW) et du Réseau arabe d'information sur les droits de l'Homme. La cour a ordonné la fermeture de son forum Internet al-Hiwar (le dialogue).

Plusieurs des condamnés, arrêtés en avril dernier, sont notamment signataires d'une pétition réclamant des réformes politiques, dont l'élection au suffrage direct et l'élargissement des pouvoirs du Conseil national fédéral, une instance consultative sans réels pouvoirs.

Un représentant de HRW présent au tribunal, Samer Muscati, a dénoncé un procès marqué par des « irrégularités des le premier jour ».

Cette décision est terrible. Cela montre qu'il n'y a pas de garantie d'un procès équitable aux Émirats.

— Samer Muscati, HRW

Tant HRW que Amnesty International, de même que plusieurs autres organisations de défense des droits de la personne, avaient appelé à la libération immédiate et inconditionnelle des cinq militants et l'abandon des charges.

Vendredi, à la lumière d'un rapport, HRW a dénoncé la campagne de menaces de mort, de diffamation et d'intimidation dont les accusés ont fait l'objet de la part de sympathisants du gouvernement et le refus de ce dernier d'enquêter sur cette dernière.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Reuters

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