mardi 20 décembre 2011

Agent orange : dédommagement refusé pour diagnostic trop tardif


Le gouvernement canadien a rejeté la demande de dédommagement d'une femme mourante de Winnipeg parce que sa maladie a été diagnostiquée après la date butoir.

Debbie Bertrand, 57 ans, souffre d'un cancer du poumon en phase terminale causé par une exposition à l'Agent Orange alors qu'elle vivait sur la base militaire de Gagetown, au Nouveau-Brunswick, dans les années 60. Sa maladie n'a toutefois été diagnostiquée qu'en août, un peu moins de deux mois après la date limite pour faire parvenir sa demande de compensation.

Debbie Bertrand affirme qu'elle se sentait malade bien avant le mois de juin, mais qu'elle n'a pas pensé à consulter son médecin parce qu'elle croyait que ses symptômes étaient liés au stress du travail. De plus, elle faisait régulièrement des heures supplémentaires comme fonctionnaire pour l'assurance-emploi à cause de la grève des postes. Sa fille, Amy Bertrand, explique également que sa mère ne voulait jamais manquer de travail pour aller consulter un médecin.

Debbie Bertrand s'est toutefois rendue à l'hôpital en août parce qu'elle s'est mise à cracher du sang. Les médecins ont diagnostiqué un cancer avancé, impossible à opérer. Lorsqu'elle a tenté d'obtenir une indemnisation pour sa maladie, le ministère des anciens Combattants a décrété que son diagnostic ayant été établi en août, elle ne se qualifiait pas pour le dédommagement. Le ministère lui a également expliqué qu'une demande peut être acceptée après la date limite, s'il est démontré qu'il y a eu des circonstances indépendantes de la volonté du demandeur; son diagnostic tardif ne se plaçait toutefois pas dans cette catégorie.

Debbie Bertrand déplore le manque de souplesse de la part du ministère des Anciens Combattants. Elle admet qu'elle aurait dû consulter plus tôt, mais elle explique qu'elle préférait servir le public plutôt que de s'occuper d'elle-même. Elle rappelle également que plusieurs personnes sont probablement malades sans le savoir, comme elle, et vivront aussi ce cauchemar.

L'Association venant en aide aux victimes de l'Agent Orange au Canada mentionne effectivement que le cas de Debbie Bertrand n'est pas le seul. Selon la présidente, Carol Brown Baker, au moins dix personnes se trouvent dans la même situation au pays. D'autres ont également été refusés à cause de formalités administratives, comme le fait que leur maladie ne fait pas partie de la liste des 12 maladies reconnues par le gouvernement fédéral comme étant liées à une exposition à l'Agent Orange. D'autres ont essuyé un refus parce que l'exposition s'est faite à une résidence secondaire et non à la résidence permanente du demandeur.

Source: RDI

31 décembre 2011 - Mise à jour : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2011/12/30/001-ottawa-indemnisation-victimes-agent-orange.shtml

1 commentaire:

  1. Comme n'importe quelle assurance, toutes les raisons sont bonnes pour ne pas payer les victimes.
    En tant que ministère des Anciens Combattants, il devrait faire un effort.
    Ça me fait chier royalement comme bien d’autres choses.
    Lolo

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