samedi 30 avril 2016

Le FN doit-il finalement abandonner la sortie de l’euro ?


Depuis sa création l’Euro a perdu 40 % de sa valeur vis-à-vis du franc suisse.

Les Français sont attachés à l’euro, semblent nous dire les sondages, et même à une large majorité. Parmi les sympathisants FN aussi, le rejet de la monnaie unique – encore majoritaire – semble en recul. Les instances dirigeantes du parti ont beau clamer que sortir de l’euro est toujours à leur programme, force est de constater que le sujet a été mis en sourdine, du moins publiquement. Le FN doit-il, en fin de compte, abandonner son projet de sortir de l’euro ?

Tout d’abord, méfions-nous des sondages. On peut vouloir quelque chose juste pour éviter le pire et, dans ce cas, parler d’attachement est totalement abusif. Demandez aux Taïwanais ce qu’ils pensent d’une indépendance de jure (car de facto c’est acquis depuis longtemps) de leur pays, ils répondront qu’ils y sont opposés à 70 %. Posez la même question avec l’hypothèse où la Chine leur laisserait le champ libre, c’est oui à 90 %. Que diraient les Français s’ils avaient la garantie qu’une sortie unilatérale de la zone euro ne serait pas combattue par les autres États membres ?

Ce constat renvoie à une question trop souvent éludée par les partisans de la sortie de l’euro (Sapir, Todd) qui, de bonne foi, nous expliquent qu’il n’y a pas de difficulté technique insurmontable à mener à bien cette entreprise.

Théoriquement, c’est juste, mais c’est aussi oublier la détermination de nos voisins à nous en empêcher, et au cas où nous y parviendrions, à nous en faire payer le prix, et c’est peu dire que les 170 milliards d’euros que la France doit emprunter chaque année sont une vulnérabilité majeure.

Une sortie concertée n’est déjà pas une chose simple, une sortie à couteaux tirés avec le reste du monde serait catastrophique (nos créanciers exigeraient le remboursement de notre dette en euros sous peine de ne pas accepter le franc en monnaie de paiement de nos importations).

Faut-il alors y renoncer ? Certainement pas. Une monnaie unique dans un espace culturel et économique hétérogène avec des pays qui mènent chacun leur politique fiscale et qui tiennent une comptabilité propre à chacun d’eux est totalement absurde.

L’argument maintes fois répété selon lequel la zone euro correspond à une phase intermédiaire devant favoriser une convergence économique avant une intégration politique complète ne tient plus. Si vous en doutez, alors ouvrez les yeux : depuis sa création, l’euro a perdu 40 % de sa valeur vis-à-vis du franc suisse, monnaie du seul pays d’Europe occidentale qui ne fait pas partie de l’Union européenne.

Loin d’être une monnaie refuge, l’euro fait peur. Pour justifier sa politique d’accueil aux migrants, l’Allemagne invoque son manque de main-d’œuvre. Or, il y a dans le sud de l’Europe, depuis plus de dix ans, près de 15 millions d’Européens en recherche d’emploi. L’Europe du travail n’existe pas. Jamais l’Allemagne n’a dominé ses partenaires européens autant que depuis la création de l’euro. L’euro, contrairement à ce qui était prévu, accentue les disparités au sein de la zone. Enfin, le Royaume-Uni ne fera jamais partie d’une Europe fédérale, c’est définitif. Or, s’il y a Brexit, les Pays-Bas suivront les premiers, puis la France.

L’Europe fédérale ne se fera donc jamais, ou alors de force, ce qui revient au même. Si le projet fédéraliste est mort, l’euro n’a plus lieu d’être. Que quatre ou cinq États membres parviennent à cette conclusion et le démembrement de tout le système se fera sans heurts. Inutile, donc, d’en parler aujourd’hui.
 
Source: Boulevard Voltaire

mercredi 27 avril 2016

PRIMAIRES AMÉRICAINES: Trump veut une politique étrangère moins interventionniste


Photo: Brendan Smialowski Agence France-PresseLe candidat républicain Donald Trump estime que Barack Obama a abandonné les alliés des États-Unis, notamment Israël.
 Washington — Donald Trump, le favori des primaires républicaines aux États-Unis, a déclaré mercredi qu’il entendait revoir la politique étrangère américaine dans une direction moins interventionniste, promettant de moins contribuer à la défense des alliés de Washington.
 
« Ma politique étrangère placera toujours les intérêts des Américains et la sécurité de l’Amérique avant toute autre chose », a déclaré Donald Trump lors d’un discours à Washington. «“L’Amérique d’abord” sera le thème majeur de mon administration ».
 
« Nos alliés ne paient pas leur part », a-t-il aussi répété, s’en prenant à l’OTAN. « Nous avons dépensé des milliers de milliards de dollars en avions, missiles, navires, équipements, nous avons investi dans notre armée pour défendre l’Europe et l’Asie. Les pays que nous défendons doivent payer pour le coût de leur défense. Sinon, les États-Unis doivent être prêts à laisser ces pays se défendre eux-mêmes ».
 
Mais Donald Trump a en même temps critiqué Barack Obama pour avoir selon lui abandonné les alliés des États-Unis, notamment Israël.
 
« Nos amis doivent pouvoir compter sur les accords que nous avons signés avec eux »,a-t-il dit, dénonçant l’annulation du projet de défense anti-missiles en Pologne et République tchèque, ou le lâchage du président égyptien Hosni Moubarak en 2011.
 
Le thème de son message était aussi de rétablir le respect de l’Amérique dans le monde, le magnat estimant que Barack Obama avait fait perdre du crédit aux États-Unis. Il a semblé particulièrement vexé que le président cubain Raul Castro n’ait pas accueilli en personne le président américain à son arrivée à l’aéroport de La Havane lors de sa récente visite. Donald Trump a aussi promis de renouer le lien avec la Russie.
 
Donald Trump a longuement insisté sur le coût de la défense, promettant d’une part d’augmenter le budget de la défense américaine, et d’autre part de rationaliser les aides militaires à l’étranger, soulignant que la dette américaine était trop élevée.
 
Lutter contre le groupe EI

Quant à « l’islam radical », il a promis d’annihiler le groupe État islamique (EI). « J’ai un message simple : leurs jours sont comptés », a-t-il dit.
 
« Je ne vais pas leur dire où ni comment. Nous devons, en tant que pays, être plus imprévisibles », a affirmé Donald Trump.
 
« Le [groupe] EI disparaîtra si je suis élu président, et ils disparaîtront rapidement. Très, très rapidement », a promis l’homme d’affaires.
 
Donald Trump a cependant défini une ligne clairement isolationniste. Dans cette campagne électorale, il a critiqué avec virulence la décision d’envahir l’Irak en 2003, qualifiant l’invasion de catastrophe.
 
« Nos amis et nos ennemis doivent savoir que si je trace une ligne rouge, je respecterai cette ligne rouge », a-t-il promis.
 
Mais « contrairement à d’autres candidats présidentiels, la guerre et l’agression ne seront pas mon premier instinct », a-t-il dit. « Nous ne pouvons pas avoir de politique étrangère sans diplomatie, une superpuissance comprend que la prudence et la retenue sont les véritables signes de force ».

Source: Le Devoir via Agence France Presse

lundi 25 avril 2016

Barack Obama, représentant de commerce de l’Union européenne


Gabriel Robin
Boulevard Voltaire
Sous les mandats de Barack Obama, le monde a découvert l’ingérence soft, aimable, mignonne ; osons le dire, festive.
Sous les mandats de Barack Obama, le monde a découvert l’ingérence soft, aimable, mignonne ; osons le dire, festive. Spécialiste ès petites blagues, comme les affectionnent les populaires animateurs de « talk-shows », le 44e président américain ressemble bien plus à une vedette de la télévision qu’à l’homme le plus puissant du monde. Du moins en apparence.
Accro aux mondanités, on l’a en effet souvent aperçu en compagnie d’acteurs, de sportifs, de chanteurs, de starlettes. Sa présidence fut assez faible, voire insignifiante. Mais ne vous y trompez pas, si Barack Obama n’a pas réussi à marquer la Maison-Blanche de son empreinte politique réelle, il s’est distingué négativement à plusieurs reprises et a réussi à séduire grâce à une présentation lisse qui nous a été donnée en exemple par les médias durant huit ans. Il a personnalisé sa présidence à outrance, notamment par ses publications régulières sur les réseaux sociaux. Son bilan est pourtant loin d’être irréprochable, tant sur le volet intérieur, qui ne nous concerne qu’indirectement, que sur le volet extérieur, qui nous intéresse au premier chef.
La politique extérieure menée par Barack Obama a globalement été un échec. Récompensé d’un prix Nobel de la paix parfaitement grotesque, pour le discours du Caire prononcé en 2009 qui manifestait la volonté d’un réchauffement des relations diplomatiques entre les États-Unis et le monde musulman, Barack Obama a tenu à désengager les troupes américaines mobilisées en Irak. Il l’a si mal fait que sa décision a fini par entraîner une brutale dislocation de la Syrie et l’émergence de l’État islamique en Irak et au Levant. En Libye, Obama s’est laissé entraîner à l’aventure par l’inconscient Nicolas Sarkozy, conseillé par son rossignol des carnages, Bernard-Henri Lévy. Nous payons un prix terrible de ces erreurs historiques majeures : invasion migratoire et terrorisme islamiste.
Ces dernières années, la Maison-Blanche a partiellement délaissé le continent européen, préférant se concentrer sur la zone Pacifique, bénéficiaire d’une forte croissance économique. Pourtant, quand l’allié menace de s’émanciper de la tutelle de son grand frère, les États-Unis retrouvent leur « prévenance ». Ainsi, Barack Obama s’est rendu en Grande-Bretagne pour militer en faveur du non au Brexit, en compagnie du Premier ministre David Cameron. Une ingérence proprement intolérable.
Barack Obama montre que ses conseillers préfèrent abandonner une Grande-Bretagne indépendante, au profit d’une Union européenne vassalisée et colonisée économiquement par le futur traité de libre-échange transatlantique. Les dirigeants au pouvoir aux États-Unis ne veulent pas des nations libres, souveraines et indépendantes. Ils se satisfont parfaitement du néant politique qu’est l’Union européenne, sorte de Bibendum mercantile, vidé de sa substance, impuissant, incapable de se projeter militairement.

Notons aussi que Barack Obama a encouragé l’immigration de peuplement sur le continent. La politique des démocrates est en tous points semblable à celle des néo-conservateurs. J’irai même plus loin : Bill Clinton fut l’initiateur de la politique dite « néo-conservatrice », d’abord en annulant les accords Roosevelt, enfin en intervenant dans la guerre civile yougoslave. Barack Obama est du même acabit. Il n’est pas un ami des peuples européens et vient à nouveau de le prouver. Espérons que les fiers Britanniques sauront lui donner tort. 

vendredi 22 avril 2016

La Chine dit Non à la convertibilité du Nouveau Yuan contre le Dollar



Dans une décision qui a bouleversé les milieux financiers et susceptible de réduire en miette l’économie américaine du jour au lendemain, la Chine refuse de rendre son nouveau Yuan soutenu par l’or convertible vis-à-vis du Dollar américain. Le nouveau Yuan sera présenté mardi prochain, 19 Avril. Lorsque le Fonds monétaire international (FMI) a décidé d’ajouter le Yuan au panier de devises utilisées pour les réserves mondiales et le commerce international, ils voulaient que la Chine rende le yuan plus fiable en tant que devise.
 
Depuis lors, la Chine a presque détaché son Yuan du Dollar, ce qui permet à sa valeur de fluctuer sur les marchés mondiaux. Mais depuis des années, la Chine a amassé d’énormes quantités d’or; certains disent que son appétit pour l’or est « stupéfiant », et que, avec son nouveau Yuan basé sur l’or qui sortira mardi prochain, le monde entier aura le choix d’une nouvelle monnaie à utiliser pour le commerce international; entre le vieux Dollar américain qui n’est soutenu par rien, et le nouveau Yuan chinois qui est soutenu par l’or, quelle monnaie utiliseriez-vous?

Lorsque cette nouvelle monnaie est émise, les pays qui ont été contraints d’utiliser les Dollars américains pendant des décennies, et ont dû garder des milliards de Dollars dans leurs réserves de devises étrangères, seront libres de se débarrasser de ces Dollars, mais ils ne seront pas en mesure de les fourguer à la Chine contre le nouveau Yuan basé sur l’or !
 
La Chine aurait décidé « il ne pourra pas y avoir de conversion du Yuan soutenu par l’or vers ou à partir du Dollar américain ». Ce que la Chine craint, c’est que de nombreux pays à travers le monde veuillent échanger leurs Dollars de réserve des États-Unis pour le nouveau Yuan, laissant la Chine avec des montagnes de Dollars sans valeur. La Chine a déjà plusieurs milliards de Dollars en réserves en Dollars américains et n’en veut pas plus ou n’en a pas besoin d’autres.

Si les informations concernant cette décision de la Chine sont exactes, alors les pays du monde entier n’ont plus qu’à décider si oui ou non ils souhaitent continuer à commercer avec les États – Unis. Le bouleversement que cela pourrait provoquer dès la semaine prochaine, serait vertigineux. C’est une histoire qui se développera rapidement. A suivre.

Traduction – Avic – Réseau International

Source : http://beforeitsnews.com/opinion-liberal/2016/04/the-economy-china-says-no-dollars-for-new-yuan-2526381.html

Envoyé par Joe Jonathan
 

mercredi 20 avril 2016

Ottawa se fait partenaire d’une guerre imminente


C'est pas parce qu'on rit que c'est drôle 
 
BLINDÉS (canadiens (québécois par procuration et/ou complicité)) POUR RIYAD
 
18 avril 2016 | Jean-Claude Leclerc - Jean-Claude Leclerc enseigne le journalisme à l’Université de Montréal. | Éthique et religion
 
À en croire les bureaucrates d’Ottawa qui ont préparé les permis secrets d’exporter des blindés pour l’Arabie saoudite, le royaume wahhabite est un partenaire essentiel (key partner) du Canada et un allié stable et important dans une région d’instabilité, de terrorisme et de conflit. Pourtant, à voir la liste des achats d’armes par Riyad, ce n’est plus seulement à la répression d’une population que Canada contribue, mais à la guerre qui se prépare à la grandeur de la région.
 
Pas moins de 150 avions de combat et des milliers de missiles air-sol et antichars seront fournis par les États-Unis, 14 avions de combat par la Grande-Bretagne, et un nombre indéterminé de blindés canadiens munis de tours belges. Ce bilan 2016 de l’Institut de recherche de Stockholm pour la paix internationale n’a rien de rassurant. La détente nucléaire avec l’Iran aura ouvert la porte à une course régionale aux armements.
 
Nul pays arabe n’a gagné de guerre au siècle passé, ni l’Égypte contre Israël ni l’Irak contre l’Iran des mollahs. Il n’y aurait donc pas grand risque, dira-t-on, à leur vendre des armes. Les régimes en place excellaient toutefois à brimer des populations, bafouer des droits fondamentaux, enrichir des firmes étrangères et fréquenter les « paradis fiscaux » ! C’était avant qu’une rivalité mortelle oppose Riyad à Téhéran, et que l’Iran puisse s’offrir maintenant des armes russes et chinoises.
 
L’Arabie saoudite est parvenue, les pétrodollars aidant, à former une coalition arabe contre le « terrorisme », mais elle a échoué à conscrire le Pakistan, autre pays sunnite, dans une alliance internationale. Il y a urgence, mais pas en Asie ! Pour Riyad, son vieux bouclier militaire et acheteur d’or noir, les États-Unis, sont devenus, en exploitant leurs propres réserves, un concurrent. Les Saoudiens ont répondu à cette menace en réduisant le prix du baril. Résultat : le pétrole américain n’est plus rentable, et Riyad épuise ses fonds !
 
La guerre larvée entre l’Arabie et l’Iran est déjà engagée au Yémen. Déjà des civils y meurent par milliers sous les bombardements saoudiens, et des millions de personnes sont déplacées, affamées, abandonnées. Cette tragédie humanitaire est à peine moins grave que celle qui accable la Syrie et l’Irak occupé. Hélas, une crise en chassant une autre, plus d’enfants yéménites périront encore, cependant que la presse régale l’opinion mondiale du malheur des paradis fiscaux.
 
Quel massacre de populations civiles, on n’ose imaginer, ces avions, missiles et blindés des forces saoudiennes et de leurs alliés causeraient en cas d’engagement à large échelle. Dans une guerre civile, certes, des massacres ont lieu de part et d’autre, mais dans une guerre ou une répression militaire, nul n’est à l’abri. Au Yémen, des forces incompétentes ne distinguent pas entre insurgés et population. En Afghanistan, même des drones guidés par des militaires « expérimentés » tuent des innocents.
 
Ce ne sont donc pas des conseillers militaires britanniques, venus enseigner aux Saoudiens à mieux viser les cibles ennemies, qui vont empêcher les erreurs, dérapages et autres « bavures ». Ni ces diplomates, ministres et bureaucrates, qui n’ont à la bouche que le discours de la sécurité, des droits de la personne et de la démocratie, mais sont incapables de dénoncer, encore moins de prévenir, les pires violations du droit international.
 
Entre-temps, la responsabilité de l’Arabie saoudite dans l’attaque du 11 septembre 2001 qui a fait plus de 3000 morts aux États-Unis suscite encore questions, débats et réclamations. Les familles des victimes réclament encore justice. D’autres demandent la publication des documents restés secrets sur cette agression sans précédent en ce pays. Mais surtout, des élus veulent bloquer les avoirs de l’Arabie saoudite aux États-Unis en attendant qu’un procès établisse la vérité.
 
Le gouvernement saoudien menace de retirer ses investissements : des fonds qui se chiffrent par centaines de milliards de dollars. On soupçonne que ces milliards pourraient surtout aider Riyad à surmonter sa propre crise financière, sinon sa crainte de voir des soulèvements populaires répondre à d’inévitables coupes dans les programmes sociaux. Il faudra davantage, en effet, qu’une moins stricte « police religieuse » pour satisfaire les gens du pays ou l’opinion internationale.
 
Le président Barack Obama pourra rassurer Riyad lors de sa visite ces jours-ci. La Maison-Blanche s’oppose, en effet, au projet présenté au Congrès d’une loi visant l’Arabie saoudite et ses fonds. Mais rien ni personne ne fera renoncer ces citoyens américains, victimes du 11-Septembre, ou simples gens en quête de vérité, à demander de vider la question, surtout pas dans une année électorale d’importance historique.
 
Passe encore qu’on tolère ici l’oppression des femmes là-bas, mais l’Oncle Sam ne saurait protéger, s’il en est, des responsables politiques du 11-Septembre. Il n’en va malheureusement pas ainsi au Canada. Un cabinet conservateur s’est fait le sous-traitant d’une dangereuse aventure au Proche-Orient, déguisée en aide à l’industrie militaire au pays. Un cabinet libéral se fait maintenant l’exécutant de cette basse oeuvre tout en se drapant d’une politique hautement morale.
 
D’autres pays ne font pas mieux, diront les adeptes de l’aveuglement national. Même en Grande-Bretagne, où l’on a rabaissé les exigences morales dans les affaires internationales, il s’en trouve heureusement pour croire, avec Lord William Hague, que« là où des violations des droits fondamentaux sont laissées sans réplique, c’est aussi notre sécurité et notre prospérité qui s’en trouvent minées ».

Source: Le Devoir

mardi 19 avril 2016

Comment la haute finance américaine combat le souverainisme en Europe


On les a encore vus, récemment, squatter un logement à Calais pour y accueillir des clandestins, ou organiser les aides juridiques pour les migrants en train d’être expulsés de la jungle en cours de démantèlement. Ce sont les No Border, un groupuscule qui se dit anti-frontière, anticapitaliste et pro-réfugiés. Très actif depuis une dizaine d’années, ce mouvement aide les clandestins de Calais à s’installer dans cette ville frontalière avec l’Angleterre. Mais les No Border ne constituent que le bout d’une pelote qui permet de remonter les fils d’une politique décidée très haut, et très loin.

De leurs propres dires, les No Border de Calais se relaient de manière permanente sur place, le noyau dur étant constitué d’une trentaine de personnes, selon la préfecture. Cette activité a un coût, que le groupuscule finance par deux comptes bancaires, l’un inscrit en Grande-Bretagne pour les dons en livres, l’autre à Lille pour ceux en euros. Étrangement absent des États-Unis ou du Proche-Orient, le mouvement No Border est aidé par une grande organisation antinationaliste qui cible également l’Europe, UNITED for Intercultural Action. L’opération « Welcome Refugees », qui a vu des manifestations pro-immigrés l’an dernier en Allemagne ? C’est elle. La médiatisation des réfugiés noyés ? Encore elle.

Selon ses priorités du moment, UNITED aide matériellement et médiatiquement près de 4.000 associations, parfois corpusculaires. Elle affirme utiliser les lobbies dans le sport, les médias ou encore les musées. Son action est grandement facilitée par ses soutiens financiers et juridiques : la Commission européenne figure parmi les principaux contributeurs, ainsi que l’Open Society, l’organisme contrôlé par le représentant des intérêts monétaires américains George Soros. On trouve également le Fonds humanitaire juif, la fondation Rothschild ou une fondation du patronat allemand (EVZ). Le groupe bénéficie également de soutiens dits « informels » dont il ne divulgue pas les noms.

La visée politique de UNITED est claire : l’organisation combat les mouvements souverainistes, à peu près tous associés à ce qu’elle nomme le « nationalisme et l’extrême droite ». Elle suit avec attention le résultat des élections en Europe. Et elle n’hésite pas à fournir un soutien à des groupes violents tels les « antifas ».

Cette fondation de droit néerlandais dispose d’un important secrétariat (près d’une dizaine de personnes), mais elle ne publie ni son budget ni les noms des dirigeants. UNITED a été créée dès après la dislocation de l’URSS, en 1993.

Depuis 2015, UNITED porte ses efforts sur la médiatisation des décès d’immigrants ayant cherché à rejoindre l’Europe. Le but ? Mettre en cause les frontières européennes considérées comme une « forteresse ». Les campagnes de culpabilisation des Européens ne sont sans doute pas terminées.

Source: Boulevard Voltaire

mercredi 13 avril 2016

Effondrement économique : ceux qui en ont conscience commencent à s'affoler



Les grands médias commencent déjà à utiliser l'expression "effondrement économique" pour décrire ce qui se passe dans certaines parties du monde en ce moment.

Pour beaucoup d'Américains, cela peut sembler un peu étrange, mais la vérité est que le ralentissement économique mondial qui a commencé au cours de la seconde moitié de l'année 2015 commence à s'aggraver. Dans cet article, nous allons examiner l'évidence même de cet effondrement avec la situation économique en Amérique du Sud, en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. Une fois que nous aurons terminé, vous trouverez évident qu'il n'y a absolument aucune raison d'être optimiste quant à la trajectoire que prend l'économie mondiale actuellement. Les avertissements de tant d'éminents experts sont en train de se matérialiser et donc de devenir réalité, et ce que nous avons vu jusqu'à présent ne sont que les prémisses d'une terrible crise économique qui aura une incidence sur chaque homme, femme et enfant dans le monde entier.

Commençons par le Brésil. C'est la 7ème plus grande économie au monde, et elle endure déjà sa pire récession depuis 25 ans. En fait, à la fin de l'année 2015, Goldman Sachs avait déclaré que ce qui se passait là-bas était en fait une "dépression".

Mais maintenant, la crise au Brésil s'est aggravée significativement.

Je veux partager avec vous l'extrait d'un article récent intitulé "Brésil: l'effondrement économique est pire qu'on ne le craignait". Je sais, ce titre sonne comme s'il venait directement du site "The economic collapse blog" , mais je ne l'ai pourtant pas écrit.

En réalité, cet article provient de CNN...
Au milieu du chaos politique, l'effondrement économique du Brésil est pire que ce qu'avait prévu son gouvernement.

Au milieu des appels croissants à la destitution de la présidente Dilma Rousseff, la banque centrale du Brésil a annoncé jeudi qu'elle s'attendait maintenant à ce que l'économie du pays se contracte de 3,5% cette année.

C'est pire que l'estimation précédente de la banque centrale qui prévoyait une contraction de 1,9%. Ces prévisions plus sombres correspondent à ce que le Fonds monétaire international(FMI) avait prévu pour le Brésil - le plus grand pays d'Amérique latine - et c'est aussi ce que beaucoup d'économistes indépendants suspectaient.
C'est une chose lorsque Michael Snyder vous dit que le Brésil est en train de "s'effondrer économiquement", mais c'est tout autre chose lorsque c'est CNN qui le dit.

Et bien sûr, j'ai alerté au sujet de la crise brésilienne depuis un certain temps maintenant. Pour obtenir des informations supplémentaires sur ce sujet, lisez mon précédent article intitulé "L'effondrement économique de l'Amérique du Sud est sur la bonne voie !".

Pendant ce temps-là, les choses sont en réalité bien pire au Venezuela qu'elles ne le sont au Brésil. Le Venezuela fait face à une pénurie de nourriture et de produits de base, le taux d'inflation a atteint 720 %, et la criminalité est devenue hors de contrôle.

Ce qui suit provient d'un article du quotidien généraliste britannique The Independent intitulé "Le Venezuela est au bord de l'effondrement économique complet"...
La seule question qu'il faut se poser à l'heure actuelle est de savoir si c'est le gouvernement ou bien l'économie du Venezuela qui s'effondrera complètement en premier.

Le mot clé est "complètement". Les deux sont bien en train d'agonir. En effet, le parti au pouvoir vient de perdre les élections législatives, ce qui a donné à l'opposition le droit de lancer un vote de censure contre le vice-président ou l'un des ministres, et il est difficile de voir comment cela pourrait s'améliorer pour eux dans l'immédiat - voire même jamais.

Pour les nouveaux, la tendance n'a pas l'air si favorable car selon le Fonds monétaire international, l'économie s'est contractée de -10 % en 2015, les prévisions ne sont guère plus optimistes pour 2016 (-6%), et l'inflation explose à 720 %. Pas étonnant, alors, que les marchés s'attendent à ce que le Venezuela fasse défaut sur sa dette dans un avenir très proche. Le pays est fondamentalement en faillite.
Une fois encore, nous voyons un grand média respecté tel que le quotidien britannique "The Independent" utiliser l'expression "effondrement économique" pour décrire ce qui se passe en Amérique du Sud actuellement.

Vous pouvez trouver une vidéo étonnante du "désastre économique" qui se déroule au Venezuela sur youtube. Je vous encourage à regarder cette vidéo que j'ai placé ci-dessous, parce que ce qui se passe là-bas, finira par arriver aux Etats-Unis.

Pendant ce temps-là, en Europe, l'effondrement du système bancaire italien est entré dans une nouvelle phase inquiétante. Le ministre italien des Finances a convoqué une réunion à Rome lundi axée sur un plan de sauvetage de la "dernière chance" pour les banques en difficulté...
Le ministre des Finances Pier Carlo Padoan a convoqué une réunion à Rome lundi avec les dirigeants de grandes institutions financières italiennes afin d'accepter les derniers détails du plan de sauvetage de la "dernière chance".

Pourtant, à la veille de cette rencontre, des inquiétudes subsistent quant à savoir si le plan sera suffisant pour isoler la plus faible des grandes banques italiennes, Monte dei Paschi di Siena, de la contagion, selon les personnes impliquées dans les pourparlers.

Les actions bancaires italiennes ont perdu près de la moitié de leur valeur cette année du fait des préoccupations des investisseurs par rapport aux 360 milliards d'euros de créances douteuses - équivalent à 20 % du PIB.
Bien que l'Italie s'enfonce dans un chaos financier, le reste du continent européen mérite une attention particulière. N'oubliez pas qu'un effondrement des banques italiennes menacerait de faire plonger dans le chaos le système financier européen.

Vous souvenez-vous combien il avait été difficile de sauver la Grèce pour le reste de l'Europe ?

Eh bien, la Grèce est la 44ème plus grande économie au monde et l'Italie est la 8ème.

Il serait difficile d'exagérer la gravité de ce qui se passe en Europe, et il ne s'agit pas seulement de l'Italie. Partout sur ​​le continent des grandes banques sont en grande difficulté, et le président de la seconde banque de détail en France(BPCE:Banque Populaire et la Caisse d'Epargne) a récemment déclaré aux journalistes: "je suis beaucoup plus inquiet que je ne l'étais en 2009".

Et il y a de très bonnes raisons d'être inquiet. Il y a 48 heures, Le dimanche 10 Avril 2016, nous avons appris qu'un "bail-in"venait d' être annoncé pour l'une des banques autrichiennes les plus en vue. Ce qui suit provient de express.live...
Suite à une décision des autorités financières autrichiennes, l'Autriche est devenue le premier pays de l'UE à recourir à la réglementation de la directive européenne BRRD sur le redressement des banques et la résolution de leurs défaillances, entrée en vigueur au début de cette année.

Depuis le 1er janvier de cette année, en effet, le sauvetage des banques avec l'argent des contribuables ("bail-out") est donc - en théorie - proscrit. Désormais, il est prévu d'effectuer un "bail-in", c'est à dire de mettre à contribution les actionnaires, puis les détenteurs d'obligations, et enfin, les déposants qui détiennent au moins 100.000 euros (le montant du dépôt garanti) sur des comptes ouverts auprès de l'institution en faillite.

Les créanciers devront peut-être s'asseoir sur 54% de leurs créances:
  • Le régulateur bancaire autrichien a opéré une "coupe de cheveux" (c'est à dire, une annulation pure et simple) sur les dettes échues de Heta de l'ordre de 54%,
  • et reporté l'échéance de paiement des 46% restants au 31/12/2023.
  • En outre, tous les paiements d'intérêts seront annulés rétroactivement au 1er mars 2015.
Ce qui est particulièrement frappant dans tout cela, c'est la faible couverture médiatique de ces événements et de cette application de ces nouvelles règles bancaires de "bail-in", alors que celles-ci posent un risque majeur pour les dépôts des investisseurs, des épargnants et même des entreprises.

Voici le conseil de Dirk Bauwens:

"Vos économies et les miennes sont réellement en danger. Et cela en raison de l'insuffisance du régime de garantie des dépôts, de la situation douteuse des banques en Europe, ainsi que des nouvelles règles de bail-in pour elles. Il est donc conseillé d'opter pour une banque conservatrice avec des capitaux propres décents (au moins 10% de son total de bilan) et de ne pas y détenir un montant de plus de 50.000 €."
Les dominos commencent à tomber en Europe, et je m'attends à encore plus d'annonces de ce type dans les semaines et les mois à venir.

Par ailleurs en Asie, le chaos économique progresse aussi.

En Chine, le marché boursier est déjà en baisse de plus de 40 % par rapport à ses sommets, les exportations chinoises ont plongé de -25,4 % à fin février par rapport à l'année précédente, et les chiffres économiques chinois n'ont jamais été aussi mauvais depuis la dernière récession mondiale.

Dans le même temps, l'économie japonaise va vraiment mal actuellement. Comme je l'avais déjà expliqué l'autre jour, La croissance du PIB a reculé sur deux des trois derniers trimestres , la production industrielle japonaise vient de vivre sa plus forte baisse en un mois depuis le tsunami de 2011, et le climat des affaires vient de tomber à son plus faible niveau depuis trois ans. Le Nikkei a chuté d'environ 5000 points par rapport au niveau où il était l' été dernier, et certains analystes estiment que les marchés japonais " sont détruits " en raison de l' intervention massive de la Banque du Japon(BOJ).

Ici aux Etats-Unis, nous n'avons pas été impactés aussi durement que dans le reste du monde pour l'instant, mais il y a beaucoup de signaux avant-coureurs très inquiétants que l'on peut dorénavant constater.

A la fin de la semaine dernière, nous avons appris selon les anticipations que le PIB américain n'augmentera que de seulement 0,1 ou 0,2 % au cours du premier trimestre de 2016. Et sur ​​les bénéfices des sociétés, la saison des publications démarre, et cela devrait être très, très mauvais. Ce qui suit provient de Business Insider...
Nous sommes sur le point d'obtenir la confirmation que la croissance des bénéfices pour les plus grandes entreprises américaines a été négative au premier trimestre, par rapport à la même période il y a un an.

Lorsque le géant de l'aluminium Alcoa publiera ses résultats lundi, elle marquera ainsi le début officieux de la plus lourde saison de publications des entreprises composants le S&P 500.( Depuis la publication de cet article par Michael Snyder, les résultats du géant de l'aluminium et des métaux composites qu'est Alcoa ont été publiés et c'est catastrophique: Alcoa: plongeon de 92% des bénéfices au 1er trimestre et des suppressions d'emplois en perspective)

Les bénéfices des sociétés sont attendus en baisse de 9,1% pour le 1er trimestre 2016, selon John Butters, analyste sur les bénéfices des sociétés, chez FactSet.
Si ces projections se révèlent être précises, ce sera le 4ème trimestre consécutif de baisse de bénéfices. C'est une situation que nous ne voyons jamais en dehors d'une récession.

Et un tas d'autres chiffres indiquent que l'économie américaine est en très grande difficulté actuellement. Lisez à ce sujet mon article précédent intitulé "En 6 mois, la situation économique américaine n'a fait qu'empirer. La preuve en 19 points !".

Bien sûr, je ne suis juste qu'une voix parmi des milliers d'autres tirant la sonnette d'alarme sur l'économie américaine qui se dirige vers des temps très difficiles. Par exemple, il suffit de lire ce que le célèbre stratège de la Société générale Albert Edwards vient de prédire...
Une "vague gigantesque" de défauts de paiement ne tardera pas à submerger l'économie américaine, laquelle ne permettra sans doute pas aux Etats-Unis d'éviter une récession généralisée, a prévenu l'analyste de la banque Société générale Albert Edwards

Bien que la situation avec les actifs à risques (dont les revenus dépendent de la dynamique du marché, ndlr) soit calme depuis plusieurs semaines, notre indicateur d'alerte à la récession ne clignote plus en jaune, mais est devenu bien rouge

Et d'ajouter qu'une brusque chute des bénéfices des sociétés américaines, "criblées de dettes", était le principal précurseur d'une récession imminente.

Bien que les prévisions d'activité aux Etats-Unis restent très honorables comparées à celles de l'Europe, les spécialistes font valoir que, depuis le XIXe siècle, aucune phase d'expansion américaine n'a duré plus de huit ans. Et à présent, estiment-ils, toutes les conditions sont de nouveau réunies pour un scénario noir.

"Nous y sommes", résume Albert Edwards, qui recommande aux investisseurs de ne pas trop compter sur les obligations des compagnies américaines.

Selon lui, ce ne sont que des bulles qui ne demandent qu'à exploser.

"L'avalanche de défauts de paiement de compagnies américaines serait un choc pour les investisseurs", avertit l'analyste.

Selon ce dernier, la panne de l'économie américaine, qui représente à elle seule 20% de la production mondiale, serait évidemment une catastrophe. D'autant qu'elle se produirait simultanément avec celle de la Chine.
Comme vous pouvez le constater, ce n'est pas seulement un pays ou bien une zone géographique qui est concernée mais bien l'ensemble de la planète.

L'effondrement économique fissure de partout dans le monde. Ceux qui en ont conscience commencent à s'affoler...

Malheureusement, ils ont eu sept ans pour essayer d'arranger les choses depuis la dernière récession mondiale, et ils ont failli à la tâche.. Toute personne qui croit que, par miracle, ils seront en mesure de nous sortir de cette crise cette fois et que tout s'arrangera est simplement en train de prendre ses désirs pour des réalités.

Source: Sott.net   

vendredi 8 avril 2016

La désinformation

La manipulation de l’information par les groupes de pression dominants n’a jamais été aussi massive et efficace.
La manipulation de l’information par les groupes de pression dominants n’a jamais été aussi massive et efficace. Malgré l’apparente diversité des médias, il n’y a plus guère de journaux d’opinion, mais des organes concurrents, dépendant de leurs financeurs directs ou indirects et employant des journalistes formés dans le même moule. C’est donc la ressemblance qui l’emporte sur la différence. Ce sont donc les mêmes événements qui vont être mis en exergue, et les mêmes qui vont être passés sous silence, la même fausse nouvelle qui sera publiée, et oubliée quand son démenti, lui, n’aura pas l’honneur de la presse. J’en ai fait l’expérience : lynché pour avoir rappelé qu’il n’y avait pas eu de déportation d’homosexuels en France durant la Seconde Guerre mondiale, je n’ai guère entendu les médias se racheter lorsqu’ils ont « appris » que j’avais raison. Le silence le plus total a régné lorsque Eva Joly a été condamnée pour m’avoir traité de négationniste.
Or, le procédé est fréquent. Lors de la création et de l’implantation en Syrie et en Irak de l’État islamique, il était courant de présenter l’organisation comme une création du « régime » syrien. L’ennemi mondial du moment, Bachar el-Assad, aurait sciemment vidé ses prisons des salafistes pour faire naître cette diversion et ce repoussoir. La proximité idéologique de « Daech » avec les royaumes wahhabites et néanmoins pétroliers, ses accointances avec la Turquie à la frontière, la présence dans ses rangs de cadres de l’ancienne armée irakienne n’étaient pas soulignées. La guerre féroce menée contre l’armée syrienne avec exécutions massives et usage de gaz a, bien sûr, fait diminuer l’intensité des accusations. Mais on pouvait encore découvrir dans Le Figaro (!) du 10 mars 2016 une interview de Samar Yazbek accusant Bachar de tous les maux, et notamment « du massacre de son peuple par un chef honni ». « Les légions noires d’Allah sont une création cynique de Bachar », peut-on y lire. La libération de Palmyre par l’armée syrienne a, depuis, rendu ces propos bien suspects. On devine trop l’intérêt de certains pays à affaiblir un allié de la Russie pour être dupe.
N’étant pas lié au Front national, je me fais un devoir de donner un exemple qui le touche dans la personne de sa présidente. Celle-ci a effectué une visite au Québec. Durant celle-ci, elle a été interrogée par une « journaliste » de Radio Canada, Anne-Marie Dussault. Canal+ a réalisé un montage d’une totale malhonnêteté intellectuelle, destiné à une émission qui se veut drôle. À partir de cette émission, le chœur de la bien-pensance française a cru devoir achever Marine Le Pen, qui aurait été laminée par son interlocutrice. Heureusement, une vraie journaliste canadienne, Sophie Durocher, du Journal de Montréal, a rectifié le tir et montré que dans l’interview, c’est l’interrogée, littéralement mise à la question, qui avait eu le dessus, intellectuellement et moralement, sur une « journaliste » qui fait honte à la profession par son imprécision, ses préjugés, et son intolérance. Il suffit de voir la totalité de l’échange pour en être convaincu, quelle que soit la sympathie éprouvée ou non pour Marine Le Pen.
Ces exemples doivent nous inciter chaque matin à un exercice. En bons Français, nous devons réveiller en nous le doute cher à Descartes. Les révélations en provenance du Panama sont-elles précises, exactes ? Que signifie le mot « entourage » ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi Poutine est-il indirectement cité ? Pourquoi les États-Unis sont-ils épargnés ? Pourquoi le Panama avait-il été sorti de la liste noire en 2012 ? L’intelligence française a toujours reposé sur le sens critique. Il est dommage de la voir sombrer dans la panurgie d’un langage stéréotypé qui à force de « vivre ensemble » (mais avec qui ?) et de mouvement citoyen (ce que les étrangers, par définition, ne sont pas), abêtit notre peuple.
Source: Boulevard Voltaire