mercredi 12 octobre 2016

Trump contraint à l’option nucléaire



Il se battra désormais comme un indépendant. Un indépendant avec de la rogne, car il n’a plus rien à perdre…
 
Trump savait qu’il devrait, à la suite de son débat percutant de dimanche, affronter les manipulations médiatiques habituelles : sondages « scientifiques » instantanés le donnant perdant, parution immédiate de grands sondages réalisés après la révélation, vendredi dernier, de ses propos pornographiques, mais avant le débat : plus de 10 points d’avance pour Clinton. Nous anticipions, cependant, lundi que les républicains parlementaires réservaient un sale coup à Trump.
C’est fait. Le vertueux Paul Ryan, futur candidat à la présidence, fier sans doute d’avoir rédigé son propre programme politique pro-globalisme (« The Better Way »), a organisé lundi matin une conférence téléphonique avec les élus républicains, ses amis s’empressant d’organiser des fuites dans les médias. Un thème : Hillary Clinton a déjà gagné l’élection et les parlementaires doivent maintenant s’occuper de leur réélection, et donc couper Trump des ressources locales nécessaires. On ne pouvait trouver mieux afin de lui casser les reins au lendemain de son rétablissement spectaculaire.
Comme le disait lundi soir sur Fox News la journaliste duWashington Times Monica Crowley : « Trump doit se battre sur tous les fronts : Obama, Clinton, les médias, Hollywood et l’establishment républicain. » Ce que complétait Laura Ingraham :« Ils n’ont pas peur que Trump perde. Ils ont peur qu’il gagne. »Furieux, l’ancien gouverneur de l’Arkansas Mike Huckabee a repris plus tard la même idée : « C’est parce que Trump va détruire leurs petits avantages. » Rebelote, lundi, de la part de madame Ingraham : « Si Ryan est content de son “Better Way”, qu’il quitte la politique et rejoigne un think tank ! Le jeu politique, c’est de gagner ! Les démocrates sont solidaires même s’ils haïssent Hillary. Ils veulent gagner. Les républicains veulent pontifier… »
L’abcès est crevé et les enjeux sont clairs, Trump précisant mardi :« C’est bien de ne plus être aux fers. Je vais enfin me battre pour l’Amérique comme je le veux. » Ce qui fait dire au Wall Street Journal qu’il se battra désormais comme un indépendant.
Un indépendant avec de la rogne, car il n’a plus rien à perdre… et tout à gagner en se présentant comme le justicier de tous face à l’oligarchie, et non comme un « conservateur ». Un justicier qui catalogue les deux Clinton comme passibles de prison et promet, si élu, de réparer ce déni de justice de l’administration Obama en rouvrant les enquêtes. De quoi motiver ses électeurs et ceux de Sanders. D’où son acharnement sur le couple… et sur les craintifs enfants énurétiques du Parti républicain. 
 
Pas très malins, les enfants : si Trump ne gagne pas, ses électeurs se vengeront sur les « collabos » républicains. Un nouveau parti émergera alors… soutenu par le groupe de médias qu’il projette de lancer avec Steve Bannon (de Breitbart) et la famille Mercer. Mais il veut gagner, commençant à vraiment investir, au moment où WikiLeaks commence à produire suffisamment de nouveau pour troubler les « modérés », les concentrant sur les vrais choix. Il reste 28 jours…
 
Les tartuffes ne sont plus dans le train. Dans ce contexte, à moins d’une horreur dont on se serait rendu complice en ne la divulguant pas plus tôt, peu importera que l’on sorte de nouvelles affaires sur son compte. Quant à l’argument « C’est Poutine qui se mêle de notre élection », il s’estompera au fur et à mesure des révélations de Julian Assange. L’œil était dans la tombe et regardait Caïn…
Source: Boulevard Voltaire

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