samedi 28 novembre 2015

Avec Erdogan, en route vers la Troisième Guerre mondiale ?

Michel Collon
RT
ven., 27 nov. 2015 22:39 UTC
Le monde retient son souffle : la Turquie a abattu un avion russe engagé contre Daesh. Et chacun se pose deux questions : 1. Pourquoi ? 2. Avec quelles conséquences ? L'écrivain Michel Collon répond.
 
Sur le pourquoi, on a eu - comme d'habitude dans ce genre d'incidents - des versions successives et contradictoires. D'abord, Ankara a prétendu que cet avion aurait menacé l'espace aérien turc. En supposant que cela soit vrai, il existe d'autres méthodes pour intercepter et dérouter un avion jugé «dangereux». Ensuite, c'est devenu une «erreur». Me trouvant en ce moment à Belgrade à l'occasion d'une conférence internationale sur la paix, cet événement me rappelle une autre «erreur» de la guerre de l' OTAN contre la Yougoslavie.
Le 7 mai 1999, l'aviation US bombarde l'ambassade chinoise à Belgrade : trois morts. Une «erreur», affirme l'aviation US, nous ne savions pas que l'ambassade chinoise avait deménagé en cet endroit (depuis quatre ans !), nous ne disposions pas d'un plan récent de la ville. Sans rire. En vérité, le bombardement était un avertissement : la Chine soutenait discrètement la Yougoslavie agressée illégalement par l'OTAN.
L'avion abattu, c'est un acte de guerre, point.

Passons au véritable pourquoi. Erdogan a voulu jouer des muscles, n'aimant pas qu'on accuse la Turquie et ses proches de profiter de la vente du pétrole de Daesh. Mais Ankara ne peut avoir agi sans l'aval de Washington. Et quel message le patron a-t-il voulu envoyer ? Celui-ci : Nous n'allons pas vous laisser détruire «nos» terroristes, nous avons trop investi dans cette armée de sous-traitants que nous avons patiemment mise sur pied avec l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie pour renverser Bachar, et nous permettre ensuite de liquider les résistances palestinienne et libanaise, tout cela afin de renforcer Israël et notre emprise sur le Moyen-Orient.

La Syrie est-elle la seule cible des Etats-Unis dans cette guerre ? Pas du tout. Chaque guerre US se déroule toujours à plusieurs niveaux. Cible directe cette fois : la Syrie. Cible indirecte : Moscou qu'il faut priver de sa seule base en Méditerranée. Derrière Moscou : les BRIC'S, l'alliance Russie - Chine - Brésil - Inde - Afrique du Sud et tous les pays du Sud ; leur montée en puissance dérange Washington qui entend rester le gendarme du monde. Il s'agit de montrer que ces pays ne peuvent compter sur une protection militaire de la Russie.

C'est tout ? Non. Il s'agit aussi de montrer à Berlin et Paris que le patron en Europe reste Washington et qu'il ne leur est pas permis de se rapprocher de Moscou. Or, une partie de l'élite française consciente qu'Hollande et Fabius ont joué avec le feu en s'alliant aux terroristes, cherche maintenant une issue de secours. Pour un rapprochement durable avec Moscou ou juste une tactique temporaire vu l'émotion après les attentats ? En tout cas, Obama craint de perdre la main en Europe et au Moyen-Orient. Un moment crucial pour la suprématie mondiale.
Cet épisode me rappelle un autre incident de la guerre contre la Yougoslavie : en 1993, le médiateur européen David Owen avait obtenu un cessez-le-feu de toutes les parties en conflit en Bosnie. Au dernier moment, l'ambassadeur de Washington fit pression sur le président Izetbegovic à Sarajevo pour qu'il ne signe rien, et laisse les Etats-Unis organiser une solution militaire. David Owen déclara en 1995 : «J'ai beaucoup de respect pour les Etats-Unis. Cependant, ces deux dernières années, la diplomatie de ce pays a inutilement prolongé la guerre en Bosnie.»(2)  
Commentaire : Pourquoi beaucoup de respect pour un pays qui prolonge une guerre au seul profit de ses intérêts ? Mais est-ce que nous serions tous un peu comme David Owen, victime de confusion mentale face à ce pays que nous aimons mais qui a été préempté par des dirigeants déviants ?
Ce phénomène de la guerre à plusieurs niveaux n'est pas une nouveauté. Quand Clinton attaque la Yougoslavie en 1999, c'est aussi pour imposer l'OTAN comme gendarme de l'Europe face aux désirs de Paris et Berlin de constituer une armée européenne plus indépendante.  
 
Quand Bush attaque l'Irak en 2003, c'est aussi contre la France, assez proche de Bagdad. Quand Obama attaque la Libye en 2011, cette fois avec la complicité de Paris, c'est aussi contre l'Allemagne et l'Italie qui ont de meilleures relations avec Kadhafi. Et quand l'Allemagne, avec l'UE, obtient un accord pour une solution pacifique et des élections anticipées en Ukraine, Washington organise immédiatement un coup d'Etat pour reprendre la main. On se souvient du très distingué «Fuck the EU!» ("on emmerde l'EU") de l'envoyée spéciale US Victoria Nuland. Toute guerre US a un double, voire un triple fond.

Constatant le déclin des USA et le bouleversement des rapports de force, tout le Moyen-Orient s'agite : tout le monde discute avec tout le monde, cherchant de nouvelles alliances ou simplement à faire monter les enchères. Cela rend Obama nerveux. Faire monter la tension pour empêcher que les Turcs et les Européens discutent avec Moscou. Resserrer les rangs de l'OTAN.

L'avion abattu, c'est donc un bras de fer. Washington menace la Russie. Que va faire Poutine ? S'il ne fait rien, Washington aura marqué un point. S'il réagit trop fort, certains faucons de Washington seraient trop heureux de lancer l'escalade. Dans notre série Obama envisage un conflit mondial, nous évoquions ce danger.

Erdogan nous a-t-il fait faire un pas de plus vers la Troisième Guerre mondiale ?    

Commentaire : Espérons que Poutine, qui semble le politicien le plus intelligent pour l'instant sur cette planète, réponde sans enclencher l'escalade attendue par les provocateurs. Espérons encore que ce soit à sa façon : avec fermeté, diplomatie, tact et aussi avec force et une bonne stratégie sur le terrain à la fois en Syrie et dans les couloirs de la politique. 

jeudi 26 novembre 2015

« La Turquie montre ses terribles facettes que l'Occident ne veut pas voir »


 
Un Su-24 russe a été abattu le 24 novembre en Syrie par un chasseur turc. Selon Claude Goasguen, maire du 16e arrondissement, la Turquie met l'Europe en péril.    


La Turquie vient de dévoiler le jeu sordide qu'elle mène avec les terroristes islamiques, a déclaré jeudi à Sputnik Claude Goasguen, député-maire (Les Républicains) du 16ème arrondissement de Paris et ancien ministre de la Réforme de l'Etat, de la décentralisation et de la citoyenneté dans le premier gouvernement Juppé.

"Il est clair que la Turquie est en train de montrer toutes ses terribles facettes que l'Occident et les démocraties occidentales essaient de ne pas voir. On sait que la Turquie depuis plusieurs années est une frontière où on passe n’importe quoi et en particulier des soutiens aux islamistes et à Daech", a indiqué M.Goasguen.
 
Selon lui, les Turcs sont des adversaires de la coalition internationale qui combat le groupe terroriste État islamique (EI) et par conséquence des adversaires de la France et de l'Europe.

"Si on réfléchit, on se demande vraiment ce que l'OTAN fait dans cette affaire. Peut-on continuer à avoir une coordination avec des gens qui sont ouvertement, les Turcs, nos adversaires? Car les Turcs ont aidé Daech, les Turcs combattent les Kurdes qui sont les meilleurs défenseurs contre Daech, les Turcs vendent le pétrole et laissent passer du pétrole; les Turcs en réalité ont joué un jeu épouvantable dans l'affaire des réfugiés politiques, les réfugiés politiques ont été poussés par les Turcs vers l'Europe, nous créant des problèmes considérables", a-t-il ajouté.
 

En plus, le président turc Recep Tayyip Erdogan ne poursuit pas la politique pro-occidentale de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la Turquie moderne.

"Erdogan est un Frère musulman, un Frère musulman qui est un islamiste. Cet Erdogan qui se vantait d'être dans la ligne d’Atatürk est en train de plonger son pays dans un islamisme de plus en plus provocant, au contraire d’Atatürk qui voulait au contraire faire venir la Turquie dans une ambiance occidentale", s'est indigné M.Goasguen.
 
Le député a déploré l'absence d'opposition française face au soutien apporté par les Etats-Unis à la Turquie suite à la destruction de l'avion russe qui effectuait une mission antiterroriste en Syrie.

"Je suis un peu découragé par l'absence d'opposition française (…). Les Américains sont en réalité les vrais adversaires qui soutiennent les Turcs qui sont à la remorque de l'Arabie Saoudite et du Qatar. Et la France malheureusement n'a pas une voix suffisante, je dirais même qu'elle est probablement la victime la plus désignée par les actes terroristes de cette intransigeance américaine qui est en train de mettre le feu au Moyen-Orient (…). J'ai l'impression que le gouvernement actuel n'a pas du tout envie de se détacher de l'emprunte américaine, saoudienne et du Qatar", a noté l'homme politique.
 
Il a appelé à "en finir avec ce jeu américain soutenu par l'Arabie Saoudite et le Qatar qui intègre les Turcs qui sont en réalité en train de devenir des ennemis de la coalition contre Daech. Le double, le triple, le quadruple jeu de la Turquie vient désormais d'apparaitre à la face du monde, et il faut en tirer les conséquences", a conclu M.Goasguen.

Source: Sputnik.fr

mardi 24 novembre 2015

40% des Français seraient tentés par un gouvernement autoritaire


 

Voilà comment la propagande prépare les esprits à la dictature et au totalitarisme. Et cet article paraît en France, dans le « très respectable » Figaro, associé à La Presse.  
Deux tiers des Français voudraient également que les rênes du pays soient confiées à des experts non élus, selon un sondage Ifop pour le site Atlantico publié lundi.

Les Français sont-ils lassés de la démocratie ? Selon un sondage Ifop* pour le site Atlantico publié lundi, 40 % d’entre eux se disent favorables à un régime autoritaire. Les deux tiers des personnes interrogées seraient également prêts à confier les rênes du pays à des technocrates car, selon eux, des experts non élus pourraient réaliser les réformes nécessaires mais impopulaires. « Cette logique de fond existe depuis un moment, mais s’amplifie », écrit Jérôme Fourquet, le directeur du département opinion publique de l’Ifop. « On voit par exemple Jacques Attali envoyer des ballons d’essai sur son éventuelle candidature à la présidentielle en expliquant qu’en tant qu’expert, il va mettre des propositions sur la table et si d’aventure aucun candidat ne s’en saisit, il se réservera le droit d’y aller. »

Le recours à des experts est particulièrement marqué à droite : il est prôné par 80 % des sympathisants des Républicains. À gauche, y compris parmi les sympathisants du Front de gauche, un Français sur deux adhère en revanche à cette idée. Le clivage gauche-droite est encore plus prégnant s’agissant de l’attirance pour un gouvernement autoritaire. Plus on avance vers la droite, plus une large proportion y est favorable : de 23 % d’adhésion au Front de gauche à 47 % chez les Républicains et jusqu’à 60 % au FN. Chez les Républicains, la tendance pourrait profiter surtout à François Fillon. « Dans son livre Faire, il formule une série de propositions très osées, qui n’ont jamais été proposées au suffrage universel », juge Jérôme Fourquet. « Ce sondage peut apporter de l’eau au moulin de François Fillon, car il montre que l’électorat est prêt à entendre ce discours, dont un quart (23 %) sont ‘‘tout à fait d’accord’’. »

« Il y a une insatisfaction très profonde vis-à-vis du fonctionnement de notre système politique » -Jérôme Fourquet, le directeur du département opinion publique de l’Ifop

Le sondeur relativise toutefois la tentation d’un régime autoritaire. « Ces chiffres ne disent pas en creux qu’il y a une appétence pour le fascisme, mais plutôt qu’il y a une insatisfaction très profonde vis-à-vis du fonctionnement de notre système politique et des résultats qui sont obtenus, souligne Jérôme Fourquet. Le regard qu’on porte sur les responsables politiques est très dévalorisé, alors on cherche autre chose. » Si 67 % des sondés soutiennent un régime technocratique, ils ne sont plus que 40 % à se prononcer en faveur d’un gouvernement autoritaire. Dans ce dernier cas, le pourcentage de personnes « tout à fait d’accord » baisse à 10 % alors que les personnes qui rejettent cette solution sont trois fois plus nombreuses.

* Ce sondage a été effectué du 28 au 30 octobre auprès d’un échantillon de 1013 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
 
Source: Vigile.québec

***
À s'interroger, sont rendus là, les Français?
En plein dans le mille du célèbre Projet politique du N.O.M. qu'on appelle L'Aurore rouge.   Écrit fin juin 1985.  « Grands de ce Monde » et de leurs (très) puissants Maîtres
21. – Pour accélérer ce processus de transfert, nous impliquerons la force actuelle des Nations-Unies dans des conflits impossibles à régler. De cette manière, et avec l’aide des Médias que nous contrôlons, nous montrerons aux populations l’impuissance et l’inutilité de cette « Force » dans sa forme actuelle. 

La frustration aidant, et poussée à son paroxysme au moment voulu, poussera les populations des États-Nations à supplier les instances internationales de former une telle « Force Multi-Nationale » au plus tôt afin de protéger à tout prix la « Paix » 
Voir ICI  l'Aurore rouge au complet 

lundi 23 novembre 2015

Biométrie : ce que le terrorisme nous forcera à faire

@ Inconnu

Prise d’otages à Bamako, au Mali, ce matin. Attentats de Paris, en France, la semaine dernière. La sécurité est à l’avant-plan, plus que jamais. 

Toutefois, ce n’est pas une raison pour accepter toutes les dérives. 

Le président français se montre ferme dans son discours sur le renforcement des politiques de sécurité. C’est quand il ajoute  » sécurité numérique comprise  » qu’on peut commencer à s’inquiéter du réel sens à donner à son discours. 

John Brennan, le directeur de la CIA, lui, n’a pas attendu pour récupérer les attentats à Paris pour servir les visées sécuritaires de son agence. 

« Ces dernières années [...], des amendements aux lois ont été adoptés et des actions qui ont été posées, rendant la tâche de débusquer les terroristes bien plus ardues pour nous. » (Source

Personne n’est dupe. Sur The Verge, la réponse est cinglante :  « Vous les entendrez répéter que la surveillance massive a permis de déjouer de mystérieuses menaces, mais qu’elle n’est pas suffisante dans l’état actuel, parce qu’elle est constamment menacée par les défenseurs de la vie privée.  » (Source)

Avec la prise d’otages à Bamako, ce matin, le discours sur la sécurité qui prône l’écoute de toutes nos communications resurgira (au détriment de notre vie privée). 

Pourtant, le terroriste n’utilise pas nécessairement les outils numériques et cryptographiques à la fine pointe de la technologie pour commettre son crime. 

Il est parfois au degré zéro en technologie.

La technologie de pointe n’a pas été utilisée: deux exemples

1- Entrer en Europe comme dans un moulin
On a appris aujourd’hui qu’Abaaoud, l’organisateur présumé des attentats de Paris, est entré en Europe et s’y est déplacé à plusieurs reprises, malgré un mandat d’arrêt international émis contre lui.
Les djihadistes, quand ils reçoivent de nouvelles recrues, leur confisquent leurs passeports. Toutefois, ils ne les modifient en rien. Le djihadiste fera tout pour ressembler le plus possible à la photo du passeport qu’il utilisera.
 » Il va se faire pousser la barbe, la tailler de la même façon, et plus de 99 fois sur cent, ça va marcher. C’est imparable. Pas besoin de trafiquer le passeport « , explique le criminologue Christophe Naudin, spécialiste de la fraude documentaire dans Libération.
2- Un texto en clair
On a aussi appris que les échanges entre les assaillants à Paris se sont faits par texto, et non par un logiciel sophistiqué en cryptographie.
Un texto en clair, comme ceux envoyés par tout le monde.
Voilà la preuve que davantage d’écoute et de surveillance ne sont pas nécessaires.pas nécessaires.
Donner plus de pouvoir au gouvernement pour qu’il accède par une  » porte dérobée  » à toutes les plateformes et à toutes nos communications privées serait nettement prématuré.
 
Les lois en place semblent amplement suffisantes. De toute évidence, on peut faire mieux.

Ce qui risque de changer  

À la suite des attentats de Paris, il est clair que les autorités devront mieux collaborer entre eux. 

Les prochains développements en matière de sécurité nationale porteront entre autres sur des réseaux très rapides permettant l’échange de données massives entre les services secrets et les policiers. 

Si les équipes des divers services apprennent à collaborer et à partager des données, il faudra un réseau très puissant pour le faire en temps réel.  

Par exemple, une caméra portée au cou par un policier à une frontière pourrait retransmettre directement des images pour qu’elles soient analysées dans plusieurs pays. 

Une personne qui entre à un point d’entrée, par exemple en Grèce, serait immédiatement analysée par la sécurité en France ou Allemagne.  

C’est ici que nous risquons de constater les véritables conséquences de la montée du terrorisme. C’est l’imposition à grande échelle de la biométrie.  

Ce n’est donc pas une plus grande surveillance de nos vies privées, mais l’imposition d’un fichage biométrique qui se pointe à l’horizon.
 
Source: Le blogue techno de Radio-Canada

jeudi 19 novembre 2015

Financement de Daech: des militaires indiens soupçonnent la France

Une partie des bénéfices obtenus par certains pays arabes en Europe, y compris en France, est transférée à l'Etat islamique.

La France serait impliquée dans le financement de l'Etat islamique (Daech), a supposé le colonel indien à la retraite Danvir Singh en commentant la déclaration de Vladimir Poutine selon laquelle certains pays du G20 apportaient un soutien financier à ce groupe terroriste.

"La France n'est pas irréprochable, elle non plus. Ce pays a ses propres intérêts au Proche-Orient, notamment en Syrie. Il est en outre membre de l'Otan. Donc, il ne fait aucun doute que la France coopère dans une certaine mesure avec Daech", a indiqué Danvir Singh dans une interview à l'agence Sputnik.
 
Le président russe Vladimir Poutine a fait lundi le bilan des négociations ayant eu lieu lors du sommet du G20 à Antalya.

"J'ai cité des exemples liés à nos informations concernant le financement de différentes structures de Daech par des personnes physiques. Nous avons établi que ce financement provenait de 40 pays, dont certains pays membres du G20", a souligné Vladimir Poutine lors de la réunion de clôture du sommet.
 
"Le président russe a soulevé une question très importante concernant le soutien apporté par de nombreuses personnes aux terroristes de Daech. Certes, il s'agit principalement d'une allusion aux États-Unis, à l'Arabie saoudite et à leurs alliés. 
 
La vente de pétrole constitue la source principale des revenus de l'Etat islamique. Il est évident que pour pratiquer ce commerce, les terroristes ne peuvent pas se passer de la Turquie, membre de l'Otan. Et comme les États-Unis jouent le rôle principal dans l'Alliance atlantique, on peut en déduire qu'ils sont ceux qui tirent les ficelles", a affirmé Danvir Singh.
 
Son collègue, l'expert en matière de sécurité Qamar Agha, estime pour sa part que les États-Unis financent Daech "par l'intermédiaire de leurs alliés: le Pakistan et les pays du Golfe".

"Des pays arabes investissant en Europe trouvent le moyen de transférer une partie de leurs bénéfices à l'Etat islamique. On peut trouver cette information dans les publications de WikiLeaks. Donc, il faut prendre la déclaration de Poutine au sérieux", a conclu l'expert indien.
 
 

lundi 16 novembre 2015

La République française prise en otage


La guerre qui s’étend à Paris est incompréhensible pour les Français qui ignorent presque tout des activités secrètes de leur gouvernement dans le monde arabe, de ses alliances contre nature avec les dictatures du Golfe, et de sa participation active au terrorisme international. Jamais cette politique n’a été discutée au Parlement et les grands médias ont rarement osé s’y intéresser.

| Damas (Syrie)
 
Depuis cinq ans ans, les Français entendent parler de guerres lointaines, sans comprendre ce dont il s’agit. La presse les a informés de l’engagement de leur armée en Libye, mais jamais de la présence de soldats français en mission au Levant. Mes articles à ce sujet sont largement lus, mais perçus comme des bizarreries orientales. Malgré mon histoire personnelle, il est de bon ton de me qualifier d’« extrémiste » ou de « complotiste » et de relever que mes articles sont reproduits par des sites internet de toutes obédiences, y compris par d’authentiques extrémistes ou complotistes. Pourtant personne ne trouve rien à redire à ce que j’écris. Mais personne non plus n’écoute mes alertes à propos des alliances que la France a conclues.
 
Soudain, la vérité ignorée fait surface.
 
La France a été attaqué dans la nuit du vendredi 13 novembre 2015 par plusieurs commandos qui ont assassiné au moins 130 personnes dans cinq lieux différents de Paris. L’état d’urgence a été décrété pour 12 jours sur l’ensemble du territoire et pourrait être reconduit par le Parlement.
 
Pas de lien direct avec l’affaire Charlie Hebdo
 
La presse française interprète cet acte de guerre en le liant à l’attentat survenu à Charlie Hebdo, bien que les modes opératoires soient totalement différents. En janvier, il s’agissait de tuer des personnes précises, tandis qu’ici il s’agit d’une attaque coordonnée contre un grand nombre de personnes au hasard.
 
On sait aujourd’hui que le rédacteur en chef de Charlie Hebdo venait de recevoir un « don » de 200 000 euros du Proche-Orient pour poursuivre sa campagne anti-musulmane [1] ; que les tueurs étaient liés aux services de renseignement français [2] ; que l’origine de leurs armes est couverte par le Secret-Défense [3]. J’ai déjà montré que cet attentat n’était pas une opération islamiste [4], qu’il avait fait l’objet d’une récupération étatique immédiate [5], et que cette récupération avait rencontré un écho dans la population hostile à la République [6] —une idée qui a été brillamment développée quelques mois plus tard par le démographe Emmanuel Todd [7]—.
 
Si nous revenons à la guerre qui vient de s’étendre à Paris, elle surprend en Europe occidentale. On ne peut la comparer aux attentats de Madrid de 2004. En Espagne, il n’y avait ni tireur, ni kamikaze, mais 10 bombes placées en 4 lieux distincts [8]. Le type de scène qui vient d’avoir lieu en France est le lot quotidien de nombreuses populations du « Moyen-Orient élargi » depuis 2001. Et l’on trouve des événements comparables au-delà, comme les trois jours d’attaques en six lieux distincts, à Bombay en 2008 [9].
 
Même si les assaillants étaient des musulmans et si certains d’entre eux ont crié « Allah Akbar ! » en tuant des passants, il n’y a aucun lien entre ces attaques, l’islam et une éventuelle « guerre des civilisations ». Ainsi, ces commandos avaient instruction de tuer au hasard, sans s’enquérir préalablement de la religion de leurs victimes.
 
Identiquement, il est absurde de prendre au premier degré le mobile évoqué par Daesh contre la France —même s’il n’y a pas de doute sur son implication dans cette attaque—. En effet, si l’organisation terroriste devait se « venger », c’est à Moscou qu’elle aurait frappé.
 
La France est un État terroriste depuis au moins 2011
 
La lecture de ces événements est brouillée parce que derrière des groupes non-étatiques se cachent toujours des États qui les sponsorisent. Dans les années 70, le Vénézuélien Ilich Ramírez Sánchez dit « Carlos » ou « Le Chacal » s’était mis par conviction au service de la cause palestinienne et de la Révolution avec le discret soutien de l’Urss. Dans les années 80, l’exemple de Carlos a été repris par des mercenaires, travaillant pour le plus offrant, tel Sabri al Banna dit « Abou Nidal », qui effectua des attentats aussi bien pour le compte de la Libye et de la Syrie que d’Israël. Aujourd’hui, il existe une nébuleuse du terrorisme et de l’action secrète impliquant quantité d’États.
 
En principe, les États dénient toujours leur participation à des groupes terroristes. Toutefois, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré en décembre 2012, lors de la conférence des « Amis de la Syrie » à Marrakech, qu’Al-Nosa, la branche syrienne d’Al-Qaïda, « fait du bon boulot » [10].
 
Compte tenu de ses fonctions, M. Fabius savait qu’il ne serait pas traduit en justice pour son soutien à une organisation classée comme terroriste par le Conseil de sécurité des Nations unies, mais il prenait un risque grave pour son pays qu’il plongeait ainsi dans le chaudron du terrorisme.
 
En réalité, la France était impliquée depuis au moins le début 2011 aux côtés d’Al-Qaïda. À l’époque, le Royaume-Uni et la France s’étaient joints au projet US de « Printemps arabe ». Il s’agissait de renverser tous les régimes arabes laïques et de les remplacer par des dictatures des Frères musulmans. Alors que Londres et Paris avaient découvert cette opération en cours de réalisation en Tunisie et en Égypte, ils avaient été préalablement sollicités pour la Libye et la Syrie [11].
 
En Libye, ils organisèrent avec l’aide des Forces spéciales italiennes les massacres de Benghazi, puis avec l’aide d’Al-Qaïda la prise des arsenaux. Je peux attester qu’en août 2011, alors que j’étais protégé par Khamis el-Kadhafi lorsque l’Otan donnait l’assaut de la capitale, l’hôtel Rixos où nous nous trouvions fut assiégé par une unité d’Al-Qaïda, la Brigade de Tripoli, commandée par Mahdi al-Harati au cri d’« Allah Akbar ! » et encadrée par des officiers français en mission. Le même Mahdi al-Harati fut avec son chef, Abdelhakim Belhaj, le fondateur de la prétendue Armée syrienne libre, en réalité un groupe d’Al-Qaïda portant le drapeau de la colonisation française.
 
En Syrie, la présence d’officiers français encadrant des groupes armés lorsqu’ils perpétraient des crimes contre l’humanité est largement attestée.
 
La France a par la suite joué un jeu extrêmement complexe et dangereux. Ainsi, en janvier 2013, c’est-à-dire un mois après le soutien public de Laurent Fabius à Al-Qaïda en Syrie, elle se lançait dans une opération au Mali contre le même Al-Qaïda, provoquant un premier retour de bâton contre ses agents infiltrés en Syrie.
 
De tout cela, vous n’avez jamais entendu parler. Parce que, bien que la France ait des institutions démocratiques, sa politique actuelle dans le monde arabe n’a jamais été discutée publiquement. Tout au plus s’est-on contenté —en violation de l’article 35 de la Constitution— d’entrer en guerre contre la Libye et contre la Syrie après quelques heures de débats parlementaires superficiels, sans vote. Les parlementaires français ont renoncé à exercer leur mandat de contrôle de l’Exécutif en matière de politique étrangère, pensant qu’il s’agit d’un domaine réservé du président, sans conséquence dans la vie quotidienne. Chacun peut constater au contraire aujourd’hui que la paix et la sécurité, un des quatre « Droits de l’homme et du citoyen » de 1789 (article 2), en dépendent directement. Le pire est à venir.
 
Au début 2014, lorsque les faucons libéraux US mettaient au point leur plan de transformation de l’Émirat islamique en Irak et au Cham en ce qui allait devenir Daesh, la France et la Turquie acheminèrent des munitions à Al-Qaïda pour qu’il combatte l’ÉI —ce point est attesté par un document présenté au Conseil de sécurité le 14 juillet 2014 [12]—.

Pourtant, la France se joignit ultérieurement à cette opération secrète et participa à la Coalition internationale anti-Daesh, dont chacun sait maintenant que contrairement à son nom elle ne bombarda pas Daesh, mais lui largua des armes durant un an [13]. Les choses évoluèrent encore après la signature de l’accord 5+1 avec l’Iran.
 
Les États-Unis se retournèrent subitement sur le terrain contre l’organisation terroriste et la repoussa à Hassaké (Syrie) [14]. Mais ce n’est qu’à la mi-octobre 2015, il y a un mois, que la France recommença à combattre Daesh. Non pas pour stopper ses massacres, mais pour conquérir une partie du territoire qu’il occupe en Syrie et en Irak et y installer un nouvel État colonial qui serait appelé « Kurdistan » même si sa population kurde y sera au départ largement minoritaire [15].
 
Dans cette perspective, la France a envoyé son porte-avions —qui n’est pas encore sur zone— pour soutenir les Marxistes-Léninistes du parti kurde YPG —mais que signifie cette référence politique lorsque l’on projette de créer un État colonial ?— contre son ancien allié Daesh.
Nous assistons désormais au second retour de bâton. Non pas de la part d’al-Qaïda en Syrie, mais de la part de Daesh en France, sur instructions des alliés inavouables de la France.
 
Qui dirige Daesh?
 
Daesh est une création artificielle. Ce n’est que l’instrument de la politique de plusieurs États et multinationales. 
 
Ses principales ressources financières sont le pétrole, les drogues afghanes —dont les Français n’ont toujours pas saisi les implications sur leur sol—, et les antiquités levantines. Tout le monde s’accorde à noter que le pétrole volé transite librement par la Turquie avant d’être vendu en Europe occidentale. Compte tenu des quantités, il n’y a pas de doute possible sur le soutien de l’État turc à Daesh [16].
 
Il y a trois semaines, le porte-parole de l’Armée arabe syrienne révélait que 3 avions, respectivement affrétés par la Turquie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis venaient d’exfiltrer des combattants de Daesh hors de Syrie et de les transporter au Yémen. Là encore, il n’y a donc pas doute possible sur les liens de ces trois États avec Daesh en violation des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.
 
J’ai longuement expliqué, depuis la première conférence de Genève en juin 2012, qu’une faction au sein de l’appareil d’État US menait sa propre politique contre celle de la Maison-Blanche. Au départ, ce complot était dirigé par le directeur de la CIA et co-fondateur de Daesh en 2007 (« The Surge ») [17], le général David Petraeus, jusqu’à son arrestation menottes au poignet le lendemain de la réélection de Barack Obama. Puis, ce fut au tour de la secrétaire d’État Hillary Clinton, empêchée de terminer son mandat durant la période de transition présidentielle par un fâcheux « accident ».
 
Enfin, ce combat fut poursuivi par l’ambassadeur Jeffrey Feltman depuis les bureaux de l’Onu et par le général John Allen à la tête de la prétendue Coalition anti-Desh. Ce groupe, partie de l’« État profond » US, qui n’a cessé de s’opposer à l’accord 5+1 avec l’Iran et de combattre la République arabe syrienne, conserve des membres au sein de l’administration Obama. Surtout, il peut compter sur l’aide de sociétés multinationales, dont les budgets sont plus importants que ceux des États, et qui peuvent financer leurs opérations secrètes. C’est le cas notamment du pétrolier Exxon-Mobil (le véritable propriétaire du Qatar), du fonds de placement KKR, et de l’armée privée Academi (ex-Blackwater).
 
C’est pour le compte de ces États et de ces multinationales que la France est devenue un pays mercenaire.
 
La France objet de chantage
 
Le 11 novembre 2015, le Premier ministre, Manuel Valls, assurait que la France était engagée contre le terrorisme [18].
 
Le 12 novembre, l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales —rattaché au ministère de l’Intérieur— publiait un rapport selon lequel le terrorisme était devenu la seconde préoccupation des Français après le chômage [19].
 
Le matin même du 13 novembre, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, présentait à Nanterre un plan en vingt mesures pour lutter contre le trafic d’armes [20].
 
À l’évidence, le gouvernement s’attendait au pire, ce qui implique qu’il était en négociation avec ceux qui l’ont attaqué. La France a pris des engagements qu’elle n’a pas tenus et est certainement victime d’un chantage de la part des maîtres qu’elle vient de trahir.
 
Un exercice simulant des attentats a été conduit le matin même de l’attaque par les services d’urgence hospitaliers [21]. Une coïncidence que l’on avait déjà relevé lors des attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington, de ceux du 11 mars 2004 à Madrid, ou encore de ceux du 7 juillet 2005 à Londres.
 
Conclusion provisoire
 
Les gouvernements français successifs ont noué des alliances avec des États dont les valeurs sont à l’opposé de celles de la République. Ils se sont progressivement engagés à livrer des guerres secrètes pour eux, avant de se rétracter. Le président Hollande, son chef d’état-major particulier le général Benoit Puga, son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et son prédécesseur Alain Juppé font aujourd’hui l’objet d’un chantage dont ils ne pourront sortir qu’en révélant dans quoi ils ont fourvoyé le pays, même si cela les expose à la Haute Cour de Justice.
 
Le 28 septembre, à la tribune des Nations unies, le président Poutine s’adressant aux États-Unis et à la France s’exclamait : « J’aimerais demander aux responsables de cette situation : "Avez-vous au moins conscience de ce que vous avez fait ?" Mais je crains que cette question ne reste en suspens, parce que ces gens n’ont pas renoncé à leur politique basée sur une confiance exagérée en soi et la conviction de son exceptionnalité et de son impunité » [22]. Ni les États-uniens, ni les Français ne l’ont écouté. Il est maintenant trop tard.

À retenir
- Le gouvernement français s’est progressivement éloigné de la légalité internationale. Il perpètre des assassinats politiques et encadre des actions terroristes depuis au moins 2011.
- Le gouvernement français a noué des alliances contre nature avec les dictatures pétrolières du Golfe persique. Il travaille avec un groupe de personnalités états-uniennes et de compagnies multinationales pour saboter la politique d’apaisement des présidents Obama et Poutine.
- Le gouvernement français est entré en conflit avec ces alliés peu recommandables. L’un d’entre eux a sponsorisé les attaques de Paris.
 
Thierry Meyssan
[1] « Charlie Hebdo : les révélations de la dernière compagne de Charb », Thibault Raisse, Le Parisien, 18 octobre 2015.
[3] « Les armes de Charlie-Hebdo couvertes par le Secret-Défense », Réseau Voltaire, 17 septembre 2015.
[4] « Qui a commandité l’attentat contre Charlie Hebdo ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 janvier 2015.
[5] « Charlie Hebdo a bon dos », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 janvier 2015.
[6] « De quoi ont peur les politiques et les journalistes français ? », par Réseau Voltaire, 25 janvier 2015.
[7] Qui est Charlie ? : Sociologie d’une crise religieuse, Emmanuel Todd, Seuil,‎ 5 mai 2015, 252 p.
[8] « 11 mars 2004 à Madrid : était-ce vraiment un attentat islamiste ? », « Attentats de Madrid : l’hypothèse atlantiste », par Mathieu Miquel, Réseau Voltaire, 11 octobre et 6 novembre 2009.
[9] The Siege, Adrian Levy & Cathy Scott-Clark, Penguin, 2013.
[10] « Pression militaire et succès diplomatique pour les rebelles syriens », par Isabelle Maudraud, Le Monde, 13 décembre 2012.
[11] Voir le témoignage de l’ancien président du Conseil constitutionnel Roland Dumas sur LCP.
[12] Lire l’intervention du représentant syrien « Résolution 2165 et débats (aide humanitaire en Syrie) », Réseau Voltaire, 14 juillet 2014.
[13] Ce point est ignoré de la presse occidentale, mais a été largement discuté un an durant par la presse arabe et perse. La vérité a éclaté au grand jour lorsque cinquante analystes du CentCom ont dénoncé les mensonges des rapports sur la Coalition, qu’une enquête interne a été déclenchée et que, finalement, le général John Allen a été contraint à la démission. Voir notamment : « Stewart, Brennan et Cardillo dénoncent les manipulations du Renseignement au Pentagone » et « Le général Allen présente sa démission (Bloomberg) », Réseau Voltaire, 12 et 23 septembre 2015.
[14] « La France tente d’entraver le déploiement militaire russe en Syrie », Réseau Voltaire, 6 septembre 2015.
[15] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.
[16] Pour en savoir plus : « Le rôle de la famille Erdoğan au sein de Daesh », Réseau Voltaire, 26 juillet 2015.
[17] Daesh a été initialement constitué en Irak dans le cadre d’un plan visant à mettre fin à la Résistance à l’occupation états-unienne. Pour ce faire, les USA ont créé des milices anti-chiites —dont l’Émirat islamique en Irak, futur « Daesh »—, puis des milices anti-sunnites. En définitive, les deux groupes de population ont oublié l’armée d’occupation et se sont battus entre eux.
[18] « Valls : la France engagée contre le terrorisme », AFP et Le Figaro, 11 novembre 2015.
[19] « La grande peur du terrorisme », Timothée Boutry, Le Parisien-Aujourd’hui en France, 13 novembre 2015.
[21] Cf. Intervention du Dr Patrice Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, sur France Info à 10h26 et au journal du soir de France2, le 14 novembre 2015.
[22] « Discours de Vladimir Poutine à la 70ème Assemblée générale de l’Onu », par Vladimir Poutine, Réseau Voltaire, 28 septembre 2015.
Thierry Meyssan
Thierry Meyssan Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007). Compte Twitter officiel.
 

Ankara avait avertit Hollande deux fois depuis 2014

Le soir du 13 novembre dernier, lorsque j'ai vu François Hollande livrant sa première conférence de presse à la suite du carnage qui avait lieu dans Paris, j'ai cru revoir le même visage impassible que portait George W. Bush au moment où on lui apprenait l'attaque des Tours jumelles par de supposés missiles.  Et que tout allait comme prévu.  Cela dit, un visage sur lequel on s'efforce de cacher la satisfaction et/ou la résignation, c'est selon, de voir que le plan qu'on connaissait d'avance,  avait réussi. 
 
  
 
La Turquie a mis en garde à deux reprises en un an la France au sujet d’un des militants jihadistes qui s’est fait exploser vendredi soir dernier lors des attentats de Paris, mais assure n’avoir reçu aucune réponse, a déclaré à l’AFP un responsable gouvernemental turc.

La police turque « a informé la police française deux fois, en décembre 2014 et juin 2015 » au sujet d’Omar Ismaïl Mostefaï, un des assaillants de la salle de concert parisienne du Bataclan, a précisé ce responsable sous couvert de l’anonymat.

« Nous n’avons toutefois jamais eu de retour de la France sur cette question », a-t-il poursuivi.

Source: Times of Israël.

mardi 10 novembre 2015

Une chercheuse russe prédit un mini-âge de glace entre 2030 et 2040

 
 
 
Aude Ottevanger
Express.be
sam., 07 nov. 2015 09:16 UTC
 
Une équipe de chercheurs européens a découvert que la terre devrait passer par un "mini âge de glace" entre 2030 et 2040, en raison d'une diminution de l'activité solaire, une évolution contraire à celle que les environnementalistes prédisent qu'en 2030, et qui serait matérialisée par la fonte des glaciers et la montée du niveau des mers.

Le professeur Zharkova de la Northumbria University affirme qu'un cycle de fluctuations solaires de 11 ans provoquera des gelées jamais vues depuis l'âge de glace du 17e siècle, qui avait duré 70 ans, et durant lequel la Tamise avait entièrement gelé.

La chercheuse explique que deux vagues magnétiques vont s'annuler l'une l'autre en 2030, provoquant une diminution des taches solaires et des éruptions solaires d'environ 60%. Les taches solaires sont des concentrations sombres de flux de champs magnétiques en surface tandis que les éruptions solaires sont des jets d'énergie solaire qui se propagent au travers du système solaire, mais dont nous sommes protégés par l'atmosphère terrestre. Durant le "cycle solaire 26", d'une durée de 10 à 12 ans, comme tous les cycles solaires, ces deux forces seront confrontées l'une à l'autre au même moment, chacune à un hémisphère différent du soleil, ce qui conduira à cette réduction de l'acitivité solaire.

Ses collègues de différentes université d'Angleterre et de Russie ont utilisé les observations de champs magnétiques effectuées entre 1976 et 2008 à l'observatoire Wilcox de l'Université de Stanford. La théorie de la "double dynamo" appuie la théorie scientifique du refroidissement mondial due à une "hibernation" du soleil.
 
Source: Sott.net

lundi 9 novembre 2015

Paul Craig Roberts: l'Occident se dirige vers des révolutions violentes

D’après le politologue américain, la politique menée par l'Occident prive les gens de perspectives économiques.

 
La politique des États occidentaux pourrait mener prochainement les sociétés européennes vers des révolutions violentes et une privation complète de droits économiques et politiques, estime le politologue américain Paul Craig Roberts.

Selon lui, de nombreux facteurs cumulés pourraient devenir les causes de cette catastrophe. En particulier, la politique économique de l'Occident qui prévoit l'augmentation du secteur financier dans le produit intérieur brut (PIB) des États.

Un autre facteur est la création d'emplois dits off-shore qui réduisent la participation à la production de biens et services vendus sur le marché domestique des pays occidentaux.

D'après M. Roberts, ces deux facteurs privent les gens de perspectives économiques.

Cette perte de perspectives de créations d’emplois, de volonté politique et les traités de libre-échange transatlantique et transpacifique "élimineront la souveraineté politique et transformeront les gouvernements en entreprises mondiales", croit l’analyste.

"La démocratie se remplace tout simplement par le pouvoir corporatif", indique M. Roberts, en précisant que des acteurs pareils ne représentent pas d'intérêts pour la population, mais servent les intérêts des entreprises.
 
"Après la conclusion du partenariat, le gouvernement pourrait être considéré comme privatisé. Il n'y a plus de sens d’avoir des organismes législatifs, des présidents, des premiers-ministres et des tribunaux", estime-t-il.

Cependant, il y a des pays ne se trouvant pas dans ces alliances: la Russie, la Chine, l'Iran, le Brésil, l'Inde et l'Afrique du sud.

"Ces pays deviendront un réservoir de souveraineté nationale et de contrôle public, tandis que la liberté et la démocratie va disparaître en Occident", conclu le politologue.

Source: Sputniknews.com

samedi 7 novembre 2015

L’étrange écrasement de l’Airbus A321-200 russe Metrojet – « L'État islamique est la créature de la CIA »

Kolavia Flight

L’explosion et l’écrasement de l’Airbus A321-200 russe Metrojet qui volait au-dessus de la péninsule du Sinaï en Égypte soulèvent de nouvelles questions inquiétantes. De nombreuses théories ne manqueront pas de circuler au fil d’une autre longue « enquête » internationale, avec leur part de propagande politique incessante venant de tous bords, tous côtés.
 
Nous entendons ces jours-ci diverses variations des mêmes deux thèmes : une défaillance mécanique catastrophique ou une bombe. 
 
Bien des responsables ont déjà écarté la piste d’un missile, car rien n’indique qu’il y a eu lancement ou consommation carburant par réacteur. Des satellites étasuniens ont détecté de la chaleur autour de l’avion avant l’explosion, dont la cause reste inconnue. Interviewé par l’agence Associated Press, l’analyste aéronautique Paul Beaver a affirmé que rien n’indique qu’il s’agissait d’une bombe ou que quelqu’un a tiré des coups de feu dans l’avion; bien des choses ont pu se passer. Ajoutant au mystère, il a également signalé qu’en cas d’explosion d’un réservoir ou d’un moteur, les moteurs sont conçus de manière à ce que toute défectuosité ou tout bris reste confiné à l’intérieur du moteur.
 
L’avion s’est brisé à haute altitude.
 
Des responsables britanniques ont fortement appuyé par la suite l’hypothèse d’une bombe. Voilà maintenant que des responsables du renseignement des USA souscrivent eux aussi à la thèse de la bombe.
 
Derrière l’écran de fumée politique, se dégage un scénario qui mérite attention.  Le groupe État islamique (EI) a assumé la responsabilité de l’écrasement. Dans un manifeste, EI a prétendu avoir abattu l’avion russe en représailles à l’intervention militaire russe en Syrie.
 
Des responsables égyptiens ont aussitôt qualifié l’annonce de propagande portant atteinte à l’image de l’Égypte. N’empêche que l’authenticité de la propagande de EI n’a pas été réfutée. La nature de la propagande était conforme aux manifestes précédents, qui est le modus operandi de la CIA. Les preuves sont insuffisantes pour étayer l’allégation, sauf qu’elles sont invariablement insuffisantes.
 
C’est voulu.
 
Compte tenu du fait abondamment confirmé que EI (EIIS, EIIL, Da’ech, etc.) est une créature des services secrets des USA, qui sert de façade à la CIA et à Washington sur le plan militaire et du renseignement et dont les combattants sont financés, recrutés et entraînés par les USA et leurs alliés, pourquoi ses revendications de responsabilité ne pourraient-elles pas être prises au pied de la lettre?
 
En cette ère où les atrocités et les tromperies sous fausse bannière font partie intégrante de la politique étrangère des USA, il n’y a rien d’inconcevable à ce que des forces alliées à Washington puissent commettre un autre acte de terrorisme ou de guerre, en guise d’avertissement ou par pure provocation à l’intention de Moscou.
 
Ce n’est pas la première fois que l’écrasement d’un avion serait exploité à des fins politiques contre la Russie. L’exemple d’opération sous fausse bannière qui vient à l’esprit est celui du vol MH-17 qu’on a abattu, avec tout le camouflage et la propagande qui a suivi. L’histoire est remplie d’opérations secrètes des USA conduisant à des atrocités impliquant des avions.
 
La CIA accomplit son travail de manière opportuniste, flexible et sélective. Dans le cas qui nous intéresse, qui survient à un moment bien choisi, Washington peut réfuter la thèse terroriste, lancer des avertissements contre le terrorisme, rejeter la rhétorique djihadiste (qui émane de sa propre machine de propagande) et exprimer sa sympathie, tout en envoyant un message politique sans équivoque à Moscou.
 
Pareil scénario relève davantage qu’une simple théorie du complot lorsqu’on tient compte des réalités sur l’échiquier mondial et du fait qu’une guerre entre superpuissances est en cours. Comme l’écrivait Michel Chossudovsky :
 
Pendant que les médias rapportent que la Russie soutient la campagne antiterroriste, dans les faits, la Russie combat (indirectement) la coalition USA-OTAN en soutenant le gouvernement syrien contre les terroristes, qui se trouvent à être les fantassins de l’alliance militaire occidentale, qui comptent des mercenaires et des conseillers militaires occidentaux dans leurs rangs. Concrètement, la Russie combat des terroristes soutenus par les USA.
 
La vérité inavouable, c’est qu’en fournissant une aide militaire à la Syrie et à l’Irak, la Russie s’en prend (indirectement) aux USA.
 
Dans cette guerre par procuration, Moscou va soutenir ces deux pays dans leur lutte contre EIIS, qui est soutenu par les USA et ses alliés.
 
La Russie est maintenant directement engagée dans une campagne de lutte antiterroriste en coordination avec les gouvernements syriens et irakiens.
 
 
En réalité,  les pays engagés dans cette guerre proviennent maintenant des quatre hémisphères de la planète et ce conflit sera très certainement une lutte sans merci.
 
Nous pouvons même aller au-delà de cette vision modérée. De l’Ukraine à la Syrie, sans oublier les autres points chauds au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, nous assistons à une guerre de plus en plus ouverte entre Washington et la Russie qui rappelle la Guerre froide (Vietnam, etc.), mais dont les enjeux sont encore plus grands, car elle entraîne dans son sillage une très large part du globe. On n’a qu’à penser à la tension grandissante entre les USA et la Chine et à examiner la carte des conflits mondiaux, qui s’étendent pratiquement sur toute la planète. Ce qui est sûr, c’est que la guerre entre les superpuissances s’intensifie et qu’elle a peut-être même atteint le point de non-retour.
 
Abattre un avion de passagers russe, ce n’est rien pour des criminels de guerre aux aspirations grandioses de conquête des territoires les plus riches en ressources de la Terre.
 
La Russie est ouvertement et résolument engagée dans des opérations militaires efficaces contre les façades terroristes des USA et de l’OTAN que sont toutes les armées djihadistes terroristes, y compris EIIS, EIIL, Al-Qaïda et le front al-Nosra, ces créatures des USA et de la CIA. Ce que Moscou est parvenu à faire, c’est mettre Washington au pied du mur et monter les enchères.
 
En faisant un raccourci quelque peu simpliste, Moscou a dit :
 
Si vous (USA-OTAN) voulez vraiment combattre le terrorisme dans l’ensemble de la région, nous allons « vous aider » en nous attaquant vraiment au problème.
 
L’intervention de la Russie a suscité des gémissements éplorés à Washington, parce qu’elle gêne de plus en plus les façades terroristes de l’empire anglo-américain dans sa tentative de faire renverser le régime Assad. Les pourparlers de paix de Vienne et de Genève ne sont que de la poudre aux yeux dont se sert Washington pour se donner le temps de contrecarrer les actions de la Russie.
 
Les Russes, qui agissent comme s’ils étaient les bons, ont tout gâché, en faisant tomber le masque des USA qui se font passer pour les bons tout en menant des opérations criminelles de grande ampleur. Il fallait désespérément répondre à cette humiliation infligée à l’Empire.
 
L’écrasement de l’Airbus A321-200 russe Metrojet pourrait-il faire partie de cette réponse? Le message d’État islamique (alias la CIA) était on ne peut plus clair.
 
Le message a été bien entendu. Par l’entremise de son porte-parole Dmitri Peskov, le président russe Vladimir Poutine a rapidement rejeté tout lien entre l’écrasement et l’opération militaire russe en Syrie, pendant que Poutine lui-même a juré que rien ne parviendra à effrayer les Russes.
Larry Chin

Article original en anglais :
The Suspicious Downing of Russia’s Metrojet Airbus A321-200. “The ISIS is a Creation of the CIA”, publié le 5 novembre 2015.
Traduit par Daniel pour Mondialisation.ca

jeudi 5 novembre 2015

La Syrie et la Russie sont-elles plus démocratiques que les États-Unis ?

 
Harrison Koehli
Sott.net
dim., 25 oct. 2015 19:05 UTC
 
« Assad est un dictateur ». J'entends beaucoup cette phrase : aux infos, lors de conversations personnelles avec des gens et dans la bouche des auditeurs de l'émission de radio que je coanime. Mais je suis toujours décontenancé à chaque fois que je l'entends. Pour être totalement honnête, je crois que je devrais démarrer avec une abomination : je ne pense pas nécessairement qu'un dictateur soit une mauvaise chose. Prenez le temps de vous calmer avant que je ne poursuive.

Le mot « dictateur » vient de la Rome antique, où la fonction de dictateur était tenue par un individu à l'origine pour une période de 6 mois, et dans le but exprès d'accomplir une mission spécifique. Caius Jules César porta ce mandat à une année entière avant d'être élu dictator perpetuo - dictateur à vie.

Comme pour n'importe quelle fonction publique, il est possible d'abuser de cette position, telle que le fit Sylla dans la Rome antique. Mais ce n'est pas toujours le cas. Si les bonnes intentions d'un dirigeant envers le peuple sont sincères et s'il bénéficie de son soutien, « une dictature bienveillante » comporte plusieurs avantages par rapport à un système où l'équipe dirigeante change tous les quatre ans ou presque. Par exemple, un système à court terme favorise des objectifs à court terme. Quelle est l'utilité d'une planification à long terme si vous êtes flanqués à la porte dans quelques années seulement ? C'est le problème que rencontra César : ses ennemis de l'oligarchie aristocratique réactionnaire pouvaient tout simplement abroger les lois ou annuler les projets qu'il avait amorcés alors qu'il était en fonction. À quoi bon tenter de réaliser des changements bénéfiques durables dans un gouvernement de ce type ? Tant qu'un dirigeant continue de satisfaire au critère qui consiste à prendre de sages décisions qui bénéficient à l'état, pourquoi ne pas le conserver au pouvoir aussi longtemps que possible plutôt que de le remplacer après quelques années par un médiocre rabatteur du monde des affaires.

Mais même si ce terme avait une signification très spécifique dans la Rome antique, de nos jours il tend à évoquer des images du « méchant dictateur » : généralement un homme qui gouverne à vie (ou a minima pendant des décennies), exerce beaucoup de pouvoir et, le plus important, opprime son peuple. Si telle est votre définition, alors bien sûr qu'un dictateur serait une mauvaise chose simplement parce que, par définition, cette personne serait malveillante. Mais y a-t-il quoi que ce soit de mal, en théorie, dans le fait de servir à vie ou d'exercer beaucoup de pouvoir ?

Même dans les « démocraties » occidentales, il n'est pas exceptionnel que des dirigeants gouvernent pendant des périodes prolongées. Au Canada, les Premiers ministres William Lyon Mackenzie King et Sir John A. Macdonald ont respectivement servi 21,5 ans et 19 ans. Plus récemment, le père de l'actuel premier ministre Justin Trudeau, Pierre Trudeau, a servi 15,5 ans.

Aujourd'hui, le Syrien Bachar el-Assad sert son pays en tant que président depuis plus de 15 ans. Le Russe Vladimir Poutine a servi en tant que président ou Premier ministre depuis un peu plus de 16 ans. L'Islandais Ólafur Ragnar Grímsson est président depuis plus de 19 ans. L'Islande est-elle une dictature ? Si oui, ils font quelque chose de bien. Tout récemment, par exemple, ils ont emprisonné 26 autres banquiers pour le rôle qu'ils ont joué dans la crise financière de 2008. Bonne chance pour obtenir ce genre de justice dans n'importe laquelle des « plus grandes démocraties du monde ».

Certes, Grímsson ne détient pas « tout le pouvoir ». Mais Mouammar Kadhafi, qui a dirigé la Libye pendant 42 ans avant de se faire assassiner, avait sans doute beaucoup plus de « pouvoir » que quelqu'un comme Grímsson. Et contrairement à l'image qui nous est présentée en Occident, il a pratiquement créé un état utopique comparé à n'importe où ailleurs sur la planète : logement abordable, électricité gratuite, éducation et soins médicaux, travaux publiques importants, et davantage. Bien entendu, la Libye n'a plus rien de tout cela ; l'OTAN et les États-Unis l'ont détruite au nom de la liberté et de la démocratie. Pour plus d'informations, consultez ces articles :

La vérité est virale - Libye : la vraie histoire

Pourquoi Kadhafi doit mourir - les raisons réelles

10 choses que vous ne saviez pas à propos de la soi-disant dictature de Kadhafi en Libye

Kadhafi sacré « roi des rois » d'Afrique par plus de 200 rois et sages tribaux

Kadhafi parle de la démocratie, des dictateurs et de la paix dans le monde

Mais revenons à Assad. Aujourd'hui, le député du parti communiste russe, Alexandre Iouchtchenko, a déclaré à l'agence de presse TASS qu'Assad « est prêt à discuter de modifications à la constitution, à organiser des élections parlementaires, et si le peuple syrien le juge nécessaire, à organiser des élections présidentielles ». Iouchtchenko faisait partie d'une délégation russe arrivée à Damas vendredi et accompagnée d'une expédition d'aide humanitaire comprenant des médicaments et de la nourriture pour les enfants.
Selon Iouchtchenko, qui a rencontré le président syrien à Damas, Assad est « totalement confiant en ses chances [de victoire] » si des élections devaient avoir lieu.

Lors de la rencontre, le dirigeant syrien a mis l'accent sur le fait que « le combat contre le terrorisme deviendra le fondement d'un monde nouveau et juste basé sur la souveraineté et la coopération ».
Assad est extrêmement populaire en Syrie, mais les médias ou les politiciens occidentaux n'accordent aucun crédit à ce fait. La raison en est simple : les États-Unis veulent qu'Assad parte. Pour ce faire, ils ont formé des terroristes, les ont armés et financés pour faire à la Syrie ce qu'ils ont fait à la Libye. Et ils nous rebattent les oreilles avec la soi-disant « opposition modérée » qu'ils soutiennent. Mais le problème, c'est que les Syriens ne soutiennent pas cette « opposition ». Elle n'existe même pas en tant que telle. Tous les groupes armés contre lesquels lutte l'armée d'Assad utilisent les mêmes méthodes terroristes et veulent la même chose - un « état islamique ». Soutenir ce genre de groupes - c'est-à-dire œuvrer pour s'assurer qu'ils s'emparent du gouvernement syrien - reviendrait à ce que la Russie finance, arme et entraîne le Green Party aux États-Unis pour attaquer la Maison-Blanche et prendre les rênes du pouvoir - si le Green Party était un groupe religieux radical de coupeurs de tête extrémistes, on s'entend.

Soutenir n'importe quelle opposition étrangère est par principe totalement antidémocratique. Rien que suggérer qu'il soit acceptable de dire à un autre pays que son dirigeant démocratiquement élu « doit partir » devrait insulter l'intelligence de toute personne douée de raison sur cette planète. Cela viole totalement le présumé fondement de la démocratie : la volonté du peuple. Et non seulement cela, mais l'« opposition » que soutient l'Occident en Syrie est littéralement terroriste ! J'en suis sidéré. Et je dois avouer que je ne sais pas comment les Russes gardent leur sang-froid. Par exemple, après le discours de Poutine à la séance plénière de la conférence Valdaï de cette année à Sotchi, Niel Buckley du Financial Times a posé cette question : « Puis-je vous demander d'utiliser ce forum pour me dire plus concrètement et en détail comment vous envisagez la forme d'un quelconque processus de paix et d'un accord éventuel en Syrie ? La Russie est-elle prête à accepter, par exemple, un partage de la Syrie ? M.Assad devra-t-il finalement se retirer ? Et s'il le fait, quelle sorte de dirigeant pourrait le remplacer ? »

La réponse de Poutine :
Au sujet du départ obligé ou non d'Assad, j'ai déjà dit plusieurs fois que je pense qu'il est incorrect de ne serait-ce que poser cette question. Comment pouvons-nous demander ou décider, depuis l'extérieur, si tel ou tel dirigeant d'un pays devrait rester ou partir ? C'est au peuple syrien d'en décider. Permettez-moi cependant d'ajouter que nous devons être certains que ce gouvernement soit constitué selon des procédures démocratiques transparentes. Nous pouvons parler d'exercer une sorte de surveillance internationale de ces procédures, y compris des procédures électorales, mais ce contrôle doit être objectif et, encore plus important, il ne doit pas comporter de parti pris en faveur d'un pays ou groupe de pays quelconque.
Que Dieu le bénisse. Dans sa position, j'aurais été tenté de dire : « Pardon ?! Sur quelle foutue planète vivez-vous ? » Le nombre de suppositions impérialistes arrogantes sous-jacentes aux questions de Buckley montre seulement à quel point les Étasuniens blasés comme lui sont totalement dans une vision du monde complètement auto-centrée sur les États-Unis, où l'Empire a toujours raison, prend toutes les décisions et n'arrive même pas à concevoir que quelqu'un pourrait penser autrement. Sa première question était assez innocente : « À quoi ressemblera le processus de paix ? ». Mais qui serait responsable d'un partage de la Syrie ? Évidemment des puissances étrangères. Par quelle autorité Assad « devra »-t-il se retirer ? Évidemment celle des puissances étrangères. Qui déterminera « quelle sorte » de dirigeant le remplacera ? Évidemment des puissances étrangères. C'est du gros n'importe quoi. Comme l'indique Poutine, les réponses sont évidentes : des élections devraient être organisées et le peuple syrien décidera. Comment devrait-il en être autrement ?!

Il est ahurissant que des gens comme Buckley puissent allègrement accepter l'idée que des pays comme les États-Unis peuvent décider si oui ou non un dirigeant démocratiquement élu peut « rester ou partir », qu'ils peuvent décider des frontières d'une nation souveraine, qu'ils peuvent décider « quelle sorte » de dirigeant devrait remplacer celui qu'ils n'aiment pas. C'est totalement et absolument n'importe quoi.

Poutine a mis cela en perspective dans une autre réponse à Valdaï :
Un autre de nos collègues a dit qu'il est faux d'interpréter que les choses suggèrent que les États-Unis cherchent à changer le système politique et le gouvernement en Russie. Il m'est difficile d'être d'accord avec cet argument. Les États-Unis ont une loi qui concerne l'Ukraine, mais elle mentionne directement la Russie, et cette loi stipule que le but est la démocratisation de la Fédération russe. Imaginez simplement si nous inscrivions dans la loi russe que notre objectif est de démocratiser les États-Unis, bien qu'en principe nous pourrions le faire, et laissez-moi vous expliquer pourquoi.

Il y a des justifications à cela. Tout le monde sait qu'à deux occasions dans l'histoire étasunienne, un président est parvenu au pouvoir avec le vote de la majorité des membres du collège électoral mais la minorité des votants. Est-ce démocratique ? Non, la démocratie c'est le pouvoir du peuple, la volonté de la majorité. Comment quelqu'un peut-il être élu à la plus haute fonction du pays par seulement une minorité de votants ? C'est un problème dans votre constitution, mais nous ne demandons pas à ce que vous changiez votre constitution.

Nous pouvons en débattre éternellement, mais qu'un pays écrive ce genre de choses dans ses lois nationales et finance l'opposition nationale [d'un autre pays] [...] Il est normal d'avoir une opposition mais celle-ci doit subsister grâce à ses propres ressources, et qu'un pays dépense ouvertement des milliards à la soutenir, est-ce une pratique politique normale ? Cela aidera-t-il à ériger un esprit de confiance entre États ? Je ne le pense pas.
Je me dois d'être d'accord avec Poutine. En fait, lorsqu'il s'agit d'élections et des dirigeants élus qui en résultent, la Russie et la Syrie semblent beaucoup plus démocratiques que les États-Unis d'Amérique. Prenez, par exemple, l'élection présidentielle de 2000 aux États-Unis :

►54,2% de la population sont allés voter

► dont 47,87% ont voté pour Bush (48,38% pour Gore)

Autrement dit, sur la totalité des électeurs, 25,9% ont voté pour Bush. Bien entendu, il a gagné malgré le fait que Gore disposait de plus de voix, comme l'a souligné Poutine. Mais pouvez-vous imaginer un journaliste russe poser une question pareille à David Cameron ?
« M. Cameron, étant donné l'horrible abus de pouvoir du régime Obama, la violence à l'encontre des manifestants pacifiques et l'assassinat de civils par les services de sécurité appelés « police », comment envisagez-vous la forme d'un quelconque processus de paix et d'un accord éventuel aux États-Unis ? Le Royaume-Uni est-il prêt à accepter, par exemple, un partage des États-Unis ? M. Obama devra-t-il finalement se retirer ? Et s'il le fait, quelle sorte de dirigeant pourrait le remplacer ? »
Invraisemblable.

Maintenant, prenez l'élection présidentielle étasunienne de 2012 :

► 58,2% de la population sont allés voter

► dont 51,06% ont voté pour Obama

► donc, 29,7% des électeurs ont voté pour Obama

Ce n'est pas mal, ou du moins, pas aussi mauvais que l'élection de Bush.

Maintenant, traversons l'océan Atlantique et regardons les élections russes de 2012 :

► 65,25% de la population sont allés voter

► dont 63,64% ont voté pour Poutine

► donc, 41,5% des électeurs russes ont en fait voté pour Poutine

Bien mieux ! Et encore mieux, 90% des Russes, qu'ils aient voté pour lui ou non, le soutiennent et pensent qu'il fait bien son boulot ! En revanche, la cote de confiance d'Obama se situe à environ 46 %— à peine la base d'un soutien populaire.

Et Assad ? Bon nombre de détracteurs en pantoufles de ce « dictateur » ne savent probablement pas qu'il a été réélu tout juste l'année dernière, après 3 ans de guerre contre les mercenaires étrangers. Aux élections de 2014 :

► 73,42% de la population sont allés voter

► dont 88,7% ont voté pour Assad

► donc, 65% des Syriens ont voté pour Assad

C'était en plein milieu d'une crise des réfugiés. Tandis que de nombreux pays ont permis aux Syriens au sein de leurs frontières de voter à leurs ambassades respectives, la Belgique, le Canada, l'Égypte, la France, l'Allemagne, l'Arabie Saoudite, la Turquie, les Émirats Arabes Unis et les États-Unis n'ont pas permis que des élections soient organisées dans leurs ambassades syriennes.

Deux Syriens sur trois ont voté pour Assad. Un Étasunien sur quatre a voté pour Bush. Un Étasunien sur trois a voté pour Obama. Il y a manifestement quelque chose qui cloche dans ce tableau. Peut-être n'est-ce que moi. Peut-être la démocratie c'est quand une minorité de gens vote pour la personne au pouvoir. Soit c'est cela, soit la Syrie est plus démocratique que les États-Unis.

Si la Syrie organise assez rapidement des élections, cela constituera un nouveau coup de maître dans la guerre contre l'impérialisme et le terrorisme des États-Unis et de l'OTAN. Tout politicien occidental important est obligé de répéter bêtement les points de discussion approuvés : « Assad est un dictateur. Il tue son peuple. Il doit partir. » Ce ne sont que des mensonges ou des diffamations, évidemment. Mais avec la présence de la Syrie et de la Russie aux infos, c'est le moment idéal pour une élection syrienne libre et démocratique. Assad sait qu'il gagnera, parce qu'il a lui aussi la cote de confiance du niveau de Poutine dans son pays. Que pourront alors dire les États-Unis ? Ils devront refuser ouvertement de soutenir la démocratie en Syrie - au nom de la démocratie pour la Syrie. Ce ne sera pas la première fois qu'ils se feront prendre à leur propre piège mensonger. La Russie et la Syrie ont déjà dévoilé les hypocrites meurtriers éhontés qu'ils sont en leur faisant défendre publiquement les terroristes qui opèrent en Syrie.

Poutine a laissé une chance aux Étasuniens (il leur laisse toujours des occasions, tout comme César donnait l'occasion à ses ennemis de revenir à la raison, du début à la fin). Si leur lutte contre le terrorisme est sincère, alors qu'ils donnent un coup de main. Mais ils ne le feront pas. Et ils ne le feront pas parce qu'ils ne peuvent pas. Leur lutte contre le terrorisme n'a jamais été sincère. En fait, ils ont activement soutenu, créé et exploité le terrorisme tout du long. Cela devient désormais visible pour le monde entier. Et c'est une bonne chose pour la vraie liberté et la vraie démocratie.
   
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Harrison Koehli (Profile)
          
Harrison Koehli est originaire d'Edmonton, dans l'Alberta (Canada). Diplômé en musique, Harrison est éditeur pour Red Pill Press et le magazine Dot Connector, et a été invité à plusieurs émissions de radio nord américaines, en reconnaissance de ses contributions à l'avancement de l'étude de la ponérologie. Quand il n'est pas pris par l'édition ou l'écriture, Harrison dévore des livres et travaille au Rabbit Hole, un disquaire/libraire indépendant. Outre la musique et la lecture, Harrison aime le tabac et le bacon (les deux souvent en même temps) et n'aime pas les téléphones portables, les légumes et les fascistes.

Source: Sott.net