lundi 31 octobre 2016

Le FBI a activé la procédure RICO contre le crime organisé, pour rouvrir l’enquête sur Hillary Clinton



Coup de tonnerre, revirement spectaculaire, à 11 jours de l’élection présidentielle, le FBI rouvre son enquête sur le scandale des emails d’Hillary Clinton.

PUBLIÉ PAR JEAN-PATRICK GRUMBERG LE 29 OCTOBRE 2016
Selon les premières informations disponibles, des milliers d’emails assez préoccupants pour rouvrir l’enquête— alors que James Comey a décidé de ne pas faire inculper Hillary Clinton en juillet dernier malgré les charges accablantes— ont fait surface sur les ordinateurs et smartphone d’Anthony Weiner et de sa femme Huma Abedin.
Huma Abedin, la personne la plus proche d’Hillary Clinton, son bras droit, sa confidente, sa conseillère, sa collaboratrice politique, est sérieusement mise en cause.
Lors de l’enquête du FBI sur les emails, Abedin a été entendue sous serment, et a été amenée à fournir aux enquêteurs l’ensemble des appareils sur lesquels elle avait pu échanger des mails avec Clinton.
Il semble maintenant confirmé qu’elle a menti aux enquêteurs, puisque des milliers d’emails ont été découverts, lors de l’enquête du FBI sur le second scandale sexuel qui implique son mari, Anthony Weiner.
Quatre appareils : un ordinateur partagé avec son mari pédophile visé par une enquête du FBI pour s’être engagé dans des activités sexuelles avec une mineure, deux smartphones de Weiner, et un smartphone appartenant à Huma Abedin contenant des milliers d’emails ont été découverts.

Tremblement de terre constitutionnel

L’enquête va se prolonger bien au-delà de l’élection, ce qui fait qu’en cas d’élection, une présidente élue sera sous les projecteurs d’une enquête du FBI, et pourra être mise en accusation à tout moment. Quid de la validité des décisions qu’elle prendra ? Quid de sa légitimité ? Quid de l’image de l’Amérique, un nouveau Vénézuéla ?

Hypocrisie et mensonge

Après avoir appris que le FBI rouvre son enquête, Hillary Clinton a demandé que le policier fédéral rende public les emails concernés. Etrange demande de transparence venant d’une femme qui a détruit plus de 30 000 emails, a chargé une société informatique d’effacer le contenu des disques dur des serveurs de mail, a fait détruire à coups de marteau, certains de ses BlackBerry, et a refusé pendant des mois de rendre public le contenu de ses emails, au prétexte qu’il s’agissait de mails de yoga ou d’organisation du mariage de Chelsea.
Hypocrisie également de la gauche américaine en panique, qui maintenant accuse James Comey d’être vendu aux républicains, après avoir, en juillet dernier, déclaré qu’il est un grand homme, intègre, que l’Amérique doit être fière d’avoir à la tête du FBI.
Hillary Clinton, qui n’est pas à un mensonge près, a déclaré que toute l’affaire était suspecte, car seuls les députés républicains ont été informés par le courrier de James Comey de la réouverture de l’enquête. En réalité, démocrates et républicains ont reçu sa lettre.

Spéculations

Au point où nous en sommes, avec le peu d’informations disponibles, on ne peut que faire des spéculations sur ce qui a pu motiver Comey de reprendre l’enquête. En voici quelques-unes :
  • Il est sous une formidable pression de la part des agents du FBI dégoûtés qu’à lui seul il ait pu détruire la réputation de l’agence.
  • Anthony Weiner, l’ex-député démocrate et mari d’Huma Abedin qui fait l’objet d’une enquête du FBI, et risque 15 à 20 ans de prison pour cette nouvelle affaire de pédophilie, a peut-être passé un accord avec le FBI : sa liberté ou une réduction très substantielle de peine contre les ordinateurs et smartphone qu’Huma Abedin a dissimulées aux enquêteurs. Ce peut être aussi, en partie, une vengeance contre Abedin qui l’a quitté en plein scandale.
  • D’un autre côté, les emails peuvent n’être que des doublons de ce que le FBI a déjà découvert. Comey ne lâcherait pas une telle bombe atomique à 11 jours de l’élection. Mais que peuvent-ils bien contenir d’éléments nouveaux, alors que des dizaines de milliers sont passés entre les mains des enquêteurs sans que Clinton ne soit mise en accusation.
  • Wikileaks s’apprête peut-être à publier des emails qui accusent Hillary Clinton si lourdement, qu’ils mettent directement en cause la probité de James Comey, déjà extrêmement fortement entamée par la légèreté avec laquelle il a conduit l’enquête, bafouant tous les standards de rigueur de l’agence.
  • Les agents qui enquêtent dans le dossier Weiner ont peut-être trouvé des emails si compromettants que James Comey a craint qu’en refusant de rouvrir l’enquête, les documents fuiteraient à la presse, et ruinerait non seulement sa carrière, mais son futur, voire pire si Trump est élu.
  • Beaucoup ont suggéré que James Comey n’a pas voulu recommander l’inculpation d’Hillary Clinton, car il ne voulait pas être celui qui influence une élection présidentielle. Son annonce, à 11 jours de l’élection, rend caduque cette hypothèse.

Procédure de la loi RICO 

La Loi sur les organisations mafieuses et la corruption (RICO), votée en 1970, offre aux différentes agences chargées d’enquêter, un outil pour lutter contre le crime organisé, et permet de poursuivre et faire condamner toute personne impliquée dans une affaire de corruption ou de racket à propos d’une enquête en cours.
Sont considérées comme activité de racket par la loi : la corruption, la contrefaçon, le blanchiment d’argent, le détournement de fonds, etc.
Le chercheur Frank Huguenard, un chroniqueur et supporter de Bernie Sanders, a publié un papier dans le Huffington Post expliquant que «Hillary Clinton va être mise en accusation selon la procédure RICO». Son article a été supprimé du site et son compte a été fermé par le HuffPost sans explication.
Huguenard affirme que selon ses sources au sein du FBI, l’agence envisage de se servir de la procédure RICO contre Hillary Clinton.
Carl Bernstein, l’un des journalistes du Washington Post qui a fait éclater l’affaire du Watergate contre Nixon dans les années 70, pense que le FBI ne rouvrirait pas l’enquête à moins que les documents qu’il a découverts sur les smartphones et l’ordinateur d’Anthony Weiner ne fussent pas «nucléaires.»
Andrew C. McCarthy, l’ex procureur général en charge du dossier de l’attentat  contre le World Trade Center en 1993 dans article publié dans la National Review, affirme que :
«Mme Clinton semble avoir transformé le bureau du Secrétariat d’Etat en une entreprise de racket. Il s’agit d’une violation de la loi RICO —la Loi sur les organisations mafieuses et la corruption de 1971— Code pénal sections 1961 et suivantes».
McCarthy poursuit :
Sous la loi RICO, une «entreprise» peut être une association formelle ou informelle, légitime ou illégitime, entre plusieurs personnes —ce peut être une famille mafieuse, une fondation caritative, ou un département du gouvernement. Il y a racket [au sens de RICO] si ses affaires montrent une répétition d’activités de racket.
On entend par «répétition» le fait d’avoir violé deux lois fédérales ou plus, quand elles s’ajoutent à la liste des délits répertoriés dans l’enquête.
Dans le cas présent, la liste des délits comprend la corruption, la fraude et l’obstruction de la justice.
La fraude consiste par exemple à avoir levé des fonds sous de fausses raisons (la fondation Clinton par exemple, qui aurait camouflé des dons ayant des retombées politiques illégales) et des comportements destinés à priver les Américains de leur droit d’obtenir un service honnête de la part d’un employé de l’Etat (par exemple en offrant des avantages à des personnes en échange de sommes d’argent).
La fraude et l’obstruction envers la justice peuvent être démontrées par de faux témoignages —qui peuvent être des déclarations publiques (par exemple «j’ai remis l’ensemble de mes emails professionnels au Département d’Etat») ou des mensonges proférés à des employés du gouvernement (par exemple dissimuler des dons «humanitaires» reçus de pays étrangers après avoir promis de les divulguer, ou prétendre ne pas savoir que le symbole «» dans un document du gouvernement veut dire que le document est classé confidentiel).
Les révélations de WikiLeaks au travers des emails piratés sur le compte email de John Podesta, le président de la campagne électorale de Clinton, accumulent les preuves que la fondation Clinton était organisée dans le but d’enrichir personnellement les Clinton en utilisant les pouvoirs dont disposait alors la Secrétaire d’Etat Clinton. Hillary a systématiquement conduit ses affaires sur un serveur email extérieur au gouvernement. Elle a fait de faux témoignages devant le public, devant la Maison-Blanche, devant le Congrès, devant les tribunaux, et devant le FBI.
Elle a détruit des milliers d’emails —alors qu’ils faisaient l’objet d’une demande du Congrès, et d’une demande au nom de la loi sur la liberté de l’information  — et ce dans le but de dissimuler (entre autres) les interactions choquantes entre le Département d’Etat et la fondation Clinton.
Selon la loi fédérale, ce sont les caractéristiques d’une entreprise de fraude, de corruption et d’obstruction prévues par la loi RICO.
En cas de confirmation, l’obligation d’appointer un juge indépendant qui mène une enquête criminelle crédible est criante.

Source: Dreuz.info

dimanche 30 octobre 2016

Trump déchaîné


 
L’article paru dans The Hill fait également référence à une enquête menée par le Washington Post et ABC News, posant aux participants six questions sur les allégations d’inconduite sexuelle de Trump, mais aucune question sur les e-mails compromettants de Podesta. Est-ce là ce que vous appelez l’équilibre ?
Je dois dire d’abord que je ne prévois pas de voter pour l’un des deux candidats, Trump ou Clinton, donc mes réclamations concernant le biais ne sont pas fondées à l’appui de l’un ou l’autre candidat. Je suis tout simplement scotché par le fait que les grands manitous des médias ont lâché la bride et sont eux-mêmes intégrés dans le processus de production du résultat qu’ils veulent. Voilà ce qu’on appelle truquer une élection.
Lorsque vous regardez Washington Week(Gwen Ifil) à la télévision publique et voyez un aréopage de six experts – trois conservateurs et trois libéraux – tous les six déclarant leur amour pour Hillary et leur haine de Trump, vous pouvez être raisonnablement certain que l’élection est truquée, parce que c’est exactement la définition du trucage.
Plutôt que de fournir des informations générales sur la position du candidat concernant des questions que se posent les électeurs, afin qu’ils puissent prendre une décision éclairée, les médias utilisent des faiseurs d’opinion pour adresser des louanges à un candidat, en dénigrant sauvagement l’autre.
Le but évident est de façonner l’opinion publique de la manière qui convient le mieux aux intérêts des personnes qui possèdent les médias et qui appartiennent à l’establishment des élites riches et puissantes qui dirigent le pays, le 1%. Dans ce cas, la classe dirigeante soutient unanimement Hillary Clinton, ce qui est évident.
Heureusement, le vent tourne pour les médias traditionnels, car les gens se tournent vers d’autres sources, plus fiables, pour leur information. Il ne faut donc pas s’étonner que les gens soient plus méfiants que jamais à l’égard des médias et que beaucoup d’entre eux estiment que les médias mènent une guerre de classe brutale contre les travailleurs ordinaires.
Assurément, quiconque a suivi les développements économiques au cours des sept dernières années, sait que les politiques de la Fed ont créé un gouffre béant entre riches et pauvres, qui ne fait qu’empirer tant que les leviers du pouvoir restent dans les mains des politiciens de l’establishment.
Hillary Clinton est certainement la pire de ces politicards. En plus d’être le candidat le plus largement vilipendé que les démocrates aient jamais désigné au cours de leur histoire, elle est l’incarnation de la corruption politique et du copinage.
Comment se fait-il, pourriez-vous vous demander, que quelqu’un comme Clinton ait réussi à gober «plus de $225 000 par discours», offerts par Goldman Sachs, si ce n’est pas du trafic d’influence ? Ce qu’elle a dit dans ces discours est-il vraiment important ? Pas pour moi. Les énormes sommes d’argent prouvent sans aucun doute possible, que Clinton vend son influence, acceptant tacitement de «donner du mou» aux grandes banques d’investissement de Wall Street, à condition qu’elles gardent bien remplis les coffres de sa fondation. Quelle autre explication pourrait-il y avoir ?
Les Américains en savent-ils autant à propos des transactions sordides de Hillary avec Wall Street, que sur le badinage sexuel allégué de Trump ?
Bien sûr que non, loin de là. Est-ce qu’ils savent que Clinton était la force motrice de l’intervention en Libye et en Syrie, où des centaines de milliers de civils sont morts et sept millions d’autres réfugiés ?
Est-ce qu’ils savent qu’elle a été impliquée dans le renversement d’un gouvernement démocratiquement élu au Honduras ou qu’un certain nombre de néocons éminents, qui ont traîné les États-Unis dans la guerre en Irak, basée sur des mensonges d’armes de destruction massive, lui accordent maintenant leur soutien ? Nan.
Est-ce que les gens savent qu’Hillary avait la preuve que l’ennemi numéro un de l’Amérique – ISIS – a été financé et soutenu par nos alliés, l’Arabie saoudite et le Qatar et, pourtant, elle n’a jamais annoncé cette nouvelle au peuple américain ?
Voici un extrait accablant, de l’un des e-mails de Podesta : «Nous devons utiliser nos moyens de renseignement diplomatiques et plus traditionnels pour faire pression sur les gouvernements du Qatar et de l’Arabie saoudite, qui fournissent un soutien financier et logistique clandestin à ISIS et d’autres groupes radicaux dans la région.»
Rappelez-vous quand George W. Bush avait déclaré : «Nous allons traiter de la même façon les terroristes et les personnes qui soutiennent les terroristes.» Hillary ne doit pas avoir obtenu cette note de service, sinon nous aurions bombardé Riyad maintenant.
Les gens savent-ils qu’il n’y a jamais eu de guerre qu’Hillary n’ait soutenue, aucun projet de loi de libre-échange – tueur d’emplois – qu’elle n’ait ardemment appuyé, ni aucune législation pour éviscérer les libertés – Clinton a voté pour le Patriot Act en 2001, ainsi que pour sa version révisée en 2006 – qu’elle n’ait pas été désireuse de signer ?
Oh, mais elle prend en charge les droits de reproduction des femmes, devenant ainsi une grande championne de la liberté personnelle, dans le cercle démographique étroit des femmes blanches instruites et couronnées de succès. Excusez-moi de ne pas faire le poirier pour ça.
Voici un autre extrait court du World Socialist Web Site :
«Hillary et Bill Clinton ont accumulé un total de $153 millions en rémunération pour leurs discours, depuis que Bill Clinton a quitté la Maison Blanche. Il faudrait être très naïf pour croire que ces sommes énormes ont été payées pour les discours eux-mêmes. C’était le paiement des services rendus à l’aristocratie financière américaine sur une longue période.» Source : In secret Goldman Sachs speeches, Clinton explains why the rich should rule, World Socialist Web Site
Vous-voyez le tableau ? Hillary Clinton n’est pas une candidate, elle est une franchise, un distributeur automatique de billets sur pattes. Et sa fondation obscure n’est rien de plus qu’une vaste poubelle de recyclage des fonds illicites, qui se déversent dans la machine politique à saucissonner les décisions, sous la forme de contributions qui, comme par magie, se transforment en faveurs spéciales pour la classe milliardaire.
Est-ce que le système est truqué ? Vous avez sacrément raison, un peu qu’il l’est ! Lisez-ça, de Zero Hedge, sous la rubrique «73% des républicains disent que l’élection pourrait être volée, comme Trump l’assène en parlant d’élections truquées» :
«Un sondage de Politico / Morning Consult a révélé que 41% des électeurs inscrits disent que l’élection pourrait être volée à Trump et que 73% des électeurs républicains craignent la même chose. L’électorat américain est devenu très sceptique quant à l’intégrité de l’appareil électoral de la nation, avec 41% des électeurs disant que l’élection de novembre pourrait être volée à Donald Trump, en raison de la fraude électorale généralisée.
Le nouveau sondage – mené auprès de 1 999 électeurs inscrits, entre le 13 et le 15 octobre – montre que les avertissements répétés de Trump au sujet d’une élection truquée font de l’effet : 73% des Républicains pensent que l’élection pourrait lui être subtilisée. Seulement 17% des démocrates s’accordent avec la perspective d’une fraude massive dans les urnes.» Source Zéro Hedge 
Faut-il être inquiet au sujet d’une élection truquée ? Faut-il craindre qu’un nombre important d’Américains ne fassent plus confiance à «l’intégrité du processus électoral» ? Et comment ces allégations que l’élection a été volée vont-elles influencer la capacité de Hillary à gouverner ? Cela aura sur elle un impact dramatique, en fait, cela pourrait l’immobiliser sur place, précipitant même une crise constitutionnelle.
Et voilà où tout cela nous mène, non ? Considérez ceci : peut-être que Trump n’essaie plus vraiment de gagner. Peut-être sait-il qu’il ne peut pas surmonter un déficit de 12 points en fin de match, donc il va le jouer style Samson. Il va ébranler les piliers du temple, pour le faire s’écraser autour de lui. Il va utiliser toute son influence, pour discréditer ce faux système démocratique que les élites ont soigneusement mis en place pour contrôler le public, il va organiser sa foule de supporters en colère dans une petite armée qui sera le fer de lance d’un mouvement populiste (principalement) de droite pour imposer l’impasse à Washington, approfondir les divisions politiques, l’acrimonie et la polarisation à travers le pays, et faire du mandat de Clinton, en tant que présidente, un enfer vivant.
Voilà le plan. Il va mobiliser suffisamment de soutien populaire pour que Clinton passe ses quatre années embourbée dans des enquêtes interminables, se défendant contre des accusations d’inconduite criminelle, et jouant à saute-mouton d’un scandale sordide à l’autre.
Non, Trump ne prévoit pas sa victoire. Il ne veut pas être président. Il veut être un Braveheart moderne, conduisant les paysans dans la bataille contre l’establishment de la classe dirigeante complètement corrompu et odieux.
Voilà ce qu’il veut, et voilà pourquoi des has been politiques, comme Gingrich et Giuliani, se sont attachés à lui comme des morpions. Ils voient en lui une ouverture pour ressusciter leurs sinistres carrières . En tout état de cause, Hillary va gagner l’élection, c’est sûr. Pourtant, ne croyez pas que Trump soit hors jeu pour l’instant. Il est juste à l’échauffement.
Mike Whitney
Article original en anglais :
Trump Unchained, “Distorted Media Pushing Crooked Hillary”
CounterPunch, 19 octobre 2016
Traduit par jj pour le Saker Francophone

Mike Whitney vit dans l’État de Washington. Il est contributeur à Hopeless : Barack Obama et la politique de l’illusion (AK Press). Hopeless est également disponible dans une édition Kindle. Il peut être joint à fergiewhitney@msn.com. Photo DR.
 

vendredi 28 octobre 2016

France: Les policiers entrent en résistance, la population doit les soutenir !


 
Le mouvement des policiers en colère évolue d’heure en heure et a définitivement pris hier la tournure d’une résistance.
 
Le mouvement des policiers en colère évolue d’heure en heure et a définitivement pris, hier, la tournure d’une résistance. C’est un événement sans précédent depuis l’avènement de la Ve République.
 
En effet, alors que des rassemblements ont lieu dans de nombreuses villes de France, et que les fonctionnaires de la police nationale ne cessent de crier qu’ils sont à bout, s’efforçant de démontrer qu’ils ne sont instrumentalisés par personne, malgré une campagne de dénigrement honteuse dont ils sont victimes de la part de certains médias subventionnés, la situation vient de prendre une tournure historique.
Depuis le 27 octobre, le directeur général de la police nationale (DGPN), Jean-Marc Falcone, agissant sur les instructions de Bernard Cazeneuve – un Bernard Cazeneuve que les policiers ont « de la chance » d’avoir comme ministre, selon les propos de Manuel Valls à l’Assemblée, alors même que les policiers manifestaient devant le palais Bourbon -, a donné des instructions de fermeté à l’ensemble des chefs de service de France pour réprimer les mouvements et faire pression sur les fonctionnaires en les menaçant de sanctions.
Ces instructions ont été suivies à la lettre par les directeurs départementaux de la sécurité publique, qui ont convoqué les policiers pour leur poser un ultimatum : tout le monde doit rentrer dans le rang ou les sanctions tomberont.
Des instructions appuyées par une note de service du DGPN.
 
Les policiers sont ainsi sommés de considérer que les promesses tenues à l’issue d’une réunion entre le chef de l’État et les représentants du personnel, qu’ils désavouent massivement, sont à prendre ou à laisser, alors même que la plupart de leurs revendications n’ont pas été entendues.


Plus de rassemblements, plus de manifestations, plus de photos de soutien, dos tournés, devant les services – sous peine de se retrouver happés par la machine à broyer du fonctionnaire qu’est devenue leur administration -, voici donc la réponse de l’exécutif à la colère légitime des policiers qui n’est pourtant que la logique prévisible d’une politique délétère menée depuis des années.


Écœurés, à bout, estimant que l’enjeu est plus important que les risques de sanction auxquels ils s’exposent, les policiers ont décidé, cependant, de maintenir leurs actions, entrant dès lors en résistance.
 
Ainsi, jeudi soir, à Metz, un cortège de véhicules de police défilant sur la voie publique a été stoppé par le directeur départemental de la sécurité publique assisté d’un commandant, s’interposant et donnant l’ordre d’arrêter les gyrophares et les deux-tons, provoquant les huées de ses troupes, et l’arrivée de manifestants plus nombreux.
 
Les photos de soutien continuent à circuler, ainsi que les appels aux rassemblements, sur les réseaux sociaux. La tension entre les policiers et leur hiérarchie, dont ils dénoncent notamment le carriérisme et la déconnexion avec la réalité de ce qu’ils vivent sur le terrain, en plus d’être coresponsables de leur situation, est à son comble.
 
Au-delà de ce qui est présenté, à tort, comme un simple mouvement social, il convient de rappeler que la police nationale est en charge de protéger nos institutions, dont elle fait d’ailleurs partie, et que la crise que nous vivons est gravissime en ce qu’elle touche à la première de nos libertés, sans laquelle plus aucune autre n’a de sens : la sécurité publique.
 
C’est pourquoi les citoyens doivent soutenir le mouvement de ces policiers courageux n’hésitant pas à résister aux pressions qu’ils subissent pour alerter l’opinion sur la gravité de la situation en France. Chacun doit rejoindre, autant qu’il le peut, les manifestations organisées dans sa ville et en profiter pour dialoguer avec les policiers, dont ils apprendront nécessairement des vérités qu’on leur cache et qui les concernent, s’agissant de la manière dont l’État assure concrètement leur sécurité.

jeudi 27 octobre 2016

Une entreprise criminelle tient les leviers de commande aux États-Unis

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Publié par Guy Millière

Dans un roman français du début du siècle, Le Voleur*, de Georges Darien le personnage principal dit qu’il fait un métier sale, et qu’en conséquence, il le fait salement. Hillary Clinton considère qu’elle fait un métier sale, et elle le fait très salement.

Plus grave que la mafia et le crime organisé, car mafia et crime organisé n’ont jamais réussi à acheter le directeur du FBI

Il est avéré désormais non seulement que la Fondation Clinton est une entreprise de corruption massive par le biais de laquelle des puissances étrangères et des entreprises internationales ont acheté les Clinton, et non seulement qu’Hillary Clinton serait en prison pour espionnage au service de puissances étrangères en raison des activités menées depuis un serveur internet clandestin si le directeur du FBI n’avait été lui-même acheté, mais qu’Hillary Clinton et les gens de sa campagne ont fait appel aux services d’hommes de main pour agresser physiquement des gens soutenant Donald Trump et pour créer désordres et émeutes lors des réunions publiques de son concurrent. Hillary Clinton a aussi recruté des hommes de main pour pratiquer des fraudes électorales.
Ce sont des activités dignes de la mafia et du crime organisé. Ce sont même des activités plus graves que celles de la mafia et du crime organisé, car mafia et crime organisé n’ont jamais réussi à acheter le directeur du FBI.
Ce sont des activités rendues possibles par l’administration Obama et par le Ministère de la Justice, et c’est difficile à dire, mais ce doit être dit : une entreprise criminelle tient les leviers de commande aux Etats-Unis aujourd’hui, et tout en préservant les apparences du droit et de la démocratie, détruit droit et démocratie.
C’est une situation sans véritable précédent, et qui va s’aggraver encore si Hillary est élue. Comme me l’a déclaré Phil Haney voici peu à Los Angeles, Obama comparé à Hillary est un simple amateur : Phil Haney, lui, n’est pas un amateur, puisque c’est un ancien membre de haut rang du Department of Homeland Security, et l’auteur d’un livre accablant pour Barack Obama et Hillary Clinton (et très documenté) appelé See Something, Say Nothing*.
Le rôle des médias était autrefois de mettre au jour ce type de situation, et c’est pour cela qu’Edmund Burke en son temps les avait appelés le quatrième pouvoir. Les médias américains ne jouent plus leur rôle ou, plus exactement, les médias qui jouent encore leur rôle sont trop peu nombreux pour influer sur l’opinion. Ni CNN, ni ABC, ni NBC, ni CBS, ni PBS, ni le New York Times, le Washington Post, le Boston Globe, le Los Angeles Times, le San Francisco Chronicle ou le Chicago Sun Times ne traitent du sujet. Ce sont devenus des appendices de la campagne des Clinton. Et c’est avéré, comme le reste de ce que j’écris ici, par les milliers d’emails divulgués par Wikileaks.

Les Américains qui vont voter le 8 novembre vont voter dans un cadre où, s’ils votent Hillary Clinton, ils ne sauront pas pour qui et pour quoi ils votent : il y a toujours eu des électeurs non informés, mais pas dans ces proportions.
Que des gens votent en échange d’un chèque est déjà très grave. Qu’ils votent en imaginant être encore en démocratie alors que ce n’est plus le cas est accablant.
J’ajouterai que les emails divulgués par Wikileaks montrent aussi que les sondages sont, pour la plupart d’entre eux manipulés aux fins que les électeurs de Donald Trump restent chez eux. Hillary va sans doute gagner, tout est organisé à cette fin, mais ceux qui agissent pour elle veulent que ce soit écrasant.
Que l’establishment républicain et les imposteurs du conservatisme se rendent complices de ce qui se passe est révoltant. L’establishment républicain et les imposteurs du conservatisme méritent de disparaître.
Que des idiots inutiles balaient les faits et prennent un air de crétins supérieurs pour dire que tout cela relève de «théories de la conspiration» donne la nausée, et j’ai la nausée.

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Lire la suite : http://www.dreuz.info/2016/10/26/une-entreprise-criminelle-tient-les-leviers-de-commande-aux-etats-unis/
Source:  Dreuz.info 

mercredi 26 octobre 2016

Les États-Unis vont-ils se réformer ou se déchirer ?

 Observant la campagne électorale présidentielle états-unienne, Thierry Meyssan analyse la résurgence d’un vieux et lourd conflit civilisationnel. Hillary Clinton vient de déclarer que cette élection ne portait pas sur des programmes, mais sur la question de savoir « Qui sont les Américains ? ». Ce n’est pas sur des questions politiques que les ténors républicains viennent de retirer leur soutien à leur candidat, Donald Trump, mais à propos de son comportement personnel. Selon notre auteur, jusqu’à présent, les États-uniens étaient des migrants venant d’horizons différents et acceptant de se soumettre à l’idéologie d’une communauté particulière. C’est ce modèle qui est en train de se briser, au risque de briser le pays lui-même.
 
73% des électeurs millénaristes (c’est-à-dire croyant à l’imminence de la fin du monde) condamnent le candidat républicain Donald Trump. 68% d’entre eux considèrent que la candidate démocrate Hillary Clinton est plus apte à défendre les classes moyennes ; 64% qu’elle est meilleure en politique étrangère ; 61% en économie.

Au cours de l’année de campagne électorale états-unienne que nous venons de traverser, la rhétorique a profondément changé et un clivage inattendu est apparu entre les deux camps. Si, au départ, les candidats parlaient de sujets proprement politiques (comme la répartition des richesses ou la sécurité nationale), ils traitent aujourd’hui principalement de sexe et d’argent.
C’est ce discours et non pas les questions politiques qui a fait exploser le Parti républicain —dont les principaux leaders ont retiré leur soutien à leur candidat— et qui recompose l’échiquier politique, faisant ressurgir un très ancien clivage civilisationnel. D’un côté, Madame Clinton se veut politiquement correcte tandis que de l’autre « Le Donald » fait voler en éclats l’hypocrisie de l’ancienne « première Dame ».
D’un côté, Hillary Clinton promeut l’égalité hommes/femmes, bien qu’elle n’ait jamais hésité à attaquer et salir les femmes qui révélaient avoir couché avec son mari ; qu’elle se présente non pas pour ses qualités personnelles, mais en tant qu’épouse d’un ancien président, et qu’elle accuse Donald Trump de misogynie parce qu’il ne cache pas son goût pour la gente féminine. De l’autre, Donald Trump dénonce la privatisation de l’État et le racket des personnalités étrangères par la Fondation Clinton pour obtenir un rendez-vous au département d’État ; la création de l’ObamaCare non pas dans l’intérêt des citoyens, mais pour le profit des assurances médicales ; et va jusqu’à mettre en cause la sincérité du système électoral.
J’ai parfaitement conscience que la manière dont s’exprime Donald Trump encourage de fait le racisme, mais je ne pense pas du tout que ce soit au cœur du débat électoral malgré le battage qu’en font les médias pro-Clinton.
Il n’est pas indifférent que, lors de l’affaire Lewinsky, le président Bill Clinton ait présenté ses excuses à la Nation et ait réuni des pasteurs pour prier pour son salut. Tandis que mis en cause pour des faits similaires par un enregistrement audio, Donald Trump s’est contenté de présenter ses excuses aux personnes qu’il avait blessées sans faire appel à des membres du clergé.
Le clivage actuel reprend la révolte des valeurs des Catholiques, des Orthodoxes et des Luthériens contre celles des Calvinistes, principalement représentés aux États-Unis par les Presbytériens, les Baptistes et les Méthodistes.
Si les deux candidats ont été élevés dans la tradition puritaine (Clinton comme Méthodiste et Trump comme Presbytérien), Madame Clinton est revenue à la religion à la mort de son père et participe aujourd’hui au groupe de prière des chefs d’état-major des armées, The Family, tandis que Monsieur Trump pratique une spiritualité plus intériorisée et ne fréquente guère de temples.
Bien sûr, personne n’est enfermé dans les schémas dans lesquels il a été élevé. Mais lorsque l’on agit sans réfléchir, on les reproduit à son insu. La question de l’environnement religieux de chacun peut donc être importante.
Pour comprendre ce qui est en jeu, il faut revenir en Angleterre au XVIIème siècle. Oliver Cromwell renversa par un coup d’État militaire le roi Charles Ier. Il prétendit instaurer une République, purifier l’âme du pays, et fit décapiter l’ancien souverain. Il créa un régime sectaire inspiré des idées de Calvin, massacra en masse les Irlandais papistes, et imposa un mode de vie puritain. Il conçu aussi le sionisme : il rappela les Juifs en Angleterre et fut le premier chef d’État au monde à réclamer la création d’un État juif en Palestine. Cet épisode sanglant est connu sous le nom de « Première Guerre civile britannique ».
Après le rétablissement de la monarchie, les Puritains de Cromwell fuirent l’Angleterre. Ils s’installèrent aux Pays-Bas, d’où certains d’entre eux partirent à bord du Mayflower aux Amériques (les « Pères pèlerins »), tandis que d’autres fondèrent la communauté Afrikaneer en Afrique australe. Lors de la Guerre d’indépendance des États-Unis au XVIIIe, on revit l’affrontement des Calvinistes contre la Monarchie britannique, de sorte que dans les manuels actuels d’Histoire britannique, on la désigne comme la « Seconde Guerre civile ».
Au XIXème siècle, la Guerre de sécession opposa les États du Sud (principalement habités par des colons catholiques) à ceux du Nord (plutôt habités par des colons protestants). L’Histoire des vainqueurs présente cet affrontement comme une lutte pour la liberté face à l’esclavage, ce qui est de la pure propagande (les États du Sud abolirent l’esclavage durant la guerre lorsqu’ils conclurent une alliance avec la monarchie britannique). De fait, on retrouva l’affrontement des Puritains contre le trône anglais, raison pour laquelle certains historiens parlent ici de « Troisième Guerre civile britannique ».
Au cours du XXème siècle, cet affrontement interne de la civilisation britannique semblait révolu, hormis la résurgence des Puritains au Royaume-Uni avec les « chrétiens non-conformistes » du Premier ministre David Llyod George. Ces derniers divisèrent l’Irlande et s’engagèrent à créer le « Foyer national juif » en Palestine.
Quoi qu’il en soit, un des conseillers de Richard Nixon, Kevin Philipps, consacra une thèse volumineuse à ces guerres civiles, constata qu’aucun des problèmes n’était résolu, et annonça une quatrième manche [1].