samedi 31 octobre 2015

Outil du N.O.M. : la migration européenne massive

Après l'attentat de Charlie Hebdo, voici la migration massive vers l'Europe, tous deux programmés pour déstabiliser les Européens et leur faire perdre leur identité.
Le point de vue du site anglo-saxon The Freedom Articles.

Traduit par Hélios

Cette migration actuellement en cours est une crise de proportions épiques. Elle est aussi totalement alignée avec les buts du Nouvel Ordre Mondial. Ce n'est pas une coïncidence, à de nombreux niveaux, si l'Europe est inondée d'immigrants. Les artisans de guerre savaient ce qu'ils faisaient en envahissant une petite nation comme la Syrie et en armant des groupes terroristes (ISIS, Al-Nusra, Free Syrian Army, etc.). Il y a maintenant dix nations étrangères au moins qui combattent en Syrie (US, Grande-Bretagne, France, Israël, Turquie, Arabie Saoudite, Iran, Irak, Russie et Chine), ce qui élève manifestement le risque d'une troisième guerre mondiale. C'est cependant plus qu'une simple histoire de réfugiés car il y a des preuves d'un surprenant nombre de migrants qui ne sont pas des réfugiés syriens. La migration en masse vers l'Europe est un nouvel exemple du "ordo ab chao" ou l'ordre à partir du désordre, la devise du NOM – créer la confusion et le désordre afin de pouvoir plus facilement modeler l'ordre idéal (une dictature fasciste/communiste mondiale).

La soudaine migration en masse sans contrôle vers l'Europe se terminera forcément en catastrophe

Sur des sujets de ce genre, il est important de se souvenir que le politiquement correct, une invention venant en droite ligne de l'École de Francfort sponsorisée et financée par les Rothschild, sert souvent à museler les diseurs de vérité et, dans le plus pur style orwellien, à limiter la portée des opinions et discours acceptables.

Nous assistons au plus grand mouvement de masse depuis la fin de la seconde guerre mondiale en 1945. Il est absolument incontrôlé. Certains ont décrit cette soudaine migration en masse de réfugiés musulmans et arabes vers l'Europe comme une invasion, pendant que d'autres disent avec insistance qu'"aucune personne n'est illégale" et qu'il vaudrait mieux avoir un monde sans frontière. Il est facile d'écarter ceux ayant la première opinion comme racistes ou xénophobes, mais réfléchissez un peu : comment un pays ou une région va-t-il gérer des dizaines ou des centaines de milliers de migrants arrivant soudainement à sa porte en demandant de l'aide ? Il est facile d'imaginer que les personnes vivant déjà là le ressentiraient comme un envahissement ou une menace, même si tous les migrants sont bien intentionnés.

Une immigration peut fonctionner correctement quand le pays de destination a le temps de passer en revue qui pénètre chez lui et qu'il a son mot à dire sur le nombre de gens et leur identité. Elle se passe au mieux quand les migrants se mêlent et s'assimilent à leur nouvelle nation, en apprenant la langue et en adoptant un minimum de la nouvelle culture. S'ils résistent à le faire, on finit avec des poches d'ethnies et de nationalités distinctes dans un plus grand pays, moins de cohésion sociale et une société moins connectée et moins intégrée. Cela se termine dans le pire des cas par des conflits internes avec des groupes essayant d'imposer leurs religions, leurs croyances culturelles ou politiques aux autres groupes, si besoin par la force.

Combien d'authentiques réfugiés parmi les migrants ?

Bien sûr, quand un pays se retrouve soudain engouffré dans une guerre ou écrasé par un dictateur brutal qui commence à faire tuer les gens, les citoyens vont se sauver. Si votre pays est ravagé par la guerre, ne voudriez-vous pas vous enfuir à toutes jambes ? Dans ces cas-là, pas le temps d'échanger des formules de politesse ou de faire une "migration idéale" où les pays de destination pourront filtrer et choisir qui va entrer. Dans de telles situations, la seule réponse compatissante est d'accueillir les gens et de les aider. Avec la migration massive en cours vers l'Europe, mon cœur va vers ces Syriens et autres réfugiés qui cherchent à sauver leurs vies.

Un étrange élément cependant dans toute cette crise de réfugiés en Europe est qu'il n'y a pas que des femmes, des enfants ou des pères de famille parmi les migrants. En fait, tous ne semblent pas être d'authentiques réfugiés (comme l'explique Nigel Farage). Il y en a beaucoup qui ne sont pas syriens (jusqu'à 45 %, ce qui ne correspond pas aux statistiques des Nations-Unies). Il y a de nombreux jeunes hommes musulmans parmi les migrants qui semblent célibataires, sans famille à soutenir. Certains refusent la nourriture – vraisemblablement parce qu'elle n'est pas halal. Un véritable réfugié refuserait-il vraiment de la nourriture juste parce que sa religion lui dit qu'elle doit être préparée d'une certaine façon ? Certains migrants provoquent des émeutes. Pourquoi les riches pays arabes ne prennent-ils pas de réfugiés ? L'ISIS a même déclaré utiliser le phénomène de migration en masse vers l'Europe pour infiltrer les pays européens avec les membres de son groupe !

Il est clair qu'il y a anguille sous roche concernant cette crise. Les médias cachent des faits importants sur cette migration massive en Europe. Pourquoi les personnages politiques de l'Union Européenne (comme la chancelière allemande Merkel) incitent-ils à donner un tour positif à la situation (Merkel a été surprise en train de parler avec le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg, qui a assuré que Facebook censurerait les messages anti-migrants) ?

La migration en masse est un outil du NOM

Le NOM possède depuis longtemps des programmes de migration de masse (souvent présentés comme du multiculturalisme) comme moyen de perturber et de diluer la culture du pays de destination. Avec le métissage apporté par les nouveaux immigrants, il est bien plus facile pour les contrôleurs d'une société donnée de faire passer des lois restrictives, parce qu'il y peu de chance que les nouvelles personnes, en cours de familiarisation avec les normes culturelles et légales de cette société-là, s'y opposent. Cela fournit aussi aux contrôleurs une plus grosse masse de gens susceptibles de voter pour augmenter la taille du gouvernement (par exemple pour des aides sociales de l'état) et une plus grosse masse de travailleurs bon marché aussi. Comme l'écrit Jon Rappoport :
« La migration de populations est un autre élément-clé du fonctionnement global. Par exemple, en Europe, le plan implique d'importer, rapidement, tellement de gens que les communautés seront submergées et les traditions et coutumes seront noyées et se perdront. En d'autres mots, c'est créer une seule population européenne de facto qui dissoudra toutes les frontières et les différences.  Ce résultat sera bien sûr acclamé comme le triomphe de l'égalité, mais c'est une imposture. C'est un prétexte. Une migration de masse n'a rien à voir avec. »
Réfléchissez – qui se trouve dans la meilleure position pour faire des changements ou influencer la politique : ceux qui ont grandi et vécu dans le pays la plus grande partie de leur vie (et qui en connaissent donc les traditions, coutumes et lois), ou de nouveaux immigrants qui essaient tout juste de survivre et de se construire une nouvelle vie dans un lieu étranger ? Quel groupe sera le plus facile à embobiner ou à manipuler ? Il est clair qu'une société tentant de s'ajuster à un afflux de nouveaux immigrants va davantage se focaliser sur la manière de gérer le changement que d'observer de près ses dirigeants. 
 
Connaissant la réputation des manipulateurs du NOM, il semble évident qu'ils encouragent une migration de masse vers l'Europe comme outil pour créer des conflits, du désordre et de la division au sein de l'Europe, afin de mieux perpétuer le pouvoir de la structure fasciste de l'UE.

Une migration massive forcée, soudaine, incontrôlée n'est pas une célébration de la diversité. C'est une tentative délibérée des manipulateurs du NOM de saper certaines nations et sociétés.

Conclusion : ce n'est qu'en respectant notre individualité et nos différences culturelles que nous pourrons nous unir

Des gens qui se rassemblent sciemment et de leur plein gré est une chose merveilleuse – mais seulement si c'est un libre choix, d'une manière qui respecte toujours leur individualité inhérente et leur différences culturelles. Il y a moyen pour que le monde s'unisse dans le respect avec une admiration pour nos différences. L'agenda du NOM ne parle que de centralisation des peuples et des nations – de pouvoir – par la force et la coercition et en piétinant et méprisant la singularité des peuples et des cultures. Il n'est question que de niveler les gens en les écrasant, de les enfermer dans des croyances et règles rigides et de les normaliser et les homogénéiser comme des briques de lait afin qu'ils soient plus faciles à manier et à exploiter.

Un gouvernement mondial unique basé sur ce type de coercition et d'homogénéisation ne fonctionnera jamais, parce qu'en chaque individu existe un esprit de liberté qui exige libre choix et respect. Il nous incombe cependant de manifester pleinement cet esprit parce que moins nous le ferons, plus nous autoriserons la tyrannie mondiale à prospérer.
 

mercredi 28 octobre 2015

Les réformes économiques russes saluées dans le classement Doing Business

La nouvelle position de la Russie dans le classement Doing Business, qui occupe désormais la 51e place (la 62e l’année précédente), continue à refléter la tendance positive des changements économiques des quatre dernières années, souligne la responsable des programmes de la Banque mondiale pour la Russie Sylvie Bossoutrot.

Les résultats des régions russes concernant les branchements aux réseaux électriques sont remarquables, souligne Mme Bossoutrot citée par le communiqué de la banque. Un tel progrès est largement lié aux réformes entreprises dans ce domaine. 
Le progrès dans la sphère des règles économiques est considérable, avec notamment la simplification de l'enregistrement des entreprises à Moscou. Les délais d'ouverture des comptes bancaires pour les personnes morales ont été pour leur part diminués. 
L'indice russe d'évaluation de la qualité d'administration des territoires est plus important qu'aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et dans les BRICS. Cet indice comprend 30 critères destinés à évaluer la sécurité, la transparence et le réseau géographique du système d'administration des territoires. 
La Russie montre des changements positifs dans les domaines des crédits et des impôts, deux sphères économiques de grande importance, avec des amendements législatifs apportés. Le commerce extérieur, la construction et la défense du climat d'investissements font partie des domaines dont le développement devrait être considéré comme prioritaire en Russie, estime Mme Bossoutrot. 
C'est le 13e rapport du Doing Business, qui porte sur 189 pays. Les normes régulatrices qui poussent ou empêchent le développement des affaires, notamment la création d'entreprise, les affaires, le commerce extérieur, le paiement des impôts, ainsi que le niveau de la défense des droits des Les résultats des régions russes concernant les branchements aux réseaux électriques sont remarquables, souligne Mme Bossoutrot citée par le communiqué de la banque. Un tel progrès est largement lié aux réformes entreprises dans ce domaine.

Source: Sputnik.fr

dimanche 25 octobre 2015

Les alliés de Washington se pressent à la porte de Poutine

 

Les alliés des Etats-Unis sont de plus en plus convaincus que Barack Obama perd en influence dans la guerre en Syrie et la lutte conte l’EI, selon un journaliste de Foreign Policy.

Les alliés clés des Etats-Unis commencent à s'adresser à Moscou et non pas à Washington compte tenu des derniers évènements internationaux, estime Dan De Luce, correspondant du magazine Foreign Policy.
 
Les Syriens disent merci aux Russes
 
 
La récente visite du ministre saoudien de la Défense Mohammed ben Salmane à Sotchi témoigne, selon lui, à quel point la « dynamique de pouvoir » a changé au Proche-Orient et indique que Vladimir Poutine envisage de prendre le relais de «faiseur de rois» à Barack Obama. Les délégations de haut rang d'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe frappent à la porte de Poutinen et non pas au Bureau ovale (cabinet de travail du président américain — ndlr.), souligne-t-il.

La visite du ministre saoudien, estime Dan De Luce, fait penser que ce pays, qui a armé les rebelles syriens, pourrait accepter un marché en vertu duquel le président Assad resterait au pouvoir plus longtemps si les deux parties conjuguent leurs efforts dans la lutte contre l'Etat islamique. Or, des observateurs se demandent si cette visite avait reçu l'aval de Washington ou si c'était une décision des autorités saoudiennes.
Российская боевая авиагруппа на аэродроме Хмеймим в Сирии
 
 
Les alliés clés des Etats-Unis, préoccupés par l'accord survenu entre Washington et Téhéran, sont de plus en plus enclins à penser qu'Obama perd en importance et en puissance lorsqu'il s'agit de la guerre civile en Syrie ou de la lutte contre l'Etat islamique.

Alors que les Etats-Unis soutiennent des alliances durables au Proche-Orient et exercent une grande influence militaire et économique, certains de leurs partenaires cherchent à se procurer des garanties, étant donné les événements qui ont lieu actuellement en Syrie, et expriment des doutes quant aux positions américaines tout en étudiant les initiatives russes.
 
L'Egypte, un autre allié clé de Washington dans la région, essaie lui aussi d'améliorer ses relations avec la Russie. Le président Fattah al-Sissi a visité Moscou quatre fois depuis le coup d'Etat survenu dans le pays en 2013 et a reçu Poutine au Caire en février 2015. Il n'a visité les Etats-Unis que deux fois.
SU-24 russe. Lattaqué. Syrie
 
 
Israël a lui aussi frappé à la porte de Poutine, note le journaliste, faisant référence à la rencontre entre Poutine et le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou en septembre.

La Maison blanche espère, selon De Luce, que la Russie trébuchera en Syrie. Mais Vali Nasr, ancien fonctionnaire de haut rang au Département d'Etat américain, fait ressortir que si Moscou arrive à utiliser ses succès pour régler la crise syrienne, il l'utilisera pour augmenter son influence au Proche-Orient, en Asie et en Ukraine.
 
« De nombreux autres pays dans d'autres régions peuvent arriver à la conclusion que ce n'est pas l'Amérique qui est la nation indispensable », a encore dit Vali Nasr.

Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/international/20151017/1018907470/russie-usa-poutine-influence.html#ixzz3pcrIquy1
 
Source; Sputnik.fr

mardi 20 octobre 2015

« Quand la France comprendra-t-elle que la Russie est notre allié le plus naturel ? »

 
Entretien avec
 
 
Depuis quelques semaines, on assiste au grand retour de la Russie sur la scène internationale. Ce qui ne fait apparemment pas plaisir à tout le monde. Est-ce un pas vers le monde multipolaire à venir ?
 
La déclaration de guerre de la Russie à Daech est un fait de première grandeur. En s’imposant comme un acteur incontournable dans la question syrienne, elle prend de court les États-Unis et leurs alliés. Par son réalisme, son sens géopolitique, son intelligence stratégique, Vladimir Poutine confirme ainsi le statut de puissance internationale de la Russie.
 
Mieux encore : il est en train de constituer, avec l’Iran, la Chine et d’autres pays émergents, un bloc eurasiatique qui bouleverse toute la donne géostratégique. L’OTAN doit désormais compter avec l’Organisation de coopération de Shanghai. C’est en effet un pas vers l’émergence d’un monde multipolaire, c’est-à-dire un rééquilibrage des rapports de force dans le monde.
 
On verra dans les prochaines semaines comment évolue la situation sur le terrain. Mais on voit bien dès maintenant que, contrairement à la France, qui ne fait que des frappes homéopathiques, et aux États-Unis, qui font la guerre sans intention de la gagner, le Kremlin a engagé tous les moyens nécessaires. Poutine, dont la presse occidentale disait sans rire il y a encore trois mois qu’il s’apprêtait à « lâcher le régime syrien », a obtenu le feu vert de son Parlement et s’est assuré du soutien des vingt millions de musulmans que compte son pays.
 
Contrairement aux Américains et à leurs alliés, il intervient conformément au droit international, avec l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU et à la demande des Syriens. Et il le fait pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il est impensable pour lui de laisser les islamistes de Daech s’emparer de la Syrie, qui abrite à Tartous la seule base russe de la région. Ensuite parce que c’est une belle occasion pour lui d’éliminer sur place quelques milliers de djihadistes russes originaires du Caucase. Enfin, et surtout, parce qu’avec cette intervention, il s’impose d’emblée à la face du monde comme la grande puissance montante avec laquelle il faut désormais compter.
 
Dans l’affaire syrienne, il y a ceux qui veulent en finir avec Daech et ceux pour qui l’éviction de Bachar el-Assad est la priorité. Est-ce vraiment ainsi que se pose le problème ?
 
Se demander dans l’abstrait qu’est-ce qui est le pire, une dictature ou un réseau terroriste comme Daech, est une très mauvaise façon de poser le problème. Le « pire » est toujours relatif à une situation donnée. La seule véritable question qui se pose est celle-ci : qu’est-ce qui est le plus contraire à nos intérêts ? Si c’est la dictature, alors il faut se battre contre la dictature ; si c’est le réseau terroriste, alors c’est lui qu’il faut affronter.
 
Dans le cas de la Syrie, la réponse est simple. La barbarie islamiste de Daech nous menace, alors que le régime de Bachar el-Assad ne nous a jamais menacés. Contre la première, il faut donc soutenir le second. Mais le fond du problème, c’est la russophobie. Pour les États-Unis comme pour la France, l’objectif numéro un, c’est avant tout de réduire l’influence russe. Damas étant l’allié de Moscou, l’élimination de Bachar el-Assad devient dès lors la priorité.
 
On reproche ainsi aux frappes russes de viser, non seulement Daech, mais les rebelles syriens qui combattent le régime légal de Damas. Mais pourquoi ne le feraient-elles pas ? Vladimir Poutine sait très bien que, dans l’affaire syrienne, il n’y a pas d’« islamistes modérés », mais seulement des rebelles armés, alliés objectifs des terroristes, que les forces armées syriennes sont les seules à combattre réellement l’État islamique et que l’élimination du régime alaouite ouvrirait les portes de Damas à Daech.
 
Vous noterez, au passage, le caractère grotesque des réactions scandalisées fulminées par les États européens membres de l’OTAN au motif que des avions russes auraient effleuré la frontière aérienne turque, au moment même où ces mêmes États acceptent que leurs propres frontières, terrestres celles-là, soient violées tous les jours par des milliers d’immigrés illégaux venus pour la plupart de Turquie !
 
Du coup, grande est l’impression que la France joue toujours avec un coup de retard…
 
La France, en effet, n’est pas seulement alignée sur l’Amérique, elle a aussi toujours un temps de retard. En 2013, François Hollande annonce qu’il va bombarder Damas, puis se ravise parce que Washington a décidé de faire marche arrière. L’année suivante, il prend des sanctions contre la Russie, puis décide de recevoir Poutine parce qu’Obama l’a reçu avant lui.
 
Aujourd’hui, sous l’influence du plus exécrable ministre des Affaires étrangères de la Ve République, Laurent Fabius, il persiste à exiger le départ de Bachar el-Assad, que ne demandent plus ni les Américains ni les Allemands, ce qui est à peu près aussi réaliste que si les démocraties occidentales avaient fait du départ de Staline un préalable à leur alliance avec l’URSS contre Hitler !
 
Après avoir achevé l’œuvre d’atlantisation de la diplomatie nationale entamée sous Nicolas Sarkozy, la France adopte, face à Moscou, une position de guerre froide que rien ne justifie, sinon son alignement total sur la politique de l’OTAN, et continue à prétendre décider à la place des Syriens de qui doit diriger la Syrie. N’ayant plus aucune politique étrangère indépendante, elle est, en fait, condamnée à jouer petit bras.
 
Après quatre ans de soutien aux pétromonarchies du Golfe et aux bandes islamistes anti-Assad, elle voit s’effondrer toutes ses hypothèses et n’est plus en position de se poser en médiateur nulle part. Plus personne ne l’écoute, elle ne compte pour rien, elle est hors jeu. Quand comprendra-t-elle que la Russie est notre plus naturel allié ?
 
Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

Source: Boulevard Voltaire
 

vendredi 16 octobre 2015

Crimes sans châtiment : Révélations sur les filières terroristes de Paris




Mondialisation.ca, 16 octobre 2015
B.I. Infos 14 mars 2013

"Les noires complicités de la France"
 
 
Avec “Crimes sans Châtiment”, l’auteur met à jour tout un système de complicités entre les dirigeants politiques français et des groupes islamistes criminels. De 1990 à 2012, de l’Algérie à la Syrie, la confrérie des Frères musulmans reçoit le soutien de Paris dans ses coups d’État contre les pays du Bassin méditerranéen. Entrevue de Jean-Loup Izambert par Louis Dalmas (B.I. Infos, no. 185, mars 2013).
 
B.I. : En juin 2012 vous annonciez la parution prochaine de votre ouvrage sous le titre provisoire de “La ligne jaune”. Le titre a changé depuis. Pourquoi ?
 
Jean-Loup Izambert : D’abord, il m’a fallu près d’une année avant de trouver un éditeur libre et indépendant digne de ce nom sur la vingtaine qui ont reçu mon manuscrit. Pendant ce temps, l’évolution de la situation internationale a montré que les dirigeants occidentaux ne se contentaient pas de franchir la ligne jaune entre la guerre et la paix.
 
Le fait est acquis qu’ils déclenchent des conflits en bafouant la souveraineté des peuples, en piétinant la Charte des Nations Unies, ses résolutions comme les conventions internationales. Les guerres ouvertes contre la Libye puis contre la République arabe syrienne font suite à celles déjà enclenchées dans des conditions similaires contre l’Afghanistan, l’Irak, la République fédérative de Yougoslavie et plusieurs pays d’Afrique dont la Côte d’Ivoire ou le Mali. Elles témoignent de la volonté des dirigeants des mêmes pays occidentaux – USA, Angleterre et France en principal – de passer outre le droit international pour piller les richesses des peuples, contrôler les grands axes de communication qu’ils jalonnent et y installer des régimes militaro-financiers.
 
Ils bénéficient dans ces nouvelles guerres coloniales du soutien peu flatteur des dictatures pétro-religieuses du golfe Persique et de l’intervention du Fonds monétaire international. L’embargo contre la République islamique d’Iran afin d’empêcher son développement et d’y provoquer des troubles en est un autre exemple. Ces crimes sont prémédités, planifiés, discutés entre princes et sont le fait des mêmes États, tous membres de l’OTAN. Autre élément important : ils sont restés sans châtiment, sans réplique, tant sur le terrain politique, diplomatique, économique que militaire, du moins pour le moment.
 
L’Eurasie, bloc de paix contre les guerres étasuniennes
 
Q : Quels éléments pourraient changer le cours des choses ?
 
R : Trois facteurs sont à prendre en compte. D’abord, l’Eurasie émerge et s’organise politiquement, économiquement, financièrement et militairement avec ses partenaires sous l’impulsion de Moscou et de Pékin. La première puissance mondiale est en cours de constitution sur la base des idéaux de paix, de progrès économique et social et d’anti-impérialisme. Cet aspect est évoqué dans le livre au travers de l’intervention du politologue Alain de Benoist.
 
Cela signifie que dans le temps, de gré ou de force, toutes les bases militaires étasuniennes installées dans des pays de l’Eurasie devront disparaître pour céder la place aux forces de la paix. Ce mouvement est à prolonger sur la petite Europe de Maastricht et le bassin Méditerranéen.
 
Pour sa part, le politologue camerounais Jean-Paul Pougala situe bien les enjeux sur les vraies raisons de la guerre contre la Libye. Ensuite, les principaux acteurs de l’Eurasie commencent à parler d’une seule voix dans les instances internationales. Ainsi, sans le veto commun de la Fédération de Russie et de la République Populaire de Chine au Conseil de sécurité de l’ONU, rejoints aujourd’hui par de nombreux autres pays au sein des Nations Unies, nous connaîtrions actuellement un conflit militaire majeur. Il ne faut pas oublier qu’après “l’expérience” diplomatique malheureuse avec la Libye, la Fédé-ration de Russie a clairement mis en garde les gouvernements bellicistes contre tout nouvel acte de guerre contre la République arabe syrienne, Ceux qui, comme les États-Unis, la France, la Turquie de l’islamiste Erdogan et son partenaire Israël ont jugé bon de soutenir les gangs criminels islamistes de la nébuleuse des Frères musulmans ont pris une lourde responsabilité. Enfin, troisième facteur et non des moindres, ces États ont semé le ferment de la haine à leur encontre.
 
Q. : C’est-à-dire ?
 
R : Croyez-vous que les enfants palestiniens qui ont vu leurs familles assassinées par l’armée de l’État raciste et terroriste d’Israël qui viole depuis des décennies les résolutions de l’ONU vont se contenter longtemps de la “guerre des pierres “ contre l’agresseur ? Croyez-vous que les Libyens qui ont vu les leurs mourir sous les bombes à uranium de l’OTAN ou assassinés par des bandes islamistes armées par la France vont rester les bras croisés devant le massacre et l’occupation de leur pays ? Croyez-vous que les Syriens vont mourir en silence dans les lâches attentats suicides de gangs islamistes armés par l’Occident et la Turquie sans réagir ? Si vous regardez la carte des conflits dans les pays arabes depuis les années 90, vous constaterez que la France a toujours protégé et armé des mouvements permettant de provoquer leur déstabilisation. J’en fais la démonstration en prenant pour exemple les relations entre dirigeants français et ceux de plusieurs organisations proches des Frères musulmans. Quand les peuples vont avoir conscience de ces faits, ce qui commence à se produire en Tunisie ou en Egypte, et qu’ils se seront débarrassés des pouvoirs installés par la Sainte-Alliance Washington-Londres-Paris, les Français pourront toujours essayer d’exporter du camembert au Qatar.
 
L’Elysée, “carrefour” du grand banditisme
 
Q : Vous mettez en cause les dirigeants français, Nicolas Sarkozy et François Hollande, et des dirigeants du renseignement français en contact avec des organisations proches de groupes terroristes…
 
R : Je ne les mets pas en cause. Je les accuse de couvrir soit des criminels associés à des groupes extrémistes islamistes, soit de soutenir des organisations qui sont liées à ces groupes et de pactiser avec des dictatures comme celles du Qatar, de l’Arabie saoudite ou du Bahreïn.
 
Q : Dans votre livre vous montrez comment se fabriquent des “oppositions” et vous citez les cas de plusieurs dirigeants d’organisations islamistes bénéficiant du soutien des dirigeants français dans les guerres contre la Libye et la Syrie. Pouvez-vous nous rappeler quelques exemples ?
 
R : Sans entrer dans les détails, concernant Nicolas Sarkozy, celui-ci a été quatre fois ministre dans quatre gouvernements UMP dont deux fois ministre de l’Intérieur avant d’être élu Président de la République en 2007. Comme je le démontre, alors qu’il occupait ces fonctions, des ministères à la présidence, il ne pouvait ignorer que des membres de l’organisation islamiste tunisienne Ennahda recherchés par Interpol pour des actes criminels étaient en France depuis le début des années quatre-vingt-dix.
 
Certains des membres d’Ennahda auraient du reste été retournés et sont aujourd’hui dans les rangs du pouvoir tunisien pour orienter sa politique étrangère, économique, financière et militaire en faveur des puissances coloniales. Par ailleurs Sarkozy a été le promoteur de l’intervention militaire contre le peuple libyen et l’initiateur de relations privilégiées avec les putschistes islamistes. A ce titre, comme Président de la République française et chef des armées, il est responsable de la violation des résolutions de l’ONU dans ce conflit et responsable de crime contre l’humanité du fait de l’utilisation d’armes à uranium par les armées de l’OTAN.
 
Q : Et aujourd’hui, concernant François Hollande ?
 
R : Les Français qui ont voté pour lui découvrent qu’en réalité il poursuit la même politique que son prédécesseur de l’UMP. Je ne reviendrai pas ici sur les données concernant l’aggravation de la crise que je développe dans mon livre. Depuis 1981, à chaque fois que les socialistes ont été au pouvoir, ils ont administré les affaires de l’Etat comme des compteurs de petits pois, sans jamais rien remettre en cause de l’organisation et de la gestion de l’Etat au profit des transnationales de la finance et de l’armement. C’est le propre de tous les partis réformistes sur tous les continents : gérer le capitalisme quand celui-ci est en difficulté. Or, le terrorisme n’est rien d’autre que l’expression du capitalisme en crise qui ne peut plus supporter la moindre parcelle de démocratie, le moindre obstacle à sa survie.
 
Aussi, je pense que le ministre de l’Intérieur du gouvernement Ayrault, Manuel Valls, devrait se montrer plus humble lorsqu’il accuse la droite d’être “responsable du retour du terrorisme” comme il l’a fait lors d’une séance à l’Assemblée nationale à la mi-novembre 2012. Qu’il commence par nettoyer son écurie ! Comme je le rapporte dans mon enquête en posant des questions, des ministres de l’Intérieur socialistes ont, avec des dirigeants du renseignement français, couvert des individus, membres d’une organisation islamiste, recherchés par Interpol pour des actes criminels et association à une organisation extrémiste terroriste.
 
L’Elysée est devenu une sorte de “carrefour” du grand banditisme où le “Tout-Paris” de la Françafrique croise les pires dictateurs de la planète – du Qatar, de l’Arabie saoudite, du Bahreïn, – et les représentants de groupes criminels comme le Conseil national de transition libyen ou le Conseil national syrien. Ces gens là sont les financiers et les organisateurs de groupes qui se livrent au crime organisé à grande échelle, trafic de drogues compris. Il est particulièrement grave de voir les dirigeants français et de l’OTAN leur donner caution, les financer et les armer.
 

jeudi 15 octobre 2015

Le nouveau bon désordre mondial

Ghassan Kadi
The Saker
sam., 03 oct. 2015 06:15 UTC
 
Le récent discours du président Poutine à l'Assemblée générale des Nations unies a révélé au reste du monde l'ampleur des mensonges et de l'inefficacité de l'Occident. De plus, l'initiative militaire russe en Syrie qui a suivi presque immédiatement ce discours a laissé tous les ennemis de la Syrie dans une impasse, confus et pantois.

Simultanément, le secrétaire d'État Kerry dit qu'il veut coopérer avec la Russie tandis que les autres responsables états-uniens se disent préoccupés par le rôle de cette dernière et demandent l'arrêt de son intervention militaire. Israël est très préoccupé par le couvre-feu imposé par les Russes à son aviation dans le ciel syrien. Pour ajouter aux malheurs d'Israël, quelques fuites indiquent que le Hezbollah a reçu de l'Iran des missiles anti-aériens sol-air SA-22 de dernière génération. La Turquie est furieuse parce que la Russie aurait attaqué l'Armée syrienne libre (FSA dans son sigle anglais). Les Saoudiens demandent que la Russie cesse son assaut, et tous les soi-disant islamistes protégés souhaitent que les Russes soient ramenés en Russie dans des linceuls pour rejouer ce qui s'est passé en Afghanistan.

La Russie démontre clairement qu'il n'y a aucune différence entre l'une ou l'autre des forces armées illégitimes qui opèrent en Syrie et qu'elle est là pour soutenir l'armée syrienne et le gouvernement élu, indépendamment de ce que l'Occident et ses partisans disent, veulent ou pensent. Lavrov ne pouvait pas l'exprimer plus crûment lorsqu'il a dit que «s'il ressemble à un terroriste, s'il marche comme un terroriste, s'il combat comme un terroriste, c'est un terroriste, non ?»

En fait, on peut être presque certain que les premières attaques russes ont délibérément frappé autant de groupes différents que possible dans le but, pour la Russie, d'envoyer le message clair qu'elle ne fait aucune distinction entre les divers groupes terroristes et qu'elle a l'intention de tous les détruire. Le président Poutine a fait une remarque très subtile lorsqu'il a dit que les combattants étrangers en Syrie ne devraient pas être autorisés à rentrer chez eux. Logiquement, cela implique qu'il pensait qu'ils seraient tous tués ou capturés.

L'intervention militaire russe est indéniablement un acte sans précédent, qui marque le véritable début d'une nouvelle ère géopolitique. C'est un pas beaucoup plus important que les diverses étapes qui ont précédemment signalé la fin de l'ère du Nouvel ordre mondial. [US NWO, NdT] La fin de l'hégémonie du Nouvel ordre mondial était déjà apparue clairement en Ukraine, puis en septembre 2013, en Méditerranée occidentale [pour empêcher le bombardement de la Syrie, NdT], indiquant que l'Amérique n'est plus le leader mondial incontesté.

L'ancienne nation syrienne était destinée à être le lieu où cette nouvelle phase historique de la géopolitique a émergé et où un changement fondamental a été imposé. Lorsque nous utilisons le terme imposé, nous devons définir la nature de cette imposition, parce que les présidents Poutine et Assad imposent le droit international et les accords bilatéraux ; contrairement à la multitude de coalitions menées par les États-Unis, qui ont envahi des pays pour renverser leurs gouvernements légitimes, piller leurs ressources et leurs infrastructures et détruire leurs économies.

Donc les États-Unis sont maintenant pris entre le marteau et l'enclume. Pour la première fois depuis très longtemps, ils sont contraints d'admettre qu'ils ne sont plus l'unique superpuissance mondiale. En outre, ils se retrouvent à devoir accepter qu'un développement international majeur s'est produit en Syrie contre leur volonté et qu'ils sont incapables de l'arrêter. Mais l'acceptation par l'Amérique du nouveau statu quo et l'abolition du Nouvel ordre mondial post-URSS n'est pas le principal dilemme auquel elle doit faire face. Aux yeux des politiciens américains bellicistes, la question principale est d'affronter les conséquences. Si l'Amérique devait rester assise et regarder la Russie mettre en œuvre ses propres résolutions en Syrie, alors cette position reviendrait à accepter la défaite.

Commentaire : Il n'y a pas de mal à être un superpuissance en soi, c'est l'utilisation de cette puissance qui fait la différence. Les États-Unis se sont montré un puissance de destruction maléfique tout au long de l'histoire moderne, et son comportement dangereusement immature à l'échelle internationale, tel que décrit ici, trahit le profil psychologique et culturel ponérisé de l'élite dont elle s'imprègne.

Accepter sa défaite est quelque chose d'énorme que l'Amérique n'a pas l'habitude de faire. Pour elle, accepter la défaite est une affaire sérieuse qui pourrait amener des politiciens bellicistes à se lancer dans de gros paris et de dangereuses manœuvres.

Il n'y a pas très longtemps, je me suis demandé ce que pourrait faire une Amérique désespérée, et j'ai écrit un article intitulé How Far Will A Desperate America Go ? [Jusqu'où ira une Amérique désespérée ?]. J'y examinais hypothétiquement quelques scénarios potentiels et j'y envisageais quelques réactions, mais l'initiative russe en Syrie a redistribué toutes les cartes, plongeant l'Amérique dans une situation où elle pourrait devoir lutter non seulement pour sa survie, non seulement pour sa taille, mais aussi pour son impunité et sa capacité à prendre des décisions indépendantes.

En effet, de nombreux observateurs considèrent que les actions de l'Amérique en Ukraine visaient à punir la Russie pour le rôle qu'elle a joué en Syrie jusqu'en 2013. Nous devons garder à l'esprit que si c'est vrai, ç'aurait été en représailles des deux missiles américains visant la Syrie et abattus par les Russes au-dessus de la Méditerranée orientale. Comparé à ce que fait la Russie aujourd'hui, la destruction de deux missiles est une peccadille, dérisoire et insignifiante.

Là est la question : l'Amérique a-t-elle déclenché le chaos ukrainien dans le but de punir la Russie simplement pour avoir abattu deux missiles américains destinés à frapper la Syrie ? Alors, jusqu'où est-elle prête à aller pour punir la Russie parce que celle-ci bombarde les cellules terroristes en Syrie, révélant ainsi l'impuissance de l'Amérique ?

Un tel scénario est effrayant, c'est peu de le dire, et c'est peut-être le seul souci relatif à la manière dont l'intervention russe en Syrie peut devenir scabreuse.

Hormis une confrontation ouverte avec la Russie en Syrie, l'Amérique ne peut pas, de façon réaliste, faire grand chose pour entraver la Russie. Les acolytes régionaux de l'Amérique au Moyen-Orient, y compris Israël, ne sont pas en position de se dresser contre la Russie. Ergodan a été rendu totalement impuissant et les Saoudiens sont profondément empêtrés. De plus, même avant le début de l'assaut russe, le cocktail anti-syrien avait déjà volé en éclats et chacun de ses fragments a continué en solo à récupérer des morceaux dans la poursuite de ses propres intérêts et de sa survie.

Washington doit être en effervescence, dans l'agitation et la confusion. Les décideurs et les conseillers politiques, les stratèges et les experts recherchent sans doute toutes les solutions alternatives, mais ils doivent trouver tous les choix très difficiles, parce qu'ils n'ont pas trop d'options. Si l'Amérique opte pour laisser la Russie faire sa part en Syrie, elle pourrait laisser faire avec l'idée qu'elle peut facilement allumer un autre foyer ailleurs et/ou raviver l'incendie en Ukraine et causer ainsi des problèmes à la Russie. Mais cela ne règle que la moitié de la question parce que, à moins que l'Amérique ne réussisse à stopper l'initiative russe en Syrie, elle sera considérée comme ayant accepté sa défaite.

La Russie tente de restaurer un ordre mondial universellement accepté basé sur l'ONU, mais l'Amérique a encore le pouvoir de créer un nouveau désordre mondial. Le fait que les auteurs de la politique américaine soient assez fous pour aller dans cette direction sera déterminé par de nombreux facteurs, y compris savoir qui tiendra la barre après Obama. Nous pouvons bien critiquer Obama, nous le faisons et le devons, mais il est très possible que le nouveau président américain fasse ressembler George W. Bush à Mère Teresa. C'est peut-être une bonne raison pour que la Russie agisse rapidement en Syrie avant que quelque fou furieux conservateur ne remporte la prochaine élection présidentielle aux États-Unis.

Maintenant, la Russie dirige la manœuvre. La conspiration menée par les États-Unis en Ukraine s'est déjà retournée contre elle en Crimée, augmentant le butin des russes. Le président Poutine comprend bien la mentalité américaine. Il sait que les Américains sont des fiers-à-bras et il sait comment s'y prendre avec eux. Les fiers-à-bras n'acceptent pas qu'on les voie vaincus. Par conséquent, les Américains doivent pouvoir accepter de voir leur fierté rabaissée, avec un minimum de dommages, si la diplomatie russe parvient à leur trouver une porte de sortie qui leur permette de sauver la face.

Après tout, la reddition des armes chimiques en 2013 était un édulcorant négocié par les Russes que l'Amérique a avalé sans hésitation. La différence entre les événements de 2013 et ceux d'aujourd'hui est que l'événement des deux missiles américains abattus par la Russie en 2013 était resté en coulisse et n'était connu que de quelques-uns. L'Amérique n'était pas partie la queue entre les jambes parce que l'événement est resté ignoré aux yeux du monde. Mais actuellement on voit tout et quelle que soit l'ordonnance prescrivant la potion magique qui sauvera la face des États-Unis, elle sera clairement écrite en cyrillique pour le reste du monde.

Traduit par Diane, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

mardi 13 octobre 2015

Poutine propose au FMI de prêter 3 mds USD à l'Ukraine pour régler sa dette


Le gouvernement russe poursuit son dialogue avec le Fonds monétaire internationale (FMI) sur la dette de l'Ukraine, et Vladimir Poutine a récemment proposé au FMI de prêter la bagatelle de trois milliards de dollars à cette dernière pour qu'elle puisse finalement se débarrasser de sa dette envers Moscou.

 
Lors de sa dernière rencontre avec les membres du gouvernement, le chef d'Etat russe s'est prononcé pour une décision plus pondérée et a insisté en particulier pour que l'on analyse le problème encore une fois en quête de la solution la plus convenable à toutes les deux parties.

"Il me semble que cette voie est moins sinueuse: prêter trois milliards de dollars à l'Ukraine pour qu'elle puisse contenter ses créanciers, pour que tout le monde soit content et que nous travaillions sans cette pression", a déclaré M. Poutine.

 
Auparavant, les autorités ukrainiennes avaient annoncé officiellement que la dette envers la Russie ne serait pas entièrement réglée.

Le président ukrainien Petro Porochenko, pour sa part, a martelé que la dette envers Moscou ne serait pas gérée selon des conditions plus avantageuses que celles d'autres dettes ukrainiennes.

Quant aux autres créanciers de l'Ukraine, ils ont déclaré en être arrivés à un consensus avec cette dernière. Ainsi, 20% de sa dette internationale (évaluée à quelques 19 milliards de dollars) sera effacé.

L'Ukraine a actuellement une dette nationale surpassant les 70 milliards de dollars et est devenue particulièrement dépendante du soutien financier international après le coup d'Etat de février 2014.

Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/economie/20151013/1018810346/poutine-fmi-dette-ukraine.html#ixzz3oUMw3bSK

vendredi 9 octobre 2015

La Syrie pour les nuls

 
Comment la Syrie en est-elle arrivée à un tel chaos? 
 
En 2009, le géant Qatar Petroleum a lancé un programme d’investissement dans la réserve de gaz dans le nord du pays, visant à tripler la capacité de production annuelle de gaz, avant la fin de 2013. Dans la même année 2009, Assad a refusé de signer l’accord proposé par le Qatar, la Turquie et l’Arabie Saoudite, pour la construction sur le territoire de la Syrie du tronçon de gazoduc destiné à approvisionner les marchés européens en gaz du Qatar et d’Arabie Saoudite (Plan A). En Turquie, Qatar Petroleum comptait utiliser l’ancien trajet de Nabucco, soutenu par les américains et l’UE, mais que l’on savait mort-né en raison du débit trop faible de la réserve azerbaïdjanaise de Shah Deniz II. A la place, en 2010, Assad achève les négociations avec l’Iran pour un gazoduc alternatif passant à travers l’Irak pour arriver directement en Syrie.

Plan A en vert refusé par Bachar al Assad en 2009
Plan B en bleu proposé et négocié en 2010 par Bachar al Assad en partenariat avec l'Iran
Comme par hasard, en 2011, la guerre civile éclate en Syrie. L’Arabie Saoudite et le Qatar ont dépensé 4 milliards de dollars pour l’enrôlement, la formation et l’armement de combattants qui, avec le soutien de la Turquie, seront infiltrés en Syrie sous l’appellation de « rebelles islamistes ». Dans la perspective d’une recherche d’approvisionnement de l’Europe avec du gaz provenant d’une autre source que la Russie, les motivations de l’Allemagne, la France, l’Angleterre, les Pays-Bas (pays de l’UE auxquels le gaz était destiné) pour soutenir le plus possible les rebelles syriens deviennent claires. Cela pourrait expliquer l’attitude extrêmement permissive de l’Allemagne (à la différence de la France et de l’Angleterre) vis-à-vis de la vague des migrants qui balaie l’Europe.
 
Ce n’est pas une surprise dans les milieux informés que, à partir des rangs des rebelles qui agissent en Syrie, apparaisse plus tard l’Etat Islamique qui prendra par surprise le nord de l’Irak, ce qui empêche l’approvisionnement en gaz de la Syrie par l’Iran, en attendant d’ouvrir une autre route vers la Turquie pour un gazoduc de Qatar Petroleum ( Plan B ). C’est la principale raison du soutien des rebelles syriens par les Etats-Unis et ses alliés européens. Ce qui explique que l’EI soit apparu et se soit développé sous le regard des plus indulgents de la coalition dirigée par les États-Unis, une coalition qui bombarde l’EI depuis plus d’un an sans aucun résultat.
 
Le concept du renversement de Bachar Al-Assad, pour le remplacer par un gouvernement inféodé aux intérêts américains et des Émirats du Golfe, repose sur la constitution d’une coalition dite « arabe syrienne ». Les plans américains prévoient de former un noyau dur de 5 400 combattants qui deviendront la coalition arabe syrienne, un groupe qui, en théorie, serait formé pour se battre contre l’EI. En réalité, l’objectif de la coalition arabe syrienne est de devenir une force politique et militaire qui fédèrera tous les rebelles syriens et prendra la direction de la Syrie. C’est pourquoi une des importantes missions était de trouver, capturer et convaincre des responsables syriens, désignés par la CIA comme étant utiles dans la formation d’un nouveau gouvernement, après la destitution de Bachar Al-Assad, tous étant inféodés à l’oléoduc de Qatar Petroleum.
 
Le paradoxe, pour le XXIe siècle, est que les intérêts d’un minuscule sultanat féodal, créé artificiellement et en dehors de toute règle démocratique (le Qatar), qui n’a donné rien de notable à l’humanité, ait conduit à physiquement démolir un ensemble de zones géographiques, pleines de vestiges historiques multi millénaires. Si l’ONU fonctionnait vraiment, le Qatar devrait payer des centaines de milliards de dollars pour la reconstruction de la Syrie.
 
En 2014, les Etats-Unis ont alloué 500 millions de dollars pour sélectionner, former et armer des rebelles supposés « modérés » pour obtenir une coalition arabe syrienne et les envoyer se battre contre l’armée nationale syrienne. Parallèlement à cela, les États-Unis introduisent en Syrie 1 500 installations de missiles antichars BGM-71E (TOW). Les combattants de la coalition arabe syrienne sont formés en Turquie, par des instructeurs des Forces d’opérations spéciales des États-Unis, à la manipulation de toute sorte d’armes et d’explosifs, et à acquérir des compétences dans l’organisation de guérilla urbaine. Une autre spécialisation consistait à créer sur le territoire syrien, des endroits secrets de dépôts d’armes et de munitions (parachutées par l’armée américaine).
 
Il n’y eut, dans le nord de la Syrie, que le deuxième groupe de commandos, appelés Escadron 30, composé de 70 combattants formés par les Etats-Unis, qui sera remis au groupe Jabhat al-Nusra, la branche syrienne d’al-Qaïda. Du premier groupe de commandos, comprenant 54 combattants formés par les Américains, seulement 10 d’entre eux agissaient sous les ordres de l’US Army, le reste allant grossir le groupe Jabhat Al-Nusra.
 
Pendant ce temps la Russie était en train de s’occuper de l’Irak pour contrecarrer le plan B de Qatar Petroleum, par la livraison de 56 hélicoptères d’attaque Mi-28 NE et Mi-35. La Russie a ensuite fourni à l’Irak 12 avions Su-25, surnommés « chasseurs de chars ». En vertu d’un accord négocié par la Russie, 7 autres avions Su-25, sont restitués à l’Irak par les Iraniens et sont envoyés à la base aérienne irakienne de Balad le 13 Juillet 2015 pour être mis en œuvre contre l’EI.
 
 
Alors que les Américains ont des graves désaccords avec des gens formés par eux et l’Arabie Saoudite, les troupes terrestres de la Russie qui soutiennent l’armée syrienne avaient déjà commencé à opérer en Syrie.
 
Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a effectué une visite à Moscou pour rencontrer le Président russe Vladimir Poutine. Ils ont discuté des détails d’un mécanisme de coordination des opérations aériennes, navales, et terrestres de la guerre radio électronique en Syrie, afin d’éliminer la collision accidentelle des deux États, et contraindre Israël de ne pas infiltrer les rebelles et d’éviter toute incursion de l’armée israélienne en Syrie, Israël n’ayant pas directement d’intérêt dans le gazoduc. L’adoption de ce mécanisme de coordination et d’arrêt des actions militaires par Israël est essentielle à la liberté d’action des Russes pour le déclenchement des opérations aéroterrestres selon le plan prévu pour la Syrie. Pour comprendre le jeu d’échecs engagé par la Russie, voir le lien ci-dessous :
 
 
Encore plus intéressant, c’est que l’Arabie Saoudite a déclaré pour la première fois être d’accord avec la proposition russe, à savoir que Bachar Al Assad restera président pendant la période de transition, selon le général Saoudien Anwar Eshki. Ceci équivaut à une capitulation, ce qui signifie la suspension de toute aide aux rebelles syriens. Et pour cette raison, le projet européen de Qatar Petroleum a été définitivement enterré en faveur du projet commun des Iraniens et des Russes.
 
Valentin Vasilescu
 
Traduction Avic – Réseau International