vendredi 11 novembre 2011

L'Allemagne, ce modèle qui obsède les Français

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy au sommet du G20 à Cannes, le 2 novembre.

Son geste semble tout droit sorti d’une autre époque, où l’on se jurait ainsi une loyauté de frères de sang. Nicolas Sarkozy serre les poings, joint les mains et jette un regard à la caméra : “Tout mon travail, c’est de rapprocher la France d’un système qui marche, celui de l’Allemagne.” 

A l’occasion de son intervention ­télévisée du 27 octobre, Sarkozy a constamment affirmé sa symbiose avec “Madame Merkel*” : à l’avenir, les impôts et le budget des deux pays devraient être harmonisés. “L’état d’esprit, c’est la convergence avec nos amis allemands”, a-t-il clamé.

De fait, des hauts fonctionnaires des deux pays travaillent déjà à une harmonisation de la fiscalité des entreprises à l’horizon de janvier 2013. Sarkozy se plie au rapport de force actuel : avec un endettement équivalant à 87,4 % de son PIB [prévision pour la fin 2012], la France détient le record de l’endettement parmi les pays qui jouissent encore du triple A.

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Nicolas Sarkozy entre deux cordes


Cette photo extraite de celle exposée plus haut nous montre le visage d'un gars qui a l'air d'avoir passé la nuit sur la corde à linge, (et pas nécessairement avec la femme présente à ses côtés sur la photo ...)   « Son visage aux traits tirés n'a plus aucune grâce, ses yeux ne brillent plus de cette lueur si particulière aux hommes de convictions. » 

Il faut dire, hélas, que la corde raide sur laquelle il se balance depuis un certain temps a un effet déstabilisateur sur le clinquant du bling bling avec lequel il s'est haussé à la plus haute fonction de son pays, et qu'il s'est fait connaître à nous. 

Mais n'empêche qu'il reste encore suffisamment de grandeur à  ce grand-petit-homme d'importance internationale qui sème des médailles d'honneur à tous vents, entre autres, à ses plus fidèles amis. 

http://www.consulfrance-quebec.org/spip.php?article15420

May 

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La suite de l'article ... 

La balance commerciale française est déficitaire de 48,6 milliards d’euros [solde cumulé de janvier à août 2011], tandis que l’Allemagne, elle, affiche plus de 150 milliards d’euros d’excédents grâce à ses exportations. Résultat : pour surmonter la crise, les Français font davantage confiance à Mme Merkel qu’à M. Sarkozy.

Une sorte de culte de l’Allemagne s’empare peu à peu de la France. A elle seule, la langue allemande est déjà un gage de qualité. Aussi, à la ­télévision française, Opel vante [depuis sep­tembre 2010] ses produits en allemand : “Eine deutsche Technologie, eine deutsche Idee” (Technologie allemande, conception allemande). 

Ce n’est qu’à la fin que l’on a droit à un peu de français : “Pas besoin de comprendre l’allemand pour comprendre que cette Opel est une vraie voiture allemande.” Volkswagen aussi fait sa promotion dans la langue de Goethe [un spot, lancé fin 2010, montrait Karl Lagerfeld vantant les nouvelles Polo et Golf]. 

Et la réaction de Renault est également colorée d’une note germanique : le groupe publie dans la presse française des annonces pleine page sur un fond noir-rouge-jaune, aux couleurs du drapeau allemand, et qui citent les éloges de l’association d’automobilistes allemande Adac et du magazine Auto Bild. [Renault a également diffusé une parodie de la pub télévisée d’Opel.]

Les journaux français saluent le réseau allemand de moyennes entreprises, qui manque si cruellement dans l’Hexagone ; les classes favorisées envient le niveau relativement faible des charges sociales et les réformes du marché du travail. 

La gauche modérée, elle, s’extasie sur le sens du consensus des patrons allemands et la puissance des syndicats, tout en remarquant que, en Allemagne, on travaille en moyenne moins (1 390 heures par an contre 1 554 en France). On oppose en outre l’humilité d’Angela Merkel, ancrée dans le parlementarisme allemand, à “l’autoritarisme bonapartiste” de Nicolas Sarkozy. 

Seule réjouissance : un taux de natalité supérieur, que la France doit à ses mesures de soutien aux mères actives. Et les Allemands sont même les bienvenus sur des sujets autrefois brûlants : une historienne allemande [Gaby Sonnabend] vient d’être nommée directrice du musée de la Résistance de Besançon.

Note : * En français dans le texte.

Source Le Courrier international

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