lundi 7 novembre 2011

Italie: des taux d'emprunt record mais une dette gérée en famille


Troisième économie de la zone euro, l'Italie subit la pression des marchés pour éponger sa montagne de dettes, à l'heure où les taux d'emprunt italiens atteignent de nouveaux sommets.

Le rendement des obligations italiennes à dix ans a fait un nouveau bond de 0,33 point de pourcentage lundi pour s'élever à 6,58 %. C'est le plus haut niveau depuis la naissance de la zone euro en 1999.

Source d'inquiétude croissante pour les investisseurs, la dette de l'Italie atteint environ 1900 milliards d'euros, soit 120 % de son produit intérieur brut.

Le gouvernement de Silvio Berlusconi semble de plus en plus chancelant et la possibilité d'élections anticipées prend de l'ampleur. Mais le président du Conseil italien insiste sur le fait que sa coalition bénéficie d'un soutien suffisant au Parlement pour engager des mesures d'austérité.



Le Japon d'Europe

Malgré ce lourd héritage, l'Italie n'est pas la Grèce, ni même le Portugal, relativise l'économiste Henri Sterdyniak de l'Observatoire français des conjonctures économiques.

Paradoxalement, la lourde dette italienne est moins problématique que celle de plusieurs pays européens. Pourquoi? Parce que les Italiens financent eux même leur dette. En fait, près de la moitié de la dette de Rome est entre les mains d'investisseurs nationaux.

« L'Italie est traditionnellement un pays très endetté, où les ménages ont toujours des taux d'épargne extrêmement forts, explique Henri Sterdyniak. La particularité de l'Italie, c'est un peu le modèle japonais, c'est qu'il y a une forte dette publique, mais elle est détenue, sans problème, par les ménages italiens ».

La Belgique qui flirte avec une dette publique autour des 100 % de son PIB est dans la même situation, ajoute-t-il.

Bref, si au premier coup d'oeil le pays semble mal en point, les investisseurs auraient tort de concentrer leur attention sur l'endettement du pays.

"Les marchés ne devraient pas s'inquiéter pour l'Italie."  L'économiste Henri Sterdyniak

En juillet 2011, l'agence de notation américaine Moody's affirmait d'ailleurs que la dette de l'Italie était gérable, malgré un poids similaire à la dette grecque.

Source RDI

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